Ali Haddad face à la justice

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L’un des gains importants réalisés par la révolution pacifique qui se poursuit depuis le 22 février dernier en Algérie, est, à ne pas se leurrer, la lutte menée contre les responsables corrompus. Dans leur majorité, ces derniers sont aujourd’hui placés en détention et attendent d’être jugés.

Un seul détenu cependant, parmi la pléthore de hauts responsables et hommes d’affaires arrêtés, a été jugé, mais juste pour une affaire de détention illégale de documents administratifs. Il s’agit de l’ex-patron du Forum des chefs d’entreprise, Ali Haddad. Tous les autres attendent toujours le procès. Mais à bien voir, Ali Haddad aussi attend de comparaître devant le juge pour des faits de corruption. Le premier à être arrêté, le 31 mars dernier au poste frontalier d’Oum El Teboul, Ali Haddad, n’a été jugé que pour la détention de deux passeports et condamné en appel à 6 mois de prison ferme.

Une condamnation qui se justifie certes au vu de la loi, mais dans l’esprit collectif des Algériens, il ne s’agissait pas plus que d’un procès qui allait permettre de maintenir Ali Haddad entre les mains de la justice, le temps qu’il faut pour construire les dossiers mettant en évidence les scandales dans lesquels il a trempé. Et ces dossiers semblent être nombreux et enchevêtrés, pour preuve, le nom de l’oligarque a été cité dans les affaires de plusieurs ex-ministres des différents secteurs et celui des deux ex-Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal. Pour mener à bien son enquête, le juge d’instruction de Sidi M’hamed a donc auditionné, de nouveau hier, Ali Haddad. Trois cadres des secteurs des travaux publics, le transport et l’industrie comparaissent également aux côtés de l’ancien président du Forum des chefs d’entreprise.

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Les avantages indus octroyés à l’homme d’affaires par des responsables de ces trois secteurs sont au cœur des investigations, selon la même source. Mais ces trois responsables ne font pas le compte des hommes qu’Ali Haddad a entraîné dans sa chute. Selon certaines indiscrétions, le dossier Haddad serait l’un des plus gros où les noms d’au moins une soixantaine d’ex-hauts responsables sont cités dont les deux ex-Premiers ministres, neuf anciens ministres et deux ex-walis.

Outre Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal donc d’anciens ministres, sont également concernés comme à titre d’exemples Amara Benyounès, Amar Tou, Abdessalem Bouchouareb, Abdelghani Zalène et Karim Djoudi. S’ajoute à cette liste l’ancien wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, et Mohamed Djamel Khnafer, ex-wali d’El Bayadh. Tous ces responsables devront répondre de plusieurs griefs liés au «trafic d’influence, la dilapidation de deniers publics, l’abus de pouvoir volontaire à l’effet d’accorder d’indus privilèges en violation des lois, le conflit d’intérêts, la violation des procédures en vigueur en matière de marchés publics… ». A souligner que ces ex-ministres, walis et autres cadres ne sont pas cités dans un dossier uniquement.

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Ahmed Ouyahia et Sellal, à titre d’exemple, ont également été entendus dans d’autres dossiers comme celui du patron du groupe Mazouz ou encore l’affaire du patron de Sovac. A bien voir donc, les dossiers de tous les anciens hauts responsables et des hommes d’affaires véreux arrêtés sont étroitement liés. Il s’agit d’une vraie toile d’araignée que l’instruction doit défaire fil par fil pour établir les responsabilités de chacun. C’est sûrement là la grande complexité à laquelle font face les juges instructeurs et pour laquelle ils doivent prendre le temps nécessaire. Et c’est la raison pour laquelle, les procès de l’oligarchie, très attendue par l’opinion publique, n’ont toujours pas été programmés.

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2 Commentaires

  1. C’est une excellente chose, que tout ceux qui ont mis les doigts dans le pot de confiture soient jugés sévèrement.
    Mais à quand le jugement de Tliba et ses associés les enfants du pédophile grabataire gaid Salah

  2. Deux poids et deux mesures,on est ou avec les affaires de corruption concernant;le général major,Mr Belkcir et sa femme,ainsi messieurs Benamor,et Sahraoui et les autres,c’est que la diversion et de la comédie Egyptienne

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