Prévention contre le suicide : Nécessité d’un Registre national des cas

0

Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mohamed Miraoui, a plaidé, jeudi à Alger, pour l’établissement d’un Registre national permettant de recenser les cas de suicide dans le pays ainsi que de prévenir le phénomène.

«Nous ne disposons pas de statistiques sur le phénomène du suicide en  Algérie. Ce pourquoi, il est temps d’établir un Registre national  permettant de recenser l’ensemble des cas et d’en identifier les causes,  afin de permettre aux spécialistes de travailler sur le volet de la  prévention», a déploré le ministre, lors d’une rencontre de célébration de  la Journée mondiale de la santé mentale, placée cette année sous la  thématique de la prévention du suicide. Tout en précisant que cette question est inscrite dans le Plan national  dédié à la santé mentale, élaboré en 2017, le ministre a souligné que  celui-ci est axé sur six (06) aspects, dont ceux relatifs à «la protection  des droits» des malades atteints de troubles mentaux, au développement des  offres de soins ainsi qu’à la formation des compétences pour la prise en  charge de la maladie mentale.
Ceci, a-t-il détaillé, s’est traduit par la réalisation, ces dernières  années, de nombreuses infrastructures destinées à la santé mentale, dont 30  établissements hospitaliers spécialisés, 149 centres intermédiaires, 42  centres de désintoxication ainsi que plusieurs unités spécialisées au sein  des CHU et autres établissements publics. M. Miraoui a également rappelé les objectifs dudit Plan, consistant, entre  autres, en la mise en place d’un réseau national pour la prise en charge de  la santé mentale, la consolidation de la prévention des fléaux sociaux  notamment en milieu scolaire, le renforcement des actions de proximité  ainsi que la réhabilitation de la formation paramédicale. Dans un message de circonstance, la directrice régionale de l’Organisation  mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique, Mme Matshidiso Moeti,  a fait  savoir que «toutes les 40 secondes, une personne met fin à ses jours dans  le monde», déplorant qu’en Afrique, les données inhérentes à ce phénomène  soient «rares», en même temps que «la stigmatisation» qui y est entretenue  par rapport à cette question. Afin d’améliorer la prise en charge de la santé mentale dans le continent,  dont le suicide, elle a exhorte les Etats concernés à «une collaboration  multisectorielle» afin de lutter contre les facteurs à risque, tout en  recommandant une formation spécialisée des professionnels de la santé ainsi  qu’une implication de l’école, des médias, de la recherche scientifique,  etc. dans la lutte contre cette problématique.
Entre 500 à 600 cas de suicide surviennent annuellement en Algérie, avec  une proportion plus élevée chez les hommes, a indiqué, de son côté, le Pr  Mohamed Chakali, sous-directeur de la Promotion de la Santé mentale au  ministère de la Santé, notant que la moyenne du phénomène se situe autour  de 2,5 cas pour 100.000 habitants, alors que la moyenne mondiale est de 16  suicides pour 100.000 habitants.
« Si l’Algérie figure parmi les pays les moins touchés par le suicide, il  faut cependant savoir que les comportements suicidaires sont plus  inquiétants que les suicides accomplis», a-t-il averti, notant que la  frange des jeunes est la plus touchée, avant de soutenir que l’incidence  réelle du phénomène est «supérieure» aux chiffres avancés, les passages à  l’acte étant  «sous-déclarés» par les familles, en raison essentiellement  du tabou et des préjugés sociaux qui entourent cette question, a-t-il  explicité. Tout en rappelant les axes du Plan national de la Santé mentale, M.  Chakali a, enfin, insisté sur la stratégie préventive de ce phénomène, y  compris en milieu carcéral et professionnel, rappelant la mise en place, en  2013, d’un groupe de travail multisectoriel pour la prise en charge de ce  problème de santé publique.

 

Lire aussi  Haro sur le mitage territorial et l’urbanisation sauvage

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici