Alger et Paris sur l’étape post-électorale et l’application de l’Accord de Paix, au Mali : Le parachèvement de sa mise en œuvre souhaité

La présidentielle malienne qui s’apprête à tenir son deuxième tour entre le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta, et le chef de file de l’opposition malienne, Soumaïla Cissé, dimanche prochain, devrait permettre selon les ministres des Affaires étrangères d’Algérie et de France «l’accélération du processus politique et de la réconciliation nationale», selon le communiqué du département ministériel d’Abdelkader Messahel, sur la teneur de son entretien téléphonique , mardi, avec son homologue français Jean-Yves Le-Drian.
Alger et Paris continueront d’apporter leur soutien respectif au gouvernement malien, notamment dans sa stratégie «de sortie de crise et de la lutte contre le terrorisme» souligne la même source, qui a indiqué auparavant, que les deux pays ont formé le vœu que l’étape post-électorale au Mali, «puisse accorder le parachèvement de la mise en œuvre de l’Accord de paix», issu, pour rappel, du processus d’Alger et paraphé par les acteurs maliens en 2015. Les résultats du premier tour de la présidentielle malienne, qui a vu la participation de 24 candidats dont une femme et le président sortant IBK, ont donné celui-ci gagnant avec 41,42% de voix et son rival, le chef de file de l’opposition malienne, Soumaïla Cissé avec 17,80%, de voix en sa faveur. Sur les conditions et le déroulement de l’opération de vote, le ministère de l’Administration territoriale, à moins d’une semaine après la tenue du premier tour, a publié une liste, dans laquelle, il est fait état de 871 bureaux de vote des 23 000 ouverts, où le scrutin n’a pas pu se dérouler, «en raison des violences» survenues en ce jour, selon la même source. Pour le Premier ministre malien, s’exprimant sur l’organisation du premier tour de la présidentielle, Soumeylou Boubeye Maïga a souligné que celle-ci «est un immense défi sécuritaire», que le pays «appuyé par ses partenaires, est en passe de relever avec satisfaction» selon lui, «en dépit d’incidents sécuritaires» qualifiés de «mineurs». Jugés primordiales, pour les Maliens et leurs partenaires régionaux et étrangers pour l’avenir du pays, notamment pour la poursuite de la mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali, les 8 millions d’électeurs maliens sont convoqués, dimanche prochain, pour départager les deux candidats gagnants du premier tour, et relever ainsi le défi de mener jusqu’au bout l’opération du déroulement du scrutin de la présidentielle malienne. S’exprimant à ce propos, le Secrétaire général des Nations unies (ONU) , Antonio Guterres a appelé les Maliens à «maintenir ce cap» de manière à ce que l’élection qu’il souligne «importante pour la paix et la réconciliation au Mali» soit «la célébration de la démocratie» a-t-il précisé, après s’être «réjoui du calme qui a prévalu» au cours de la campagne et le jour du vote, du premier tour de la présidentielle au Mali, 29 juillet dernier. Comme il y a cinq ans, les deux candidats gagnants au 1er tour, IBK et Soumaïla Cissé devront attendre, une seconde fois, la fin du vote de dimanche prochain, pour savoir qui des deux occupera pour les cinq ans à venir le siège de la présidence du Mali. Concernant les 18 candidats qui n’ont pas franchi le seuil du 1er tour de la présidentielle malienne, ils se sont regroupés en un Front républicain, lequel a tenu, selon les médias locaux et étrangers, une rencontre ce mardi, dans la grande salle du Palais de la Culture à Bamako, en présence de près de 3000 présents, (la salle compte 3000 sièges)». Les 18 candidats ou leurs représentants présents, se sont exprimés, chacun, selon ses termes, sur les irrégularités et des fraudes constatées lors du scrutin du premier tour, sans manquer de dénoncer des pratiques qui peuvent «amener notre démocratie à régresser» ont-ils souligné. Rejetant en vrac ces accusations, Mahamadou Camara, porte-parole du candidat IBK, leur répond que celles-ci «ne sont pas justifiées», affirmant que «nous avons assisté à l’une des élections les plus transparentes de toute l’histoire démocratique du Mali» avant d’ajouter que le Mali «a une nouvelle loi électorale qui est une coproduction de l’opposition et de la majorité.» a-t-il rappelé. Plus explicite, il dira que son pays «à un fichier qui a été audité par un organisme indépendant qui a été accepté par tous, donc un fichier consensuel» a-t-il précisé. Poursuivant dans ses réponses, il évoquera la présence d’observateurs internationaux «au moment de la centralisation» a-t-il précisé avant d’ajouter «je rappelle que dans chaque bureau de vote, l’opposition est représentée par des assesseurs et des délégués qui ont signé des PV de dépouillement» et que «la Céni est présidée par un membre de l’opposition et a des membres en son sein» a déclaré le porte-parole du candidat IBK. Pour Mahamadou Camara, Il s’agit de manœuvres «dilatoires et les gens sont de mauvaise foi et essaient de déstabiliser le pays » a-t-il avertis avant d’ajouter que «les Maliens ne l’accepteront pas et sauront le leur dire clairement, lors du vote le 12 août (du 2eme tour :Ndlr).»estime-t-il.
Karima Bennour


Source : lecourrier-dalgerie

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