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Benflis détaille ses chantiers prioritaires

De nos envoyés spéciaux à Chlef et à Adrar, Mohamed Kebci et Samir Sid
Pour Ali Benflis, le peuple algérien a toutes les raisons de la rupture avec la gouvernance prévalant jusqu’ici dans le pays, reconnaissant toute la difficulté à rétablir la confiance perdue entre les gouvernants et le peuple. Le candidat à l’élection présidentielle du 22 décembre prochain, qui animait, hier mercredi, dans  la matinée, à Chlef, son sixième meeting électoral, est, une nouvelle fois, revenu sur le programme qu’il dira n’avoir pas élaboré en deux jours. Cela, pour l’avoir entamé au lendemain de son départ du pouvoir pour divergences profondes avec le Président déchu.

Pour expliquer sa participation à ce scrutin et expliquer davantage son programme électoral, un programme qu’il dira n’avoir pas expédié en deux jours pour l’avoir entamé une fois quitté le pouvoir des suites de divergences de fond avec le Président déchu.
Pour le président des Avant-gardes des libertés, son programme, qui a pour axe principal la sincérité avec laquelle, selon lui, les grandes nations se construisent, brasse tous les volets. Notamment l’agriculture dont la wilaya de Chlef détient des atouts indéniables. Seulement, regrettera le candidat, le clientélisme et la corruption ont prévalu dans les opérations de cession du foncier agricole, l’octroi des crédits et l’accompagnement. Et de promettre de faire de Chlef, réputée pour notamment ses fruits et légumes, un pôle agricole d’excellence.

Le candidat, qui s’exprimait devant un large auditoire au niveau du Centre culturel islamique, s’il reconnaît la complexité des crises politique, économique et sociale qu’endure le pays, ne s’y résigne toutefois pas. Il s’engage à régler les petits problèmes en une dizaine de jours et les grands maux en six mois, déclinera les idées phares de sa feuille de route de sortir de crise. Partage de prérogatives entre le président de la République et le chef du gouvernement qui sera l’émanation de la volonté populaire, commission indépendante dédiée aux droits de l’Homme, révision de la loi sur les partis et de celle portant régime électoral, indépendance de la justice et des médias, tels sont les axes sur lesquels Benflis s’engage à se pencher, si jamais il venait à être élu. Autant de mesures qui pourraient combler le déficit, voire l’absence de confiance entre les gouvernants et le peuple.  Une rupture de confiance dont le rétablissement ne sera pas chose aisée, tant les massacres de la gouvernance prévalant jusqu’ici sont incommensurables. Une sorte de défi que le président des Avant-gardes des libertés s’engage à honorer. Et de tresser, une fois encore, des lauriers au mouvement citoyen en cours dans le pays depuis le 22 février écoulé, et qui a, selon lui, libéré tout le monde.

Rappelant avoir refusé de prendre part aux élections avortées du 28 avril et du 4 juillet écoulés pour défaut de mécanismes de garantie de la régularité des élections, Benflis rappellera également sa non-participation à l’élection présidentielle de 2009 qui ont, selon lui, ouvert la porte au troisième mandat de la catastrophe pour le Président déchu.
Benflis s’engagera également à lancer de larges concertations avec les diverses franges de la société, citant, entre autres, les personnes aux besoins spécifiques ou encore ceux qui se sont engagés aux côtés des divers corps de sécurité et de l’armée dans la sauvegarde de la République du péril terroriste durant la décennie noire, pour trouver ensemble des solutions à leurs préoccupations. Il refusera, à ce propos, de faire dans les fausses promesses, s’en tenant à la sincérité qui a, de tout temps, guidé son action.
Le président du parti des Avant-gardes des libertés devait animer son huitième meeting en fin de journée dans la lointaine wilaya d’Adrar.

À Adrar où il a animé son second meeting en fin de journée, le candidat Benflis a mis le doigt sur les atouts de cette wilaya , dont la superficie dépasse de loin celles de bien de pays développés. Des capacités culturelles, touristiques et agricoles inexploitées, dénonçant la marginalisation dont est victime cette wilaya dont l’esprit de résistance de ses habitants a fait que les autorités coloniales n’ont pu s’y installer que tardivement. Sauf que, pour remédier à tous ces manques, le président du parti des Avant-gardes des libertés insistera sur la résolution de la problématique politique qui constitue, expliquera-t-il, l’urgence des urgences.

Depuis 2011, le pays est sans Président, ce qui est anormal, promettant l’instauration d’un Etat démocratique à travers des élections transparentes qui aboutiront à des institutions légitimes qui seront les serviteurs du peuple. Un Président légitime qui installera un gouvernement d’ouverture à l’issue d’un dialogue auquel seront associés tous les partis, y compris ceux ne participant pas au prochain scrutin présidentiel. Benflis, qui s’exprimait au niveau du palais de la culture Belhocine-Abderrahmane, proposera aussi à ce que le Conseil de la Nation se mue en conseil des régions qui prendra en charge les préoccupations à même de remédier au déséquilibre entre les régions, avec mutation du Conseil constitutionnel en cour constitutionnelle. Pour lui, ces manques, ces carences et cette marginalisation dont souffrent notamment les wilayas du Sud ne constituent point une fatalité.

Des solutions existent, citant sa proposition de la nomination d’une dizaine de walis issus de cette région, pour rompre avec la marginalisation des cadres de la région, ou encore l’idée de la mise en place d’un pôle dédié à l’énergie solaire et aux énergies renouvelables.  Pour son cinquième jour de campagne électorale, Benflis sera aujourd’hui,  jeudi, d’abord à Tiaret, dans la matinée, avant de se rendre, en fin de journée, à Biskra.

M. K.

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