PRÉSIDENTIELLE DU 12 DÉCEMBRE L’énigme Hamrouche

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Et si Mouloud Hamrouche se lançait dans la course présidentielle prévue le 12 décembre prochain ? L’homme, qui a fait montre de réticences aux sollicitations, n’a pas pour autant fermé la porte à un éventuel avis favorable.

M. Kebci – Alger (Le Soir) – A chaque rendez-vous présidentiel, son nom est susurré avant qu’il ne décline les invitations qui lui sont faites. Et cette fois-ci encore, en prévision de l’élection présidentielle du 12 décembre prochain à laquelle le pouvoir tient mordicus et que le mouvement populaire et de larges pans de la classe politique et de la société civile rejettent, l’ancien chef de gouvernement du temps du défunt président de la République, Chadli Bendjedid, revient au-devant de la scène, peut-être à son corps défendant.

Son nom est cité ici et là comme probable postulant à la magistrature suprême du pays avec comme arguments en «béton», qu’avancent ses partisans, son profil «d’homme du consensus» et surtout son passage, certes court, à la tête du gouvernement, du 9 septembre 1989 au 5 juin 1991, cette période que d’aucuns qualifient de celle de «l’euphorie démocratique», que l’homme a accompagnée à travers l’enclenchement d’une politique d’ouverture tous azimuts. Avec, notamment, la mise en place des mécanismes pratiques de libération de la société et l’établissement de règles politiques et économiques solides. On lui doit également l’adoption de la loi sur la monnaie et le crédit, colonne vertébrale de la gestion de l’économie, la naissance de la presse indépendante et l’ouverture des médias publics.Seulement, si pour le moment il est attentif à ces nombreuses sollicitations, il n’en demeure pas moins que le «père des réformes» reste «prudent», lui qui s’est montré sévère à l’encontre du système algérien qu’il a récemment qualifié d’«antinational». Dans sa toute dernière sortie médiatique, au tout début du mois de septembre courant, Hamrouche, qui salue la lucidité et le pacifisme du mouvement populaire du 22 février dernier, soutient que «le changement du système n’est pas le problème mais la solution». Pour lui, «le mouvement du 22 février est venu mettre un terme à l’expansion des difficultés, des impasses et des menaces engendrées, accumulées et non résolues par le système.

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Par cette mobilisation inattendue, les Algériens ont refusé que leur pays chute ou cède au chaos, défendant le peuple d’avoir créé de nouvelles difficultés, une nouvelle déstabilisation, de nouveaux dysfonctionnements, y compris sur le plan économique et social, de perturbation ou de violence supplémentaire au pouvoir ou à l’armée». Il s’en est pris, dans la foulée, aux hommes et aux gardiens du système qui, selon lui, «pataugent dans leurs propres incohérences, turpitudes et crises», tentant d’imputer toutes leurs dérives et les coûts de leurs défaillances au Hirak».

Faisant sienne la revendication du peuple qui réclame le changement du système par voie pacifique en toute lucidité et en toute civilité, Hamrouche considère qu’un démantèlement ou une déconnexion des nuisibles castes d’allégeance et de coercition/corruption est indispensable. «Il y va de la cohésion de l’armée et de tout pouvoir national légal». Pour l’ancien chef de gouvernement, «il n’y a pas que la question des conditions d’organisation des élections et ses conséquences.

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Il y a aussi l’exigence de la séparation de l’Etat, sa pérennité et sa stabilité de la vie d’un Exécutif. Les conditions de la légitimation du gouvernement, de son fonctionnement, de son évaluation et de son remplacement demeurent-elles tributaires des réseaux qui contrôlent aujourd’hui des administrations gouvernementales et locales et qui possèdent de vrais relais clientélistes. Ils manœuvreront pour bloquer la volonté des Algériens ou à défaut la faire dévier». Aussi, Hamrouche s’interrogera de quelles forces légales, de quels appuis politiques et sociaux, de quels mécanismes décisionnels et constitutionnels le futur disposera. Ceci même s’il affirme que la Constitution actuelle lui confère tous les pouvoirs, mais sans aucun mécanisme opératoire. Des convictions qu’il ne sera pas facile à ceux, nombreux, qui le supplient de postuler, d’infléchir l’homme ayant retenu bien de leçons de son engagement dans la course présidentielle d’avril 1999 avant d’y renoncer avec cinq autres candidats, après avoir constaté le renoncement à la toute dernière minute de l’engagement de régularité et de transparence dudit scrutin.

Des partisans qui ne manqueront pas de faire valoir l’argument selon lequel le pouvoir «réel» ne tient pas encore son «cavalier» et que, pour ce faire, toutes les candidatures annoncées parmi le sérail ne participaient que du souci de les «griller», le temps de les faire désapprouver pour permettre, au final, l’émergence «naturelle» du «préféré» du régime. Un heureux élu que l’on voudrait qu’il soit Hamrouche, piaffent d’impatience ses partisans.

M. K.

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2 Commentaires

  1. Hamrouche est connu pour être un homme honnête. Il a été parmi les hommes les plus proches de Houari Boumedienne. Comme chef de gouvernement de Chadli, il a fait du bon boulot, malgré la présence du satanique Larbi Bekkheir et des officiers déserteurs de l’armée française. Compte tenu de la situation délicate dans laquelle se trouve le pays et pour bloquer les résidus du Bouteflikisme, il serait salutaire su’il se présente à cette élection voulue par les militaires dont l’objectif est, coûte que coûte, préserver leurs intérêts et privilèges. Le Président dont a besoin l’Algérie pour cette mandature 2020-2025, c’est un homme courageux et intelligent, capable de tenir tête aux généraux et obliger l’ANP de renoncer à la pratique politique, pour s’occuper exclusivement de la sécurité du pays.

  2. Certes, hamerouche est honnête mais c’est avant tout un oligarques, pure produit du régime socialiste algérien des années 70. De plus, c’est à cause de lui que le pays a été plonge dans la décennie noire. Il a ignore les nombreux rapports de la SM qui présentait le risque de radicalisation violente du FIS. C’est lui qui par ses réformes “soit disant libérales” nous a ramené le FMI au qu et qui a provoque la crise économique. Elstine était meilleur que lui. Alors parler de démocratie…. C’est bien mais faut voir à quel prix. De plus, la constitution “soit disant démocratique” qu’il a instauré. C’est la constitution semi dictatoriale qui “régit” l’état algérien aujourd’hui (noter les guillemets car le pouvoir est détenu par la mafia militaire)

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