APRÈS LES MESURES ANNONCÉES PAR LE MINISTRE DJELLAB : Les prix s’enflamment bien avant le Ramadhan

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Comme chaque Ramadhan, la hausse des prix est au rendez-vous et le contrôle et les mesures annoncées en grande pompe par le ministère du Commerce pour éviter la flambée des prix, ne semblent pas avoir eu l’effet escompté. Et pour preuve, à moins de quelques jours du début du Ramadhan, les commerçants affichent des prix exorbitants, ce qui dévoile, encore une fois, la mainmise des acteurs de l’informel et des spéculateurs sur les produits en général et ceux les plus prisés par les consommateurs à la veille du mois sacré. Une situation et un constat qui reviennent chaque année, dont ses premières victimes sont le commerçant et le simple paysan, qui peinent à joindre les deux bouts, au vu de la baisse du pouvoir d’achat, notamment pour ceux qui ont un faible revenu et ce malgré les annonces et les mesures prises récemment par le ministère du commerce, pour «le contrôle et le respect des prix plafonnés» selon les propos du ministre Djellab. Encore une fois, c’est d’autres facteurs et acteurs qui ont pesé lourdement pour la poussée spéculative qui gagne les étalages des commerces et des marchés. À la veille du mois de Ramadhan, les Algériens commencent déjà à subir la hausse des prix de large consommation. Les prix sont en hausse malgré qu’il y a quelques jours, le ministère du Commerce a rassuré les consommateurs et le marché quant à la disponibilité des produits durant le mois de Ramadhan et à des prix raisonnables. Une virée, hier, dans quelques marchés à Alger, au marché de Kouba, par exemple, il y avait beaucoup de monde : les citoyens munis de leurs couffins tout en arpentant les allées du marché pour effectuer leurs achats en vue de la première «table» de Ramadhan. Les prix affichés ont vraiment flambé à la veille de ce mois sacré : la courgette, qui se vendait, il y a quelques jours, à 100 DA le kilo a grimpé à 125 DA , idem pour la tomate qui est cédée à 120 DA le kilo. La pomme de terre est cédée à 60 DA, l’oignon à 90 DA et la carotte à 80 DA. Les prix des autres légumes ont également doublé : l’haricot vert est cédé entre 250 et 280 DA, l’aubergine à 100 DA, …. les prix des viandes et du poisson ont, quant à eux, connu une hausse : la sardine à 600 DA le kilo, la viande ovine à 1280 DA le kilo , les côtes filets à 1350 DA, l’épaule à 1350 DA, l’entre-côte à 1700 DA, le gigot à 1350 DA, aussi, la viande « sans os » est affichée, quant à elle, à 1500 DA, le foie (mouton ) à 2800 DA (boeuf) à 2200 DA, ….Le poulet, produit très prisé par les algériens pendant le Ramadhan, a également connu une augmentation : il s’est affiché à 280 DA le kilo, la cuisse à 350 DA, l’abat (poulet) à 360 DA , la dinde à 370 DA…

LES CITOYENS INFORMENT LE MINISTÈRE DU COMMERCE DES HAUSSES DE PRIX

Aussi, lors de notre virée au marché de Kouba, nous avons apostrophé certains citoyens, venus faire leurs achats à la veille de Ramadhan, Djamel : 37 ans , un administrateur, a précisé à ce propos que les prix sont les mêmes partout, tout en soulignant, toutefois qu’en dépit des mesures prises par le ministère du Commerce visant à la régulation et le contrôle des prix : «Le problème des prix persiste toujours, et comme chaque Ramadhan, le même scénario se répète», a-til ajouté. Sid-Ali, 46 ans, un médecin, estime quant à lui que cette flambée des prix touche directement la bourse des citoyens à faible et à moyen revenu. Notre interlocuteur a tenu à souligner, également, que la spéculation et l’absence de la régulation des prix, sont deux facteurs qui gangrènent la stabilité des prix, notamment durant le mois de Ramadhan : «Tout a augmenté !», se plaint un homme, la cinquantaine, venu pour faire ses achats, accompagné de sa nièce : «C’est trop !… ils nous ont dit que les prix seront raisonnables en ce mois de Ramadhan et il n’y aura pas d’augmentation des prix alors que c’est le contraire, les prix se sont envolés», dit-il. Avant d’ajouter : «Mon salaire qui ne dépasse pas les 30 000 DA ne me permet pas de prendre en charge les besoins de ma famille». Sadek, un enseignant au primaire, déplore lui aussi la montée vertigineuse des prix : «Où sont les contrôleurs ?», s’exclame t-il. Notre interlocuteur a, de même précisé que les prix de références établis pour certains légumes et viandes, à l’occasion du Ramadhan, constituent une mesure efficace contre la spéculation à condition qu’elle soit rigoureusement appliquée, a-t-il révélé. Interrogés à propos de la création du conseil national consultatif pour la promotion des exportations hors-hydrocarbures, certains citoyens apostrophés ne comprennent pas le choix des pouvoirs publics à la veille du Ramadhan pour la création de ce conseil, alors que le marché local n’a pas atteint le seuil de la suffisance, outre que le marché local est sous la pression des spéculateurs et des acteurs de l’informel, principaux facteurs de l’instabilité des prix des produits de large consommation.

Mehdi Isikioune

Source : lecourrier-dalgerie

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