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Bras de fer UGTA-Hasbellaoui : Le Syndicat des sages-femmes pose ses conditions

Le Syndicat national des sages-femmes de l’UGTA demande la création d’un conseil de l’ordre et de l’éthique pour les sages-femmes, ainsi que la révision du statut particulier de la profession.

C’est ce qui ressort de la réunion, organisée lundi dernier, laquelle était consacrée à l’examen des conditions socioprofessionnelles de cette catégorie de la corporation médicale. En effet, actualité oblige, les syndicalistes ont demandé la libération du personnel médical mis sous les verrous, au lendemain de la mort d’une parturiente et son bébé à Djelfa. Le syndicat national des sages-femmes n’a pas hésité à dénoncer les conditions précaires de travail, tout en faisant part des risques que les sages-femmes encourent chaque jour en exerçant leur métier. Selon un témoignage recueilli auprès d’une femme du métier qui travaille à l’hôpital de Beni Messous, les sages-femmes en Algérie sont désocialisées de toutes parts: «des centaines de sages-femmes sont poursuivies en justice pour diverses raisons sans qu’elles soient soutenues ou encadrées, sans parler du nombre important d’accouchements enregistrés chaque année, qui est loin de répondre aux normes fixées par l’OMS», a-t-elle témoigné au cours d’une conversation téléphonique. Ajoutant : «la fonction de sage-femme doit être classée dans le cadre de la protection et de la promotion de la santé au regard de sa compétence médicale reconnue, car aider des femmes à donner naissance à des nouveaux-nés n’est pas facile comme beaucoup de personnes pensent», a-t-elle affirmé. Pour revenir aux revendications des sages-femmes, et compte tenu d’un secteur qui baigne, comme tout le monde le sait, dans l’anarchie, les syndicalistes exigent aussi la révision des dispositions transitoires d’intégration pour cette catégorie de fonctionnaires et le rétablissement des tâches annulées. Ainsi, le syndicat national des sages-femmes et la fédération de la santé ont mis l’accent sur le manque d’encadrement et de formation et les difficultés rencontrées dans l’exercice de cette profession sensible. «La sage-femme ne se contente pas d’accomplir uniquement son travail. Mais, elle s’occupe presque de tout, notamment au niveau des maternités où l’absence de médecins, voire même parfois de gynécologues, fait monnaie courante», a dénoncé notre interlocutrice. Dans leur plate-forme de revendications les sages-femmes demandent la révision de leur statut et la définition des tâches et des compétences, adressant un appel au ministre de la Santé, l’invitant à renoncer à sa décision de se constituer partie civile dans l’affaire du drame de Djelfa. Elles réclament des conditions de travail décentes. Elles demandent une protection juridique pour cette catégorie du personnel de la santé. Elles exigent également la réparation du « préjudice causé par la campagne de dénigrement menée contre les sages-femmes à travers certains médias». En outre, elles exigent la libération immédiate de leurs collègues mises en détention provisoire jusqu’à la fin de l’enquête menée dans ce cadre. «Notre profession est marginalisée depuis des années. Elle doit être présente dans les différents départements de gestion, Conseil d’administration, Conseil médical et autres…», a souligné la sage-femme qui dispose d’un capital de plus de 23 ans de service. Autrement, une femme qui connaisse suffisamment le milieu dans lequel se développe la profession. « Je le redis et le répète, les sages-femmes travaillent dans des conditions déplorables. Parfois, on est obligées de faire le travail des autres pour soulager les parturientes et leurs bébés. On souffre en silence et on assiste impuissantes à ce qui s’y passe», a-t-elle regretté. Outre la demande de libération du personnel médical mis en cause dans l’affaire de la parturiente de Djelfa, le syndicat exige la prise en charge des doléances soulevées « à maintes reprises», et lesquelles demeurent en suspens depuis des années. À l’approche d’une rentrée sociale qui s’annonce bouillonnante, les sages-femmes menacent de recourir à d’autres «actions musclées» si d’ici là leurs doléances ne sont pas prises en charge.
Mohamed Wali

Source : lecourrier-dalgerie

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