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Bouteflika met fin aux fonctions de Tebboune au Gouvernement : Ouyahia fait son come-back

Le président Bouteflika a mis fin, hier, aux fonctions d’Abdelmadjid Tebboune à la tête du gouvernement, selon un communiqué de la présidence de la République. Le chef de l’État a fait appel à Ahmed Ouyahia pour remplacer l’homme, à l’origine d’une polémique inédite pour avoir pris pour cible l’UGTA et le Patronat, de surcroît deux partenaires socioéconomiques clés du gouvernement. Et, pas que cela… Oser qualifier de fait-surprise, le limogeage du désormais ex- Premier ministre relève d’une fausse lecture des événements en série qui se sont succédé, il y a quelques semaines. Pour ne pas dire une conduite pas trop séante des affaires de la chefferie du gouvernement, pour un Premier ministre chargé par le Président d’élaborer une feuille de route qui sied le mieux à l’état actuel des choses. Autrement dit, répondre par une action qui va dans le sens de sortir le pays des affres de la crise, en tenant compte des enjeux internes et externes en cours, des réalités du pays, mais surtout des acteurs de la vie publique en exercice. Or, aussi paradoxal que cela puisse paraître, et mine de rien, Tebboune croit pouvoir mener le bateau Algérie en solitaire, alors qu’il devait garder en mémoire qu’il était nommé par Bouteflika. Lequel chef de l’État attendait de lui le strict respect de l’Exécution des clauses de son programme. En l’espace de moins de trois mois de règne au gouvernement, Tebboune a réussi à faire des deux partenaires socioéconomiques, l’UGTA et le Patronat, deux ennemis à abattre. Lorsqu’il a présenté son plan d’action devant le Parlement, Tebboune en avait surpris plus d’un en déclarant la guerre aux «hommes d’affaires» au moment où le pays a besoin de relancer la machine économique à travers les investissements productifs pour s’affranchir de la crise financière. Il aura fallu que le chef de l’Etat intervienne pour le «rappeler à l’ordre» et le «recadrer» de façon ferme et d’appeler à mettre fin aux hostilités avec les chefs d’entreprise et les partenaires sociaux. Sinon, comment prétendre traduire sur le terrain le Pacte national économique et social pour la croissance tout en engageant un bras de fer avec ses cosignataires ? Autre chose dont s’est rendu coupable Tebboune, ses vacances annoncées «officiellement» à la Côté d’Azur (sud de la France), alors que son périple de villégiature l’a conduit jusqu’en Turquie avant d’atteindre la République de Moldavie. Le tout à l’insu de la Présidence et du département des Affaires étrangères. En tout état de cause, la nomination d’un Ouyahia, dont tout le monde reconnaît la stature d’homme des «situations de crise» et au-delà de celle d’un homme d’État, n’est pas le fait du hasard. Au contraire de son désormais prédécesseur, le fraîchement nommé Premier ministre s’avère d’une politique pragmatique. On se rappelle de sa dernière sortie à propos de la crise migratoire. En effet, en parallèle à un Tebboune qui promettait «un statut de réfugié» aux migrants clandestins que d’aucuns ont qualifié de discours «populiste», Ouyahia a évacué la question d’un revers de main, en mettant en avant la priorité de la sécurité nationale dans le traitement de ce dossier épineux. Pour le reste, et à chaque fois qu’il est appelé à occuper des hautes responsabilités au sein de l’État à la tête du gouvernement, le patron du RND répondait toujours présent. Ainsi, et au-delà d’une mission d’apparence difficile, Ouyahia est appelé à opérer sur plusieurs fronts. Ainsi, la rentrée sociale, les élections locales, pour n’en citer que les dossiers immédiats, sont des priorités sur lesquels devra s’attaquer le nouveau arrivé au Palais du gouvernement.

Farid Guellil

Source : lecourrier-dalgerie

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