13 vendredis de mobilisation nationale : Les Algériens persistent et signent

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A Alger, comme partout ailleurs dans le pays, les citoyens ont envoyé un 13e message aux plus hautes autorités du pays, à savoir, qu’il n’existe aucune autre option que celle de redonner au peuple sa souveraineté.

Pour le deuxième vendredi ramadanesque consécutif et pour leur 13 ème marche de protestation contre le régime et ses symboles, les Algériens des quatre coins du pays ont montré, hier, une grande capacité de résilience. Même si le constat a déjà été établi depuis plusieurs semaines, il convient néanmoins de préciser encore une fois, toute la détermination de millions de citoyens à faire naître, par la force du pacifisme, la nouvelle République algérienne. Les slogans, invariablement les mêmes depuis quelques vendredis, ont été repris en chœur à travers toutes les wilayas du pays. Comme un seul homme, les Algériens ont rejeté l’option d’une élection présidentielle, au 4 juillet prochain. C’est là, la position dominante au sein des manifestants. «Je ne vois pas comment on peut parler d’élection présidentielle, dans un contexte où absolument rien n’est prêt», a indiqué Célia, une étudiante qui affirme n’avoir manqué aucun rendez-vous de mobilisation. Très au courant de l’évolution de la situation et de l’actualité politique, Célia rappellera que «jusqu’à cet instant, il n’y a aucune candidature digne de ce nom. Tout ceux qui ont retiré les formulaires n’obtiendront jamais les 60.000 signatures». De fait, dit-elle, quoi qu’il advienne, il n’y aura pas de présidentielle, comme veut l’organiser le président de l’Etat, insiste l’ensemble des manifestants approchés par Ouest Tribune.
A quelques dizaines de mètres des désormais mythiques escaliers de la Grande poste d’Alger, interdits d’accès pour cause de «fissures constatées par les services de l’administration», notre interlocutrice, comme beaucoup d’autres manifestants, répète à tue-tête les slogans qui viennent de partout dans la foule. Fortement protégée par un cordon de police très soudé, la place de la révolution du sourire était imprenable, hier, d’autant que le nombre des manifestants n’étaient pas assez conséquent pour briser le « siège ». Mais qu’à cela ne tienne. La manifestation, émaillée par quelques tirs de gaz lacrymogène contre les plus téméraires d’entre les manifestants, n’a pas dérogé à la tradition du pacifisme largement constaté lors des précédentes et confirmé la détermination des Algériens de ne jamais se départir des armes de la civilité, de l’unité nationale et de conscience politique élevée, dans le combat qu’ils mènent avec énormément d’héroïsme. Un héroïsme d’ailleurs décuplé, compte de tenu du jeûne qu’ils s’imposent, Ramadhan oblige.
A Alger, comme partout ailleurs dans le pays, les citoyens ont envoyé un 13e message aux plus hautes autorités du pays, à savoir, qu’il n’existe aucune autre option que celle de redonner au peuple sa souveraineté. Toutes les formules «intermédiaires» proposées par l’Etat ne semblent pas convaincre les Algériens qui persistent sur un point essentiel : il n’y aura d’élection présidentielle qu’aux conditions fixées par le peuple. Ce dernier a déjà fait en sorte à ce qu’aucun candidat sérieux ne se présente. Il se place en acteur de premier ordre de la scène politique nationale. Il ordonne et continuera d’ordonner, tant que ses instructions ne seront pas traduites sur le terrain. C’est là, le principal enseignement que l’on puisse tirer du 13e vendredi de mobilisation nationale.
Yahia Birout 

Source : ouestribune-dz

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