11e vendredi de mobilisation populaire : Les marches qui annoncent le Ramadhan

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Le 11e vendredi n’a pas dérogé à la tradition et les citoyens dans tout le pays ont démontré un sens élevé de civisme de patriotisme et de détermination à changer profondément les choses dans le pays. Il reste cependant, que cette grande mobilisation, même si elle reste intacte et forte par son pacifisme, ne parvient toujours pas à se hisser à un niveau de conscience à même d’agir en tant qu’acteur politique direct.

Pour le 11eme vendredi de mobilisation populaire et le dernier avant le mois sacré du Ramadhan, les Algériens étaient aussi nombreux dans les rues que les 10 précédents. La détermination de la société est donc restée intacte à travers les 48 wilayas du pays. Si l’interrogation persiste pour la poursuite du mouvement populaire durant le Ramadhan, il semble qu’hier, le propos concernait encore largement la situation que traverse le pays et les pistes de sorties de crise. Les manifestants, à Alger, Oran, Constantine et ailleurs à travers la République, ont fortement insisté sur leur irrecevabilité d’une solution en demi-teinte. Les slogans rejetant la tenue d’une élection présidentielle à la date fixée par le président de l’Etat, Abdelakder Bensalah et le refus catégorique de répondre à une initiative émanant de la présidence ou du gouvernement, ont meublé les nombreuses marches organisées par les citoyens.
Il convient de signaler, à ce propos, l’excellente tenue des marcheurs et le « raffinement » de l’organisation, dont le grand succès aura été d’éviter tout contact avec les forces de l’ordre, notamment à Alger où le cordon de sécurité formé par les «Gilets orange» a encore parfaitement rempli sa mission. Cela en sus des bénévoles nettoyeurs après la manifestation. Dans d’autres villes où le problème du «contact» avec la police ne se pose même pas, les marcheurs ont, encore une fois, redoublé d’inventivité et mis en place de véritables spectacles, améliorant l’image du caractère pacifique du mouvement populaire.
Le 11e vendredi n’a pas dérogé à la tradition et les citoyens dans tout le pays ont démontré un sens élevé de civisme de patriotisme et de détermination à changer profondément les choses dans le pays. Il reste cependant, que cette grande mobilisation, même si elle reste intacte et forte par son pacifisme, ne parvient toujours pas à se hisser à un niveau de conscience à même d’agir en tant qu’acteur politique direct. Les Algériens tracent le chemin, mais les partis politiques ne semblent pas avoir véritablement saisi le message. On en a pour preuve les réactions souvent contradictoires enregistrées, ce jeudi, et qui n’encourage visiblement pas une convergence des vue entre les différents acteurs sur le terrain.
Cela pour dire que le 11e vendredi, s’il ne ressemble pas totalement aux autres, de part la précision des slogans et la volonté populaire clairement exprimée dans le sens d’une réelle mutation de la République, il reste que le climat général dans le pays et par rapport à cette question précisément, n’a pas beaucoup évolué.
Certains misent sur le Ramadhan pour remettre le sujet dans le giron des politiques, d’autres tentent d’y voir, au contraire, un surplus de mobilisation pour acculer le système vers ses derniers retranchements et tous pensent que le 11e vendredi n’est que le prélude d’une nouvelle phase déterminante dans l’histoire du pays. Il convient de noter, enfin, que quoi qu’il advienne, durant le mois sacré du Ramadhan, il est entendu que les prochains rendez-vous de mobilisations populaires auront une autre tonalité. Et pour cause, de vendredi en vendredi, le pays se rapproche de la date fatidique du 4 juillet 2019, sans qu’aucun mécanisme sérieux de sortie de crise ne soit dégagé. Le mois sacré, sera-t-il celui de la convergence des idées et donc du déclic ? Tous les Algériens l’espèrent.
Younes Rahal

Source : ouestribune-dz

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