đŸ”„Emmanuel Macron «achĂšte» les harkis Ă  six mois de l’élection prĂ©sidentielle

Par Nabil D. – Le prĂ©sident français multiplie les gestes envers la communautĂ© harkie Ă  six mois de sa rĂ©Ă©lection annoncĂ©e Ă  l’ElysĂ©e. Le «pardon» aux anciens supplĂ©tifs de l’armĂ©e coloniale ne s’arrĂȘte pas aux discours. C’est sous le dĂŽme de l’AssemblĂ©e nationale que la rĂ©paration morale et le dĂ©dommagement financier seront votĂ©s, le candidat Ă  sa propre succession voulant, ainsi, donner l’impression d’un consensus sur la question et Ă©carter tout soupçon de dĂ©marche dĂ©magogique et Ă©lectoraliste. Mais tout le monde, dans le paysage politique français, ne l’entend pas de cette oreille.

Au lieu de la convergence sur la question, c’est Ă  un chapelet de critiques que Macron a eu droit. Toutes les obĂ©diences, soutiens traditionnels aux harkis, l’accusent d’exploiter cette frange de la sociĂ©tĂ© française de façon machiavĂ©lique, en estimant qu’on n’accĂ©lĂšre pas le processus de reconnaissance des drames vĂ©cus par ceux que le dĂ©funt Bouteflika avait qualifiĂ©s de «collabos» lors d’une visite d’Etat Ă  Paris Ă  l’approche d’une Ă©chĂ©ance Ă©lectorale. Tous sont d’accord que le pouvoir français, sous De Gaulle et aprĂšs, a eu une attitude «indigne» Ă  l’égard de ceux qu’elle a traitĂ©s comme des moins que rien une fois dĂ©barquĂ©s en France, fuyant leur propre pays contre lequel ils ont pris les armes.

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Des chiffres farfelus sont avancĂ©s çà et lĂ  sur les «massacres» dont les harkis auraient Ă©tĂ© victimes, alors que des sources proches du dossier ont expliquĂ© que les responsables politiques et militaires algĂ©riens, au lendemain de l’indĂ©pendance, avaient ordonnĂ© qu’ils soient regroupĂ©s dans des centres pour Ă©viter toutes reprĂ©sailles Ă  leur encontre, au regard des graves crimes qu’ils avaient commis. Les officiels français parlent de 200 000 harkis recrutĂ©s comme auxiliaires de l’armĂ©e française entre 1954 et 1962, dont 90 000 auraient fui l’AlgĂ©rie avec leurs familles. Un gros budget a Ă©tĂ© inscrit dans le projet de budget 2022 pour abonder le fonds d’indemnisation estimĂ© Ă  quelque cinquante millions d’euros.

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Sur ces entrefaites, la crise entre l’AlgĂ©rie et la France demeure en l’état et rien n’indique que les choses rentreraient dans l’ordre avant l’échĂ©ance de 2022, quand bien mĂȘme, Ă  Alger, une rĂ©Ă©lection d’Emmanuel Macron semble souhaitĂ©e pour Ă©viter que les relations ne s’enveniment davantage en cas d’arrivĂ©e au pouvoir de l’extrĂȘme-droite incarnĂ©e par Marine Le Pen et le candidat surprise Eric Zemmour qui monte dans les sondages. MĂȘme le retour de la droite aux affaires n’arrange pas l’AlgĂ©rie. Un des candidats du parti de Nicolas Sarkozy vient de planter le dĂ©cor en adoptant un discours plus virulent que celui du Rassemblement national.

C’est assurĂ© de ce soutien implicite et embarrassĂ© d’Alger qu’Emmanuel Macron persĂ©vĂšre dans ses actions perçues comme des provocations Ă  l’égard de l’AlgĂ©rie, faisant montre d’une ambivalence qui trahit les visĂ©es politiciennes d’un prĂ©sident qui aura, plus que tous ses prĂ©dĂ©cesseurs, remuĂ© le couteau dans la plaie non encore cicatrisĂ©e de la mĂ©moire.

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