BOUALEM AMOURA à PROPOS DES MESURES DE SÉCURISATION DU BAC : «Il faut plutôt une refonte radicale de l’examen»

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Selon le SG du Syndicat national des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF), Boualem Amoura, toutes les mesures draconiennes qui sont mises en place pour sécuriser l’examen du Baccalauréat laissent croire que « nous nous préparons à faire la guerre », allusion faite, notamment à l’installation de brouilleurs dans les centres de l’ONEC par le MDN. Pour le syndicaliste, seule la refonte radicale de cet examen permettrai de lutter définitivement contre la fraude.
Contacté hier Amoura s’est dit étonné de constater cette année l’implication du ministère de la Défense nationale dans le processus de sécurisation des examens nationaux dont celui du Baccalauréat. «Cela donne l’impression d’être en état de guerre » a-t-il regretté, estimant que le recours à l’aide du MDN en installant des brouilleurs dans les centres régionaux de l’Office nationale des examens et concours, signifierait l’existence d’une absence totale de confiance entre le ministère de l’Éducation et de ses cadres. Selon Amoura, «le MEN reconnaît en quelque sorte en recourant à cette mesure qu’il a fait un mauvais choix des encadreurs, et craint des dépassements pouvant entacher les prochaines épreuves». Comme solution, notre interlocuteur propose de rétablir d’abord cette confiance perdue entre les fonctionnaires du secteur et le ministère et revoir techniquement les critères de désignations de ces personnes. Et comme solution radicale contre la fraude, le secrétaire général du SATEF a insisté sur la nécessité de réformer l’examen du Baccalauréat, revoir la durée de la tenue des épreuves, le contenu des sujets qui doivent être basés sur l’analyse, la compréhension, et l’intelligence au lieu du parcoeurisme, et enfin en finir avec les deux sujets au choix qui font perdre du temps et de la concentration aux candidats.
Il a rappelé, à ce propos, que ce dossier a été ouvert en 2015 jusqu’à 2016 et a été sanctionné par des propositions et un consensus, mais le manque de volonté politique a fait que l’application des propositions soit remise aux calendes grecques. Pour rappel, le ministre de l’Éducation nationale, Abdelhakim Belabed, a fait savoir, mardi, que le ministère de la Défense nationale a fourni et équipé les annexes de l’Onec de brouilleurs sophistiqués en vue de lutter contre toute tentative de fuite de sujets par voie électronique. Le ministre avait précisé également que les annexes de l’Onec à Batna et Alger se chargeaient de l’impression de sujets du Baccalauréat. Tandis que les sept autres annexes prendront en charge l’impression de sujets des épreuves du Brevet de l’enseignement moyen (BEM) et de 5e année primaire. Évoquant les mesures initiées par son secteur en coordination avec d’autres secteurs à l’effet de réprimer la fraude durant le Baccalauréat, Belabed avait souligné que « les responsables du secteur sont en passe de réfléchir à reformuler les questions des épreuves du Baccalauréat de façon à permettre aux candidats de ne pas chercher des réponses ailleurs. Il avait affirmé que ce genre de mesures coercitives de lutte contre la fraude ont démontré leur efficacité et permis de réaliser des résultats positifs ces dernières années, notamment avec la création de l’Organe national de prévention et de lutte contre les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication relevant du ministère de la Justice, doté des moyens juridiques et réglementaires nécessaires. Il avait insisté, d’autre part, sur l’importance de dissuader le candidat au Baccalauréat de recourir à la fraude électronique, dont les conséquences sont déplorables (exclusion pour une durée de cinq ans pour les candidats scolarisés et dix ans pour les candidats libres), déplorant, en outre, la complicité de certains centres d’examens dans la diffusion et la distribution des sujets immédiatement après l’ouverture des plis des sujets.
Ania Nait Chalal

Source : lecourrier-dalgerie

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