Alors que la tutelle a conditionné le retour au dialogue par la reprise de l’activité de garde : Les résidents maintiennent la pression

Les médecins résidents ont organisé, hier matin, un nouveau sit-in au centre hospitalo-universitaire Mustapha Pacha, à Alger, pour dénoncer «le mutisme» de la tutelle et la rupture du dialogue.

La grève entamée depuis le 14 novembre 2017 vient d’entamer un nouveau chapitre et arrive à un point de non-retour. Déçus par la position de la tutelle qui exige une reprise de l’activité de garde pour la relance des négociations, les médecins résidents reviennent à la charge en organisant un rassemblement au niveau du CHU Mustapha Pacha. Hier encore, et en dépit des multiples interpellations, les blouses blanches ont réussi à organiser un rassemblement au niveau de l’établissement hospitalo-universitaire. Même si le nombre des contestataires a été en baisse comparativement aux autres actions nationales menées auparavant, où la mobilisation était plus importante, les résidents ont, néanmoins, affronté encore une fois les forces de l’ordre, qui les ont empêchés d’investir la rue. Le sit-in des médecins résidents, qui a commencé dans le calme, n’a pas tardé à prendre une autre tournure, puisque la tension est montée d’un cran lorsque les manifestants, rassemblés en masse à l’entrée de l’hôpital ont essayé de forcer l’ouverture du portail de cet établissement hospitalier. Les forces de l’ordre ont, aussitôt, réagi en faisant usage de canons à eau. Mais le calme est vite revenu et les manifestants ont continué à scander leurs slogans hostiles à la tutelle, mais aussi aux forces de l’ordre, de par leurs interventions «musclées» sur les manifestants lors de leurs dernières actions de protestation. Les membres du bureau national du Camra (Collectif autonome des médecins résidents algériens), présents, hier, au rassemblement, ont tenu à déplorer la rupture du dialogue avec la tutelle (ministère de la Santé). «La reprise des négociations a été conditionnée par la reprise de l’activité de garde», a affirmé le Dr Sofiane Benseba, membre du bureau national du Camra, qui rappelle que la décision d’arrêter les gardes a été prise après «l’échec des négociations avec la tutelle et la violente répression policière de la dernière marche du Camra à Alger». «La tutelle a posé des conditions pour la reprise des négociations, or que nous ne voulons pas céder au chantage», affirme-t-t-il, avant d’exprimer le souhait de reprendre les négociations pour discuter de la plateforme des revendications et non de la nature des actions entamées par le Camra.
Précisant, en outre, que ces actions ne sont qu’une «succession logique des événements face au mutisme de la tutelle dans laquelle elle a plongé depuis des mois», le Dr Benseba souligne que «l’arrêt de l’activité de garde est une décision prise par la base et seule celle-ci peut décider d’une reprise de l’activité de garde». Dénonçant, ainsi, un «acharnement» de la tutelle qui à une «période de crise sans précédent» décide de conditionner la reprise des négociations, notre interlocuteur regrette ce qu’il qualifie de «fermeture des portes du dialogue». Notons que selon les chiffres du Camra, un millier de personnes ont participé à ce rassemblement, tandis que 400 médecins résidents ont été arrêtés par les forces de l’ordre avant d’atteindre les lieux du rassemblement. Comme à l’accoutumée, un important dispositif sécuritaire a été déployé, aux alentours de l’établissement hospitalier, afin d’avorter toute tentative de marche à Alger.
À rappeler que le dialogue entre le Camra et le ministère de la Santé est interrompu depuis le 16 avril dernier.
Lamia Boufassa


Source : lecourrier-dalgerie

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