Chômage et précarité, le lot quotidien des habitants

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En fin de semaine dernière, la localité de Ben Haroun et précisément le village de Chaâbet Laâkhra, relevant de la commune de Djebahia (ouest de Bouira), a connu un drame inédit dans la région. Un trentenaire, qui venait tout juste de se fiancer, a tenté de mettre fin à ses jours en s’immolant devant le siège de l’APC de cette municipalité de 18 000 âmes.
Fort heureusement, il a été sauvé in extremis et ses jours ne sont plus en danger. La cause d’un tel acte ? Chômage, précarité et… un lopin de terre. Il est vrai que dans cette localité, l’horloge du développent semble s’être arrêtée. Curieuse coïncidence pour ce qui était un ancien camp de regroupement datant de l’ère coloniale. L’ensemble des villageois rencontrés déplorent l’incident de jeudi dernier, mais en même temps, ils disent comprendre la détresse de ce jeune. “La misère, surtout la hogra, poussent les gens à commettre l’impensable”, dira un vieil homme qui s’est avéré être le voisin de la victime.Tout autour de nous, des dizaines habitations de fortune, datant des années 1940 menacent ruine à tout instant sous le regard passif des autorités locales. “C’est ici que nous survivons ! Lors des dernières chutes de neige, nous avons failli mourir écrasés par la charpente de notre toiture. Ni le maire, ni le chef de daïra, ne sont venus à notre secours”, témoignera ce septuagénaire. D’autres villageois nous ont indiqué que cette localité compte une dizaine de haragas. “Onze jeunes ont réussi à fuir cet enfer sur terre, entre 2010 et 2017”, fera remarquer Nabil, un jeune homme d’à peine 22 ans et qui songe déjà à être le 12e sur la liste. “On meurt de froid, nous n’avons ni toit, ni gaz ni électricité, nous vivons comme des animaux et le wali refuse de nous recevoir chaque journée de réception. Voilà ce qui a poussé ce jeune à vouloir se donner la mort. Mourir une fois pour toutes au lieu de vivre l’enfer au quotidien”, expliquera Nabil d’un ton glaçant.

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L’inextricable imbroglio
Les lieux sont sinistres et donne des sueurs froides, tant la misère et le dénuement sont ancrés chez ces citoyens, qui habitent dans des taudis. Des murs qui s’effritent, un sol donnant l’impression de se dérober sous les pieds, il faut dire que cet ancien camp est au cœur d’un imbroglio juridique opposant les propriétaires de ces terrains et la municipalité, laquelle avait décidé en 2013 de le raser pour y construire des logements entrant dans le cadre du programme de résorption de l’habitat précaire (RHP). Depuis, l’affaire est devant les tribunaux et les villageois de ce camp sont littéralement pris en otage. Ils ne peuvent ni démolir leurs taudis, ni prétendre au RHP. Selon les villageois rencontrés, le jeune qui s’est immolé jeudi dernier, possède un lopin de terre qu’il souhaitait bâtir pour se marier, mais l’APC lui a interdit cela à cause de ce litige qui date depuis plus de 20 ans. Toujours d’après nos interlocuteurs, les ex-propriétaires ont été dédommagés à deux reprises pour la procédure d’expropriation, en 1940 par l’administration coloniale lors de la réalisation de ce camp de regroupement, et une seconde fois après l’indépendance, au début des années 1970, par l’État. “Ils (anciens propriétaires, ndlr) ne veulent rien lâcher, les pouvoirs publics n’agissent pas et nous, on est les otages de cette mascarade”, explique-t-on.

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Source : liberte-algerie

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