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20e anniversaire du RND : Ouyahia attendu à Biskra

Le SG du RND, Ahmed Ouyahia, se rendra, en fin de ce mois, à Biskra, pour présider la cérémonie de célébration du 20e anniversaire de sa formation politique. Loin de la Capitale, le patron du parti, né en 2007, est attendu sur plusieurs fronts.

Les dossiers socio-économiques lourds, tels le front social en ébullition d’une part, et les privatisations de l’autre, seraient abordés à l’occasion. Et pas que…à l’approche des présidentielles de 2019, Ouyahia, qui sait tenir en haleine l’opinion, serait approché à ce sujet. «Eux, ils n’ont que 20 ans. Alors que nous, on a 63 ans». C’est avec cette «piqure de rappel» que le SG du FLN, Djamel Ould Abbès, a tenté d’affirmer son leadership et son «paternalisme» sur le programme du président de la République devant les «appétits» de son allié, le RND. Au patron du deuxième parti de répliquer : «Nous ne pourrions s’approprier ce qui est la propriété de tout le peuple algérien». En effet, si le soutien présidentiel des deux formations du pouvoir ne souffre d’aucun doute, les points de discorde ne cessent de gagner d’importance ces derniers mois. Un fait qui se manifeste à la veille de chaque rendez-vous électoral. Et si l’ex-parti unique n’accepterait jamais qu’un autre parti vienne lui prendre le dessus ? Cette rivalité remonte aux années 90 alors que le pays était mis à feu et à sang, une période qui a marqué la naissance du RND. Le parti «nait avec des moustaches», comme s’amuse de le décrire ses détracteurs a vu le jour le 21 février 1997, à la veille des Législatives, sort largement vainqueur de cette échéance électorale. Pour célébrer cette année le 20e anniversaire de sa création, la direction politique a choisi «la reine des Zibans», Biskra. C’est ce que nous avons appris, hier, du président du groupe parlementaire du RND, Belabès Belabès. Bien que d’apparence passés sous silence, les préparatifs ont commencé pourtant il y a une semaine. La semaine dernière, le Bureau régional à Biskra a abrité une réunion entre le coordinateur de wilaya, Lakhdar Sidi Othmane et le coordinateur communal, Slimani Azdine, et d’autres cadres locaux à l’effet de réussir ces préparatifs. Le choix de Biskra s’explique, du point de vue économique, par le développement observé pour une région pionnière dans le domaine agricole. Un contexte qui reste indissociable de la conjoncture financière en cours et les décisions portant partenariat public-privé, dont Ahmed Ouyahia en défend les précepts jusqu’à la moelle. Mais, un facteur exogène s’impose tout aussi dans les calculs amenant à décider de ce lieu. En effet, le SG du RND ne souhaitait pas, du moins pour le moment, être sous les feux de la rampe. Autrement dit, sortir loin de la capitale où la pression pourrait lui jouer de mauvais tours.

Ouyahia et la question des Présidentielles
Ouyahia, qui observe le silence depuis un moment, ne voudrait sûrement pas réagir sur deux fronts, pour répondre à ce qui s’apparente «aux attaques» de son alter-ego du FLN, notamment sous ses deux casquettes, chef de parti et Premier ministre. Ouyahia pourrait ainsi s’assurer une «tranquillité» pour aborder «en paix» les projets de son parti. Lui, qui a fait du RND une deuxième force politique sur l’échiquier politique national. Une vraie machine à gagner des élections.
Un tribut qu’il doit aussi au cercle des cadres proches de lui. Lors des dernières élections locales de novembre 2017, le RND a remporté 451 APC, contre 603 pour le FLN. Les deux formations se sont départagés également l’essentiel des sièges des 48 APW du pays. Le RND se taille aussi 100 sièges au Parlement suite aux Législatives-2017. C’est ce rapprochement justement, de plus en plus étroit en termes de résultats des élections, qui créent un climat de tensions entre les deux rivaux. Face à l’ascension du RND et le discours, souvent tempéré et prudent, de Ouyahia, son vis-à-vis du FLN peine à en prendre l’ascendant. «Le RND est notre enfant», rappelle le patron du vieux parti comme pour revendiquer le tutorat sur le jeune parti. Néanmoins, la ligne rouge n’a jamais été franchie s’agissant à titre d’exemple leur positions par rapport au Président Bouteflika. Pour Ould Abbès, le FLN et RND sont des alliés intrinsèques du gouvernement, mais ils restent des concurrents dans les élections. Il n’y a qu’à se référer aux alliances arrangées par le FLN avec des formations hors de l’allégeance présidentielle pour constater son intention d’affaiblir le RND. Sous d’autres sphères, il y a lieu de relever aussi les ambitions présidentielles ou pas de Ahmed Ouyahia.
Un sujet à spéculations grandissantes à l’approche des présidentielles de 2019, même si, il a toujours réaffirmé son soutien au président de la République, tant qu’il est en poste voire même s’il envisage de briguer un cinquième mandat. Pour le reste, il est à rappeler que les critiques contre le RND et émanant du FLN se sont poursuivies. Les dernières en date ont été suscitées par la charte portant partenariat public-privé qui a alimenté la polémique au sujet du dossier sensible que sont les privatisations.
Néanmoins, et à présent, un semblant de «retour à de meilleurs sentiments» entre les deux hommes est signés pour un contrat à durée non-mentionnée. «Je vous le reconfirme.
Dorénavant, vous n’entendrez que cela (…) D’ailleurs, mes collègues au Bureau national, à commencer par le porte-parole du parti, ont reçu des instructions très claires. Nous n’aurons plus un mot d’attaque ou de contre-attaque contre le FLN qui est notre allié stratégique», a répondu Ouyahia récemment au sujet des critiques de son rival du FLN. «On tire sur moi, je crois que c’est le sort naturel d’un premier ministre en Algérie», a-t-il clos le chapitre entamé par Ould Abbès.
Hamid Mecheri

Source : lecourrier-dalgerie

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