Le système de fortification d’Oran sera-t-il inscrit à l’Unesco?

L’idée est séduisante et commence à prendre forme.

Le système de fortification d’Oran sera-t-il un jour inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco ? L’idée est séduisante et commence à prendre forme pour peu qu’un travail de classement national soit réalisé en amont en parallèle d’un portage algéro-espagnol pour une inscription Unesco. Rencontré en marge du symposium international sur le patrimoine fortifié d’Oran qui s’est ouvert, hier, à l’auditorium de l’USTO, avec comme thème principal “Exemples pratiques en réhabilitation et réutilisation des fortifications”, Kouider Metaïr, président de l’association Bel-Horizon a évoqué, à ce propos, une rencontre qui s’est déroulée, lundi dernier, avec les représentants du ministère de la Culture et de l’Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés (OGEBC) où la question de l’inscription du système de fortification d’Oran a été abordé. “Le classement national du système devra se faire avant la fin de cette année à l’initiative de l’OGBEC”. À propos de ce symposium, il a indiqué qu’il a son importance “puisqu’il va donner de l’importance à une architecture militaire longtemps négligée de par le monde, et pas uniquement à Oran”. Son association estime, après une première étude incomplète, qu’“Oran possède le système de fortification le plus accompli de la Méditerranée”. Kouider Metaïr regrette pourtant que la ville ait perdu un certain nombre de forts, mais qu’il en reste une quinzaine, dont la majorité est du domaine public, sauf Mers El-Kébir, fort Lamoune et Saint-Philipe, reliés entre eux par des galeries souterraines. “On doit le mettre en exergue et lui donner de la visibilité puisque cela peut-être un atout pour la ville sur un plan touristique et culturel”. Pourtant la capitale de l’Ouest reste à la traîne par rapport aux villes fortifiées de la Méditerranée, à l’exemple de la Tunisie qui a su valoriser ses fortifications militaires devenues un incontournable atout touristique. L’exemple du fort de Santa Alcazar en plein centre-ville d’Oran est illustratif de ce fait et le président de Bel-Horizon d’évoquer “une requalification pour qu’il serve la population et la ville et ne reste pas recroquevillé sur lui-même”. Notre interlocuteur estime également que l’architecture militaire doit être enseignée à l’université, vu le regain d’intérêt qu’elle suscite à travers le monde, particulièrement en Espagne, France et Italie. Prenant la parole lors de la séance inaugurale de ce symposium, le chef de cabinet du wali d’Oran a indiqué que la participation d’organismes internationaux à ce rendez-vous témoigne “de l’intérêt que suscite la question de la mémoire dans la revitalisation de l’héritage patrimonial exceptionnel par sa richesse, sa variété et sa dimension architectonique”. Pour lui, “l’enjeu actuel pour les acteurs locaux est de former des artisans capables de restaurer le patrimoine historique et repenser son utilisation au service de la métropole” expliquant que ce genre de rencontres permet d’envisager concrètement des mécanismes et d’engager un débat fructueux sur la question. Pour l’ambassadeur d’Espagne en Algérie, Fernando Moran Calvo-Sotelo, en poste depuis quatre semaines, cette rencontre a pour objectif “l’échange d’expérience dans la réhabilitation et réutilisation des fortifications en présence d’architectes espagnols et internationaux”.
Rappelant qu’Oran représente l’un des ensembles fortifiés les plus distingués de l’Afrique du Nord, il précise que “nous sommes devant un système devenu une référence obligée pour la connaissance et l’architecture du génie civil dans la Méditerranée”. L’ambassadeur rappelle aussi que son pays a mis en relief ce patrimoine à travers une exposition qui a visité Alger et Oran et “qui montre l’intérêt de l’Espagne a l’architecture de l’Algérie et à la conservation de son patrimoine afin de mettre en valeur une richesse que nous partageons tous”.   

Saïd Oussad

Source : liberte-algerie

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