12e vendredi de protestation : Le test du Ramadhan

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Le 12e vendredi de la contestation populaire interviendra durant le mois de Ramadhan. Si certains avaient misé sur un affaiblissement du mouvement durant cette période, plutôt usante, les étudiants ont montré, avant-hier mardi, qu’il en serait autrement.

Ils étaient des milliers à braver la chaleur, la faim et la soif pour marcher dans différentes villes du pays, notamment la capitale, afin d’exprimer une nouvelle fois leurs habituelles revendications relatives au «départ du système».

Les marches des étudiants du mardi sonnent comme un prélude à celles du vendredi. Du moment que celles-ci ont gardé le même horaire, il est fort à parier que les manifestations du vendredi auront lieu également comme de coutume à partir de 13h.

Il faut dire qu’un certain doute s’est installé au lendemain du 11e vendredi, avec l’approche du mois de Ramadhan. Les marches seront-elles maintenues ou non ?

Auront-elles lieu le jour ou en soirée ? Autant de questions que se sont posées bon nombre d’Algériens, avant que la réponse ne vienne des étudiants qui ont décidé de maintenir les mêmes horaires. «Maranach habsin, fi ramdhan khardjin !» (On ne s’arrêtera pas, on sortira durant Ramadhan), scandaient-ils avant-hier tous en chœur dans les différentes villes du pays. Depuis, les appels pour les manifestations se sont accordés sur la nécessité de maintenir les horaires habituels, même si, Ramadhan oblige, certains ont tenu à y apporter leurs touches en programmant, par exemple, un f’tour collectif à la Grande-Poste.

En effet, ces tout derniers jours, plusieurs jeunes, du mouvement associatif surtout, ont pris l’initiative de préparer un f’tour collectif, pour ce vendredi, à l’endroit des manifestants qui viendraient de loin. Les Algériens espèrent tous naturellement faire réussir ce premier vendredi du mois de Ramadhan. Le pari est difficile, mais a priori, tout porte à croire que la foule sera au rendez-vous. D’autant plus que les derniers développements de la scène politique ne plaident pas pour le contraire.

Le discours prononcé dimanche dernier par le chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, n’a pas été apprécié par la majorité des Algériens, notamment la classe politique de l’opposition.

Tout en formulant une invitation pour un «second» round de dialogue, Bensalah s’en tient toujours à la présidentielle du 4 juillet, alors que les manifestants réclament chaque vendredi son départ, tout comme celui de son Premier ministre, Noureddine Bedoui. «Makanch intikhabat ya issabat» (Pas d’élection, bandits), lui ont répondu les étudiants. Il est fort à parier, à cet effet, que ce vendredi sera dédié à Bensalah, comme c’était le cas vendredi passé vis-à-vis du chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah.

Tout en réitérant leur principale revendication de «départ du système», les Algériens ont pris l’habitude de moduler leurs slogans par rapport aux développements de la semaine. Et cette dernière a donc été marquée par l’entêtement du chef de l’Etat à organiser l’élection présidentielle le 4 juillet prochain, même si, hier encore, l’éditorial de la revue El Djeich est allé également dans le même sens. En tout cas, ce qui est certain, c’est que les Algériens ne sont pas près à rentrer chez eux de sitôt.

Il est clair que bon nombre d’entre eux voudront bien sortir dans la rue pour exprimer une nouvelle fois, comme l’ont fait par exemple hier des citoyens à Sétif, ou il y a trois jours à Bordj Bou Arréridj, leur rejet du processus électoral en cours.

Une élection organisée et supervisée par des symboles de l’ancien régime, à savoir Bensalah et Bedoui, est inenvisageable pour les Algériens. Et ils seront certainement nombreux à le faire savoir, une nouvelle fois, ce vendredi…

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