ABDELKADER BENSALAH ÉCHOUE À CONVAINCREUn président dans la tourmente

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Un discours en arabe classique

Effacé, très peu convaincant et visiblement gêné dans son costume de président de l’Etat, Abdelkader Bensalah est un mauvais casting. Il manque d’esprit, d’initiative et ne sait pas gérer une situation de crise.

La proposition de dialogue, formulée pour la deuxième fois par Abdelkader Bensalah, n’a pas reçu l’accueil qu’il aurait pu souhaiter. L’homme, qui semblait avoir fait cette offre à l’endroit de la classe politique dans l’idée de prendre les Algériens à témoin, devait prioritairement tirer les conséquences de l’échec de la conférence qu’il a lui-même organisée et boycottée, estiment de nombreux observateurs. Il faut dire que la posture de Abdelkader Bensalah est loin d’être confortable. Rejeté par la classe politique et par la rue, tout président de l’Etat qu’il est, n’est visiblement pas apte à susciter la moindre adhésion à son plan, pourtant inspiré de la Constitution.
La faiblesse de Bensalah dans le déploiement de l’argumentaire et surtout cette attitude de celui qui a perdu d’avance un combat, avant même de le mener, aura largement contribué à l’échec de son initiative et partant, mis en péril l’option de sortie de crise, la moins douloureuse pour le pays. En deux apparitions publiques, Bensalah a confirmé tout le mal que pouvaient penser de lui les Algériens.
Effacé, très peu convaincant et visiblement gêné dans son costume de président de l’Etat, Abdelkader Bensalah est un mauvais casting. En acceptant la fonction de deuxième homme de l’Etat, il devait être très loin d’imaginer le scénario qu’il vit présentement. En tout cas, dans l’échec annoncé d’une élection le 4 juillet prochain, et l’impossibilité manifeste de réunir les Algériens autour d’une table pour discuter sérieusement d’une sortie de crise, l’actuel chef de l’Etat porte une bonne partie de la responsabilité. Abdelkader Bensalah n’a pas du tout le profil de la situation.
Il s’est confiné dans un rôle de «figurine», histoire de donner un sens «physique» à l’article 102 de la Constitution, alors que la conjoncture extraordinaire lui commandait une activité soutenue auprès de tous les acteurs politiques, aux fins d’obtenir un début d’accord pour un dialogue national. L’ex-président du Sénat qui a déjà conduit une série de concertations à la demande de l’ancien président de la République, n’a visiblement pas retenu les bonnes leçons. On aura, en effet, constaté un déficit criard en matière de «métier».
Il est clair, à ce propos, que l’homme manque d’esprit d’initiative et de sens politique. Il ne sait pas gérer une situation de crise et semble avoir été sérieusement affecté par le rejet de sa personne par la rue, au point d’en être paralysé. Alors qu’il est censé tenir un rôle central dans la période critique que traverse le pays, il laisse filer les jours et les semaines et compromet la mise en oeuvre d’un article de la Constitution. Il faut bien souligner que si l’institution militaire tient fortement à ne pas sortir du cadre constitutionnel, ce qui est son droit et son devoir, le travail du président de l’Etat aurait été de rendre la chose faisable auprès de l’opinion nationale et de la classe politique.
Au lieu d’engager la «bataille», Bensalah s’est contenté de deux petites apparitions télévisuelles pour distiller un discours en arabe classique, sans trop de conviction. Il n’a même pas essayé de faire entendre raison à ceux qui ne voulaient pas des 3 «B». Il aurait pu échouer dans son entreprise, mais le fait d’ignorer la question, rendait quasi impossible toute évolution de l’opinion, le concernant. L’échec d’organiser une présidentielle telle que prévue par la Loi fondamentale du pays lui est en partie imputable, pour la simple raison qu’il n’a pas «bougé le petit doigt» pour rendre possible pareil scénario.
Le propos n’est pas de le charger de toutes les tares du système finissant, mais il est entendu que Abdelkader Bensalah n’est absolument pas l’homme de la situation. Ce n’est pas un battant.
Il a fait toute sa carrière à l’ombre du régime, mais au final, au moment où le pays avait besoin de ses compétences, il s’est avéré qu’il n’en avait pas beaucoup, en tout cas, pas à ce niveau de responsabilité. L’Histoire retiendra que le pays est passé par une période difficile et qu’à cette époque, son président n’aura pas été à la hauteur.

Source : lexpressiondz.com

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