Interpellé la semaine dernière, Hamid Melzi, ex-directeur de l’établissement public « Sahel », en charge de la gestion des résidences d’État, et de la Société d’investissement hôtelière (SIH), a été entendu par la justice et placé, mardi, sous mandat de dépôt. Plusieurs griefs sont retenus contre l’accusé, dont la collecte d’informations de nature à porter atteinte à l’économie et à la défense nationale, au profit d’une puissance étrangère. C’est du moins ce qui a été affirmé, par l’agence de presse officielle, citant les propos de l’avocat de l’accusé, Miloud Brahimi. Cette information qui suscite de nombreuses interrogations, car l’accusation «d’espionnage économique» est totalement inédite en Algérie. Mais surtout très grave. Rares sont les affaires déclenchées pour espionnage, surtout qu’il y va de la sécurité du pays en ces temps très délicats.
Selon les explications de l’avocat, « le juge s’est appuyé sur l’article 65 du Code pénal qui évoque l’espionnage en prévoyant la réclusion perpétuelle pour « quiconque, dans l’intention de les livrer à une puissance étrangère, rassemble des renseignements, objets, documents ou procédés dont la réunion et l’exploitation sont de nature à nuire à la défense nationale ou à l’économie nationale ».« Le juge a retenu un deuxième chef d’inculpation, « détention de munitions sans autorisation ». Ils ont trouvé une vingtaine de cartouches chez lui », a ajouté l’avocat dans une déclaration à un site d’information en ligne.
Jamais un haut responsable de l’état n’a été poursuivi pour des accusations aussi graves. Des questions lourdes méritent d’être posées quant à ces affaires déclenchées par la justice depuis le début du mouvement populaire. En effet, comment de hauts responsables peuvent être impliqués dans des affaires d’espionnage. Quels ont été les critères de nomination de ces responsables qui ont passé de longues années à la tête d’ institutions stratégiques de l’état ? Pourquoi la Justice a attendu que le mouvement populaire se déclenche pour entamer des procédures judiciaires ? Qui sont ces pays étrangers qui ont bénéficié des informations collectées par Melzi ?Quel genre d’informations a-t-il pu collecter, lorsqu’il occupait le très sensible directeur des résidences d’état ? Un poste qui lui a permis d’être proche des décideurs algériens.
Les réponses à ces questions ne sont toujours pas communiquées par le parquet. En effet, seules les charges retenues contre Melzi ont été dévoilées. Mercredi 24 avril, trois semaines après le départ d’Abdelaziz Bouteflika, la présidence a limogé ce puissant homme d’affaires de son poste de Directeur général (DG) de l’entreprise Sahel, en charge de la gestion des résidences d’État. Quelques jours plus tard, Melzi avait également été démis de ses fonctions de DG de la Société d’investissement hôtelière, une société publique qui gère onze hôtels de luxe, dont le Sheraton.
Pour rappel, Hamid Melzi était patron de pas moins de cinq sociétés publiques. Il a commencé sa carrière comme simple ouvrier à la résidence d’état de Moretti. Il a régné en maître dans le secteur du tourisme sur la côte ouest algéroise depuis 25 ans.
Lamia Boufassa

Source : lecourrier-dalgerie

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