La mission du FMI le recommande à l’Algérie : Concilier ajustement économique et croissance

La mission du Fonds monétaire international (FMI), qui a achevé, hier, sa visite en Algérie pour la consultation de 2018, a mis l’accent sur les potentialités importantes du pays en mesure de le faire sortir des difficultés financières actuelles.
En effet, la mission du FMI, dirigée par Jean-François Dauphin, a présenté un bilan détaillé élaboré à l’issue de cette visite. Lors d’une conférence de presse tenue hier à Alger, le chef de la délégation a fait savoir que : «l’Algérie a une fenêtre d’opportunités pour concilier ajustement économique et croissance. Un assainissement soutenu mais graduel des finances publiques est nécessaire, s’appuyant sur une stratégie de financement diversifié qui exclut l’emprunt auprès de la Banque centrale», tout en précisant que « la diversification de l’économie requiert une masse critique de réformes structurelles, en partageant de manière équitable la charge de l’ajustement. L’Algérie reste confrontée à des défis importants, après la baisse des prix du pétrole il y a quatre ans. En dépit d’un ajustement budgétaire important en 2017, les déficits budgétaires et du compte courant extérieur demeurent élevés, estime le FMI. Si les réserves restent abondantes, elles ont diminué de 17 milliards de dollars, pour atteindre 96 milliards de dollars (hors DTS). L’activité économique globale a ralenti. Bien que la croissance hors du secteur des hydrocarbures soit restée stable, l’inflation a ralenti de 6,4 % en 2016 à 5,6 % en 2017. Sur ce, François Dauphin fait état notamment que : « face au choc pétrolier, les autorités ont consolidé les finances publiques en 2016-2017. Elles ont œuvré à définir une stratégie du long terme pour refonder le modèle de croissance du pays, et ont pris un certain nombre de mesures pour améliorer l’environnement de l’entreprise, commencer à réformer les subventions à l’énergie, moderniser les outils de politique monétaire et autoriser l’émergence d’un marché des changes à terme. Selon le rapport constitué par cette instance monétaire mondiale ; «depuis la fin 2017, les autorités ont modifié leur stratégie macroéconomique à court terme. Pour stimuler la croissance et la création d’emploi, elles ont adopté un budget expansionniste pour 2018, dont le déficit sera financé principalement par la Banque centrale, et ont renforcé les barrières à l’importation. Elles entendent reprendre la consolidation budgétaire à compter de 2019, en vue de rétablir l’équilibre budgétaire en 2022. « La mission partage le double objectif des autorités de stabiliser l’économie et promouvoir une croissance plus durable et plus inclusive, mais elle considère que le nouveau dosage de politique économique à court terme est risqué et pourrait entraver la réalisation de ces objectifs. Les nouvelles mesures risquent d’aggraver les déséquilibres, accentuer les tensions inflationnistes et accélérer la perte de réserves de changes. En conséquence, il se peut que l’environnement économique ne devienne propice ni aux réformes, ni au développement du secteur privé. »
« La mission est d’avis que l’Algérie a toujours une fenêtre d’opportunité pour concilier ajustement économique et croissance. Avec une dette publique relativement basse et une dette extérieure faible, il est possible de renforcer les finances publiques graduellement. La consolidation budgétaire est nécessaire pour ajuster le niveau des dépenses au niveau réduit des recettes, mais elle peut se faire à un rythme régulier sans recourir au financement monétaire de la Banque centrale. Il s’agit de recourir à un large éventail d’instruments de financement, notamment l’émission de titres de dette publique au taux du marché, des partenariats publics-privés, des ventes d’actifs et, idéalement, d’emprunts extérieurs pour financer des projets d’investissements bien choisis.» Il est utile de rappeler qu’à l’issue de cette visite de travail, l’équipe du FMI a rencontré le Premier Ministre, Ahmed Ouyahia, le ministre des Finances, Abderahmane Raouia ; le ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Mebarki ; le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi ; le ministre du Commerce, Mohamed Benmeradi ; le ministre des Travaux publics et des Transports, Abdelghani Zaâlane ; le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Mourad Zemali ; et le Gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Loukal. La mission du FMI s’est aussi entretenue avec des hauts fonctionnaires et des représentants de la banque centrale, ainsi qu’avec des représentants des secteurs économiques, financiers et des partenaires sociaux.
Mohamed Wali


Source : lecourrier-dalgerie

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