L’insuffisance de la pluviosité éclipse le flamant rose

Le nombre d’oiseaux migrateurs est en croissante diminution.

Vraisemblablement l’insuffisance de la pluviométrie, la sécheresse comptabilisée par la région durant l’année précédente, les changements climatiques ont eu un impact négatif sur les zones humides de la wilaya d’Oum El-Bouaghi, notamment en matière de présence d’oiseaux migrateurs. La wilaya qui a recensé en saison hivernale de 2010 et 2014 respectivement 11 686 et 279 276 oiseaux migrateurs a connu une nette régression du nombre en 2011 avec seulement 5338 oiseaux et en 2015, 5081 oiseaux. Ce chiffre n’a cessé de diminuer ces dernières années pour arriver à peine à 2 000 oiseaux  seulement recensés durant l’année 2018 et l’absence remarquée du flamant rose. Ce dernier type d’oiseau migrateur dont la wilaya est parvenue, lors des années à forte pluviométrie, à comptabiliser, selon des spécialistes, pas moins de 10% de la population mondiale nidifiant dans ses zones humides. Ces dernières, qui faut-il le rappeler, sont au nombre de 11 au total, s’étalant sur une superficie de 160 000 ha parmi lesquels 8 classées (convention internationale Ramsar de 1971), placent la wilaya d’Oum El- Bouaghi en pole position en matière de d’étendue de la superficie des sites. Cette situation fait qu’en saison hivernale des milliers d’oiseaux élisent domicile sur ces plans d’eau à l’exemple de la sarcelle marbrée, la cigogne blanche, le butoir étoilé et surtout  le flamant rose habituellement observé en grand nombre sur le chott Tinsilt et le lac salé Ezemoul s’étendant sur une superficie totale  de plus de 8 000 ha. La régression des effectifs des oiseaux migrateurs est causée, selon des sources concordantes de la direction de l’environnement, par le changement climatique, le réchauffement global et la faiblesse des précipitations dont l’impact a été l’assèchement de bon nombre de zones humides. Des chercheurs du département des sciences de  de la nature de l’université Larbi-Ben M’hidi ont fait part d’une courbe descendante depuis trois années dans ces étendues d’eau favorisant   grâce à leur salinité, la faiblesse de leur profondeur, leur éloignement des agglomérations, le développement des crustacés, offrant ainsi abri et nourriture aux oiseaux migrateurs, notamment, le flamant rose. Alors que la wilaya est en quête d’investisseurs en cette conjoncture économique, les zones humides demeurent de véritables sites d’attractions  touristiques, notamment, pour ce qui est de la création de complexes écotouristiques et d’espaces de villégiatures écologiques, avec des sorties guidées vers les milieux naturels.
Enfin, la régression du nombre d’oiseaux migrateurs n’est pas seulement propre aux zones humides de la wilaya, puisque la région d’Oran a comptabilisé une diminution de 50%. Cependant, l’état de sécheresse et la faiblesse de la pluviométrie dans la wilaya d’Oum El-Bouaghi durant ces deux dernières années, a profité plutôt au barrage de Beni Haroun (Mila) qui constitue ainsi un nouveau couloir pour les oiseaux migrateurs.

K. Messaad


Source : liberte-algerie

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