… : L’amère désillusion

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La Tunisie n’en finit pas de voter. En effet, les Tunisiens n’ont pas encore terminé avec les élections présidentielles qu’on leur glisse déjà les législatives. Des élections qui ne suscitent plus l’engouement. A croire que les Tunisiens ont désormais la tête bien ailleurs et commencent déjà à se fatiguer de cette « démocratie » qui n’a pas beaucoup changé leur vie et leur quotidien.

La corruption, l’inégalité des chances, l’injustice sociale sont toujours là, et certains commencent déjà à regretter l’ère Ben Ali, où comme dirait Chirac il y avait au moins un toit et un manger. Mais il ne faut pas croire pour autant que c’est là, la pensée de la majorité des Tunisiens. Ce serait faire offense à la mémoire de ceux et celles qui se sont sacrifiés afin de chasser le dictateur de Carthage, mais il n’empêche que les Tunisiens sont bien déçus aujourd’hui. Car leur rêve était plus grand et plus confiant en cette Tunisie post-Ben Ali. La déception a été finalement à la hauteur (et même pire) de l’espoir né en ce 14 janvier 2011.

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La classe politique tunisienne, ancienne comme nouvelle, a déçu et c’est elle qui est aujourd’hui comptable de ce désintéressement populaire quant à la chose politique. Il faut savoir que les Tunisiens ne remettent pas en cause les résultats des élections, dont ils ne doutent pas de leur transparence. Non, et c’est peut être pire, ils n’en veulent plus ou plutôt ils ne croient pas qu’elles puissent servir à changer quoi que ce soit.
L’imbroglio des élections présidentielles n’arrange pas les choses et n’encourage pas à réhabiliter la chose démocratique. Un candidat en prison et un deuxième arrivé au second tour sans aucune campagne, démontrent le ras le bol des Tunisiens qui ont voulu sanctionner la classe politique traditionnelle, mais qui, aussi, ont mis la Tunisie en face d’un dilemme qui n’arrangera rien pour l’avenir de ce pays.

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Car les Tunisiens en sanctionnant les Chahed, Ghennouchi et autres encore, ils se sont quelque peu sanctionnés eux-mêmes et mis l’avenir déjà compliqué de leur pays entre les mains d’amateurs de la politique qui sont loin d’être les hommes de la situation, et si aujourd’hui ils fuient encore les législatives, alors il y a un sérieux risque de voir le pays entrer dans une longue période d’interrogations. Les deux principales manettes du pouvoir risquent de se trouver entre les mains de personnes qui découvrent la politique et la rude épreuve de l’exercice du pouvoir et qui manquent cruellement de l’expérience dont a tant besoin la Tunisie pour s’en sortir.

Par Abdelmadjid Blidi

 

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