Hadjar a refusé, hier, de recevoir les représentants du syndicat : Le rassemblement du SNAPAP devant le MESRS empêché

Une centaine de délégués de la Fédération nationale des professionnels du secteur de l’enseignement supérieur affiliée au SNAPAP, venus hier de plusieurs wilayas du pays, ont été empêchés de tenir un rassemblement devant le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique à Alger. Les contestataires ont été très vite dispersés par les forces de l’ordre mobilisées en grand nombre devant le siège de la tutelle. Le ministre Tahar Hajdar a quant à lui refusé de recevoir une délégation du syndicat qui menace d’aller vers des actions d’envergure.

Le mouvement de contestation programmé pour la journée d’hier a été donc très vite interrompu. Poussés de force à quitter les lieux, les délégués de la FPES venus des 48 wilayas, le président de la fédération ainsi que le secrétaire national du SNAPAP ont dû battre en retraite et repartir au siège du syndicat à Bab Ezzouar afin d’organiser une réunion pour décider des prochaines suites à donner à leur mouvement. Ayant organisé une conférence de presse dimanche dernier, la FPES avait expliqué que depuis 2015 soit à l’arrivée du ministre Tahar Hadjar, elle n’a pas été invitée ni reçue aux nombreuses rencontres organisées par la tutelle avec les syndicats du secteur. Pourtant représentative et affiliée à un syndicat reconnu au ministère du Travail à savoir le SNAPAP, la fédération avait dénoncé une politique de deux poids deux mesures injustifiée. Faisant état de sept demandes d’audience officielles adressées à la tutelle, la fédération avait souligné qu’aucune d’elle n’avait reçu de réponse positive soit- elle ou négative. Une situation qui l’a poussée à aller vers l’organisation d’une action de contestation. La fédération appelle à la nécessité de débattre et de prendre en charge graduellement les revendications socioprofessionnelles soulevées, particulièrement la titularisation des travailleurs contractuels, l’actualisation des modes de nomination aux postes supérieurs et la révision de la grille des primes pour augmenter le pouvoir d’achat des travailleurs du secteur, notamment ceux relevant des corps communs. L’organisation dénonce, par ailleurs, l’atteinte à la liberté syndicale et les poursuites judicaires contre ses délégués au niveau de plusieurs wilayas. En réponse à cet appel de contestation, le département de Tahar Hadjar avait affirmé de son côté, que le dialogue avec l’ensemble des partenaires sociaux agréés n’a jamais été rompu. Le ministère avait également indiqué que le secrétaire général du SNAPAP a été reçu à plusieurs reprises à l’Office national des œuvres universitaires et, au ministère, par le conseiller du MESRS chargé des associations estudiantines et syndicats agréés du secteur, précisant que les services compétents du ministère ont reçu en date du 21 octobre dernier une correspondance émanant du secrétaire général du SNAPAP portant réforme du bureau de la Fédération nationale des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (FNPES) concernant les personnels du secteur des transports et non les personnels de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
Ania Nait Chalal

RACHID DAHMANI PRÉSIDENT DE LA FNPES :
«Nous irons vers une grève générale»
Le président de la Fédération nationale des professionnels de l’enseignement supérieur affiliée au Snapap, Rachid Dahmani, a fait savoir, hier, qu’«il a été décidé d’organiser une grève générale dont la date sera fixée ultérieurement». Ce mouvement touchera les universités, les instituts et les résidences relevant du secteur de l’enseignement supérieur sur tout le territoire national. Dahmani, a affirmé au Courrier d’Algérie, qu’ «ils ne vont plus faire d’autres demandes d’audience, comme le ministère l’a demandé», en expliquant qu’ «ils ont déjà fait neuf demandes, auparavant, dont ils n’ont eu aucune réponse jusqu’à ce jour-là ». De son côté, le secrétaire national chargé de la communication, au (Snapap) Hamrouni Djilali, a déclaré, que «40 délégués syndicaux de wilayas du pays, ainsi que 300 membres, ont tenté de se rassembler devant le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, afin d’ouvrir les canaux de dialogue avec les autorités». Les délégués syndicaux de la fédération de l’enseignement supérieur, se disent «outrés par le mutisme et le désengagement du ministère de l’Enseignement supérieur vis à vis de la situation alarmante au niveau de ce secteur» affirme Djilali, en ajoutant que «le ministère a refusé de recevoir notre délégation syndicale et les forces de l’ordre nous ont empêchés de nous rassembler devant le ministère».
Lilia Sahed

Source : lecourrier-dalgerie

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