IL A ÉTÉ ENTENDU HIER À LA COUR SUPRÊME Saïd Barkat sous mandat de dépôt

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Un cinquième ancien membre du gouvernement est en prison depuis hier lundi. Saïd Barkat, ex-ministre de l’Agriculture, de la Santé et de la Solidarité nationale, a été incarcéré à la prison d’El-Harrach, après avoir été inculpé par le procureur de la Cour suprême.

Abla Chérif – Alger (Le Soir) – Selon les chefs d’inculpation énoncés par la Télévision nationale, ENTV, Saïd Barkat est poursuivi pour des charges similaires à celles qui ont conduit Djamel Ould Abbès en prison, 24 heures auparavant. Il s’agit de détournement et dilapidation de biens publics, abus de fonction et mauvaise utilisation du poste auquel il avait été nommé, corruption, conclusion de marchés contraires à la réglementation et falsification de documents officiels.

Le concerné a lui aussi renoncé, il y a dix jours, à l’immunité parlementaire dont il jouissait en tant que sénateur, mais après que la justice eut toutefois enclenché officiellement la procédure devant mener à sa levée. La Cour suprême a annoncé qu’il était poursuivi en qualité d’ancien ministre de la Solidarité nationale. Avec Ould Abbès, il fait partie d’un groupe de douze personnes auxquelles la justice s’intéresse de près depuis un moment. Les enquêtes menées concernent, entre autres, des transactions douteuses et des documents fictifs et des contrats illégaux pour des achats fictifs au profit d’organisations estudiantines.

Saïd Barkat s’est présenté très tôt hier matin à la Cour suprême où il a été auditionné par le procureur et placé en détention provisoire en moins de trois heures.
Comme pour Djamel Ould Abbès, sa comparution a été suivie de très près par les Algériens. Tout au long de la journée, on a vu des vidéos d’images filmées par les télévisions nationales montrant son arrivée puis son départ vers le centre pénitentiaire, à bord d’un fourgon cellulaire circuler sur les réseaux sociaux. L’affaire n’est pas des moindres.

Saïd Barkat est le cinquième membre du gouvernement sous Bouteflika à être placé sous mandat de dépôt depuis le déclenchement d’une vaste opération anti-corruption dans les milieux d’affaires et les milieux politiques réputés proches de l’ancien Président. Le ton avait été donné avec l’arrestation de Ali Haddad puis des frères Kouninef. Symboles de l’oligarchie qui s’est développée à l’ombre des Bouteflika, ils ont été incarcérés, tout comme plusieurs autres hommes d’affaires, des puissants qui ont entraîné la chute spectaculaire de deux anciens Premiers ministres, Ouyahia et Sellal, mais aussi de trois ex-ministres. Deux d’entre eux, Amara Benyounès et Djamel Ould Abbès, font partie du cercle le plus proche de l’ancien chef d’Etat. D’autres membres de l’Alliance pourraient suivre car étant prochainement attendus au niveau de la Cour suprême.

L’instance judiciaire a, en effet, informé l’opinion qu’elle avait procédé à la réouverture du dossier de l’autoroute Est-Ouest dont la prise en charge avait été bâclée. La principale personne ciblée n’est autre que Amar Ghoul, dirigeant de TAJ et dernier membre très actif de l’ex-Alliance présidentielle encore en liberté.
Ancien ministre des Transports et des Travaux publics et sénateur, il a renoncé dernièrement à son immunité parlementaire, ce qui permet ainsi à la Cour suprême de procéder à sa convocation.

A. C.

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