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Abdelkader Mahammedi : Un Algérien spécialiste dans la neuroradiologie aux USA

En dépit de son jeune âge (38 ans), le chercheur algérien Abdelkader Mahammedi est professeur adjoint de neuroradiologie à l’Université de Cincinnati (UC) aux USA et ne cesse de faire parler de lui à l’échelle internationale. Radiologue en santé à l’UC et membre de l’UC Gardner Neuroscience Institute aux USA, il a été nominé au Prix Cornelius Dyke de neuroradiologie par la Société américaine de neuro-radiologie (ASNR) grâce à ses recherches poussées sur l’impact de la Covid-19 sur le cerveau, et ce, depuis une année.

Après avoir établi, en mai 2020, une première et importante étude sur la Covid-19, il a complété son étude sur l’apport de l’imagerie médicale dans la prise en charge des patients atteints de Covid-19, en établissant l’existence de corrélations visuelles, vérifiables par l’image, entre la gravité des lésions pulmonaires retrouvées au scanner et les anomalies cérébrales constatées à l’IRM cérébrales, annonce une source scientifique crédible.

Cette dernière ajoute «qu’en début de ce mois de mars, une année après avoir apporté les preuves de l’impact de la Covid-19 sur le cerveau, dans une étude multicentrique internationale approuvée par la Société de radiologie d’Amérique du Nord (RSNA), et après avoir établi, en mai 2020, une première et importante étude sur la Covid-19, il a complété son étude, cette année, sur l’apport de l’imagerie médicale dans la prise en charge des patients atteints de Covid-19, en établissant l’existence de corrélations visuelles vérifiables par l’image, entre la gravité des lésions pulmonaires retrouvées au scanner et les anomalies cérébrales constatées à l’IRM cérébrales».

Les corrélations visuelles inédites retrouvées entre ces deux techniques par le professeur Abdelkader Mahammedi et son équipe sont reçues à l’unanimité des experts en la spécialité comme une première en matière de neuroradiologie dans la gestion diagnostique de la Covid-19. Et contrairement à l’imagerie par tomodensitométrie (scanner) qui peut mieux détecter une maladie pulmonaire, «l’IRM peut détecter de nombreux problèmes dans le cerveau, en particulier chez les patients Covid-19 qui ne peuvent pas être détectés sur les images tomodensitométriques».
Aussi, nous apprenons que la deuxième innovation développée par le professeur et ses collaborateurs dans ce travail «est la méthode prédictive de lésions cérébrales survenant au décours de l’atteinte de Covid-19». Cette dernière consiste «à prédire à partir du scanner d’un patient donné ce qu’il en sera à l’IRM cérébrale chez le même patient dans un laps de temps estimé à 2 semaines dans l’échantillon étudié».

A travers l’étude en question, il a été prouvé que le radiologue peut prédire les anomalies cérébrales à l’IRM cérébrale. Et c’est à travers «cette méthode de prédiction des événements pathologiques cérébraux susceptibles de se produire dans les suites immédiates de l’atteinte par le virus, consiste en un système de notation des gravités décelées par le scanner pulmonaire et échelonnées selon un score de 20 niveaux de gravité». Dans l’échantillon étudié, il a été établi que «le score de 8 est le seuil à partir duquel le patient concerné par l’examen radiologique devient candidat au risque minimum de vulnérabilité à la complication neurologique».

Et c’est selon un score échelonné de 0 à 20 que les médecins vont avoir un outil pour «classer les patients et pour prévoir ceux, parmi ces patients, qui ont le potentiel de développer des complications cérébrales détectables par l’IRM dans un délai prévisionnel évalué par la présente étude à 2 semaines après l’atteinte pulmonaire par la Covid-19». Cela pour améliorer le processus de prise en charge du patient et éviter les complications qui peuvent être fatales. Toutefois, cela n’est que le début puisque d’autres études sont prévues toujours dans le but de prévenir les complications neurologiques du Covid-19.

Il faut signaler que l’étude en question, dont le professeur Abdelkader Mahammedi est l’auteur principal, a regroupé des chercheurs d’une trentaine de spécialités et provenant de quatre pays, à savoir l’Espagne, l’Italie, le Brésil et les USA.

Elle a été publiée le 11 mars par l’American Journal of Neuro-Radiology (AJNR), la plus prestigieuse publication internationale dans la spécialité en question. Ce journal a invité le médecin algérien à présenter le travail de son équipe à la 59e réunion annuelle de l’ASNR prévue en avril prochain. Dans le même contexte, le Pr Mahammedi a été nominé au Prix Cornélius Dyke pour l’année 2021, une distinction créée pour rendre hommage à Cornelius G. Dyke, l’un des pionniers de la neuroradiologie aux USA. L’étude est publiée sous le titre de «Corrélations d’imagerie cérébrale et pulmonaire chez les patients atteints de Covid-19 : la gravité de la maladie pulmonaire pourrait-elle refléter la prévalence des anomalies aiguës en neuro-imagerie ? Une étude observationnelle mondiale multicentrique», apprend-on de notre source.

Aussi, la revue médicale italienne Scienzes Fanpage rend compte de l’étude où figure en bonne place un échantillon du data des patients étudiés «pour démontrer que les scanners pulmonaires peuvent aider les médecins à identifier les patients Covid à risque de manifestations neurologiques», écrit la revue, laquelle rapporte aussi qu’une équipe de recherche internationale de 30 spécialistes dirigée par des scientifiques du centre médical de l’Université de Cincinnati a collaboré étroitement avec des collègues des départements d’épidémiologie, de biostatistique et de pédiatrie de Cincinnati, de l’Institut de recherche biomédicale Sunyer de Barcelone, du Département de neuroradiologie de l’hôpital universitaire de Cagliari, de l’Université fédérale de Sao Paulo au Brésil et d’autres centres dans le monde.

Ce staff de professeurs de radiologie à l’institut de l’Ohio sont parvenus à leurs conclusions après avoir analysé en profondeur les dossiers de santé électroniques et les scans de plus de 130 patients atteints de Covid-19, hospitalisés du 3 mars au 25 juin 2020, en Amérique, en Espagne, au Brésil, en Italie et en provenance d’autres pays. La revue rapporte aussi l’affirmation du professeur chercheur algérien, premier auteur de l’étude : «… En comparant les images tomodensitométriques du poumon et des IRM du cerveau des patients de la Covid-19, les médecins ont désormais des images montrant comment les maladies se forment». Il explique dans l’UC News : «Ces résultats sont importants car ils démontrent en outre que la maladie pulmonaire grave due à la Covid-19 pourrait entraîner de graves complications cérébrales, et nous avons une imagerie pour le prouver ». Dans les jours qui suivent le communiqué de presse et jusqu’à l’heure actuelle, un nombre remarquable de journaux et de sites américains, spécialisés ou de grand public, la National Public radio et la télévision, s’emparent de l’info et la relie dans pas moins de 60 titres en sus de ceux émanant d’Allemagne, d’Italie, d’Inde, d’Espagne, du Brésil et d’Indonésie.Advertisements

Tout a commencé il y a une année…

Le travail publié cette année, de caractère essentiellement prédictif, vient dans la suite logique de l’autre étude, tout aussi multicentrique et internationale, réalisée par le Pr Mahammedi en mai 2020 à la tête d’une équipe composée de 15 spécialistes dont 9 Italiens et 6 Américains. Cette étude, à caractère plutôt descriptif, de corrélation et de classification, porte sur les caractéristiques systématiques des symptômes neurologiques et des caractéristiques de neuro-imagerie chez 725 patients atteints de Covid-19.

L’étude concerne les patients hospitalisés de 3 grandes institutions italiennes, dans les villes les plus touchées par l’épidémie auxquelles s’ajoute l’université de Cincinnati : l’Université de Brescia à Brescia, l’Université du Piémont oriental à Novare et l’Université Sassari à Sassari. L’étude parue dans la revue Radiology, organe émanant de la Société de Radiologie d’Amérique du Nord (RSNA), sous le titre de «Imagerie de la maladie neurologique chez les patients hospitalisés atteints de Covid-19», une étude observationnelle rétrospective multicentrique italienne. Elle sera la première étude au monde à établir de manière magistrale et définitive l’impact de la Covid-19 sur le cerveau.

Notre chercheur algérien est alors invité par la RSNA à présenter, en novembre 2020, son travail à la RSNA, à l’occasion de la 106e réunion annuelle de son assemblée scientifique. La RSNA qualifia le travail de «première et plus importante étude dans la littérature médicale sur la question de la Covid-19 et de son impact sur le cerveau». «La plus importante», cette étude l’est toujours à l’heure actuelle. L’accueil fait à cette étude dans la communauté scientifique est remarqué : Mahammedi est invité par la Société Européenne de Neuro Radiologie (ESNR), à présenter ses résultats au 43e Meeting annuel de cet organisme, en octobre 2020.

La revue Expressm.co.uk de Londres se laisse aller à titrer son info «Symptômes du coronavirus» une étude révèle les signes avant-coureurs que le National Health Service (NSH) a manqué à répertorier.

En effet, au moment de la parution de l’étude, le credo médical universel en matière de diagnostic clinique de la Covid-19, en début d’épidémie, en était au trépied clinique rudimentaire qui associait fièvre, toux continue, essoufflement, recommandé par la prestigieuse NHS. Le NHS, en l’occurrence, est le système de santé public britannique qui a entre autres prérogatives celle de fournir des directives cliniques sur la manière dont les pathologies devraient être prises en compte et sur les possibilités de plus grande efficacité des services sanitaires et sociaux publics.

Le critérium de diagnostic clinique de la Covid-19 a été immédiatement impacté par les résultats de l’étude de Mahammedi & collaborateurs : il s’en trouve élargi aujourd’hui à une vingtaine de symptômes plus ou moins caractéristiques selon la description qu’en fait le ministère de la Santé du Royaume-Uni. La diffusion concomitante de l’info par CNN et par son homologue chinois Sina, mais aussi par la National Public Radio a eu un retentissement mondial remarqué : plus de 165 revues, agences ou sites ont relayé la nouvelle de la relative délocalisation de la prévalence de la Covid-19 du poumon vers le cerveau, au sens où l’étude établit que pratiquement 2 patients sur 5 développent des troubles relevant de la sphère neurologique. Ces symptômes s’échelonnent du plus grave au relativement anodin de l’AVC et des saignements intracrâniens aux signes fonctionnels en rapport avec certains nerfs crâniens liés à la muqueuse nasale, au palais, à la région oculaire et à diverses aires en rapport avec le système nerveux périphérique pour leur motricité, leur sensibilité ou la coordination de leurs mouvements.

Il faut signaler que bon nombre de troubles fonctionnels dans la sphère cérébrale sont rassemblés récemment dans un syndrome clinique polymorphe appelé «chemobrain» ou «brouillard cérébral». Cet ensemble de symptômes regroupent les troubles fonctionnels observés dans la Covid-19 mais ne lui sont pas spécifiques. Il en est ainsi des anomalies des fonctions symboliques supérieures comme la mémoire, la concentration, l’imagination, l’intellection, l’idéation, la construction logique de la pensée, la parole et l’orientation temporo-spatiale.

Ces signes ne sont pas spécifiques de la Covid parce qu’ils recouvrent également les symptômes retrouvés dans l’Alzheimer, diverses encéphalopathies, la démence, les séquelles d’AVC, l’état relatif aux cures de chimiothérapie chez les patients traités pour des pathologies cancéreuses. Pour information, c’est là un problème de santé que le Gardner Neuroscience Institute de Cincinnati a pris en charge d’élucider depuis août dernier et d’y apporter une solution.

Le travail se fera sur 18 mois. Plusieurs universités américaines de renom y participent, dont Stanford, Hopkins, Emory, Cincinnati et autres.
L’idée du Gardener Institute est de développer une application pour déterminer si la musicothérapie peut améliorer les effets sur le cerveau des diverses causes – dont la Covid-19 – du «brouillard cérébral». Cette passionnante collaboration multidisciplinaire se construit, en ce moment même, à l’intersection de 3 pôles : celui de la médecine, de la technologie et celui de l’art.

Au jour d’aujourd’hui, l’application sur Smartphone développée à cet effet en début d’année par l’équipe de Stanford est mise en service déjà dans l’échantillon des patients sélectionnés et engagés dans le test. C’est le Pr Abdelkader Mahammedi qui a été chargé par l’Institut Gardner de superviser la participation de l’IRM fonctionnelle à l’élucidation par l’image du processus en question.

Source :

El Watan

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