12E VENDREDI DE MOBILISATION PACIFIQUE DES CITOYENS «Ni le jeûne, ni la chaleur ne peuvent nous arrêter» 

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Au premier vendredi de ce mois de Ramadhan sacré, plusieurs milliers d’Algériens ont manifesté pacifiquement, hier à Alger, et dans les autres wilayas du pays, pour un 12e vendredi consécutif, avec les mêmes slogans et mots d’ordre réclamant le changement radical et le départ de tous les symboles du système politique en place. Les protestataires continuent à scander des slogans hostiles aux élections prévues le 4 juillet prochain, à la «bande» et disent que rien ne peut les arrêter dans la marche vers une nouvelle République.

En dépit d’une température caniculaire, ils étaient déjà des milliers à manifester, hier à la Grande-Poste et à la Place Maurice Audin, très tôt le matin. Les manifestations se sont ébranlées par la suite pour sillonner les différentes artères de la capitale dans un climat serein et en présence d’un dispositif sécuritaire renforcé pour la circonstance. Les manifestants, drapés de l’emblème national et brandissant des banderoles, réclament le départ de tous les symboles du système politique, le jugement de tous ceux qui sont impliqués dans des affaires de corruption, tout en exprimant leur attachement à l’unité nationale et réaffirmant que «la souveraineté appartient exclusivement au peuple». Ils ont également revendiqué plus de démocratie.

Les manifestants tiennent le coup
En dépit d’une légère baisse du nombre des manifestants, comparativement aux rassemblements précédents, due au Ramadhan : le jeûne, la faim et la soif, des centaines de manifestants sont descendus dans la rue pour continuer de protester pour démentir les craintes d’essoufflement du mouvement. En effet, les premiers groupes des manifestants ayant commencé à affluer vers l’esplanade de la Grande-Poste et la Place Maurice Audin dès les premières heures de la matinée, avant d’être rejoints par d’autres en début d’après-midi. Les manifestants ont réclamé furieusement le jugement de ceux qu’ils ont qualifiés de «gang» (Issaba) et qui ont dilapidé des deniers publics. En entonnant des chants patriotiques et en scandant des slogans appelant à la protection de la Nation, notamment “doula madaniya machi 3askariya” (État civil et non militaire), “Nahou al 3issaba nçoumou labès” (on enlève le gang et on jeûnera bien) et “makach intikhabat ya al 3issabat” (Pas d’élections ). Autant de slogans qui font écho aux slogans déjà connus depuis le 22 février. À travers ces messages, les manifestants ont condamné ce qu’ils ont qualifié de tentatives de contourner les revendications du peuple. Dans ce même contexte, ils ont émis des propositions pour sortir de la crise vécue par le pays, notamment à travers une banderole immense énonçant que «la solution du peuple est : une déclaration constitutionnelle, un conseil présidentiel, un gouvernement de transition et un organe national indépendant chargé d’organiser des élections présidentielles transparentes.

L’application «immédiate» de la demande du peuple
Les Algériens ne feront pas marche arrière, ils ont demandé l’application «immédiate» des revendications populaires, à savoir le départ de tous les symboles du régime et la rigueur dans le traitement des affaires de corruption. La plupart des manifestants sont sortis après la prière du  » joumouâa » et ont marché pacifiquement à travers leurs circuits habituels pour appeler à un changement radical. En nombre relativement réduit comparativement aux précédents vendredis du fait de la chaleur et le jeûne qui sévissent durant ce premier vendredi de Ramadhan.

Des jeunes préparent un « iftar » collectif
Même si l’affluence des manifestants a légèrement baissé, lors de ce 12e vendredi, soit le premier de ce mois de Ramadhan, des jeunes bénévoles ont tout prévu pour organiser un « iftar » collectif à Alger, et ce, pour maintenir la pression sur le pouvoir en place, mais aussi pour encourager les citoyens à participer en masse à la marche. D’ailleurs,  il est utile de signaler que des manifestants songent à manifester après la rupture du jeûne à Alger.
Med Wali

Source : lecourrier-dalgerie

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