19e vendredi de mobilisation populaire : Les Algériens toujours déterminés

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A bien voir le déroulement des marches, hier, dans de nombreuses villes du pays, force est de constater que les Algériens refusent de solder la question de l’unité et sont revenus à la charge, notamment en raison des arrestations opérées lors du 18e vendredi et des chefs d’accusation qui ont suivi et qui ont été critiqués par le mouvement associatif.

Dernière répétition avant le vendredi du 5 juillet ? La question mérite d’être posée à voir le niveau de mobilisation des Algériens, hier, lors du 19 ème vendredi de manifestations populaires. Les citoyens étaient plus nombreux que le précédent vendredi. A Alger, il était indéniable que les Algérois ont voulu massivement marquer leur présence sur l’espace public et affirmer clairement et distinctement leur désir de démocratie et leur lutte pacifique pour une nouvelle République. Mais plus encore, de nombreux manifestants approchés par Ouest Tribune, disent être sortis pour condamner les arrestations opérées lors du 18e vendredi. Il semble donc que la mobilisation, loin de faiblir, trouve son carburant dans la réaction des institutions du pays, notamment la Justice et les services de l’ordre. Ces derniers sont, en effet, passés à un autre stade dans la gestion des marches, notamment à Alger. Il semble donc que la marche d’hier n’est, ni plus, ni moins qu’une réponse des Algériens et une volonté d’affirmer la souveraineté du peuple sur toutes les instances de l’Etat. Il convient de relever, à ce propos, la réclamation par les marcheurs de l’activation, au plus tôt, de l’article 7 de la Constitution. L’allusion est on ne peut plus clair et la colère pacifique des Algériens a traduit, hier, peut être pour la première fois, depuis le début du mouvement populaire, une nette baisse de confiance à l’endroit des institutions de la République. Les marcheurs étaient, en effet, très déterminés à montrer leur insatisfaction de la gestion des manifestations par les forces de l’ordre et l’institution judiciaire. L’affaire des emblèmes est, à ce propos, loin d’être évacuée par les manifestants qui, comme la semaine dernière, ont fortement mis en avant l’unité de la Nation dans sa diversité culturelle. Les Algériens des quatre coins du pays ont, encore une fois, rappelé leur attachement aux constantes nationales et montré une très belle image d’un peuple uni et fier de son passé révolutionnaire et plusieurs fois millénaire. A bien voir le déroulement des marches, hier, dans de nombreuses villes du pays, force est de constater que les Algériens refusent de solder la question de l’unité et sont revenus à la charge, notamment en raison des arrestations opérées lors du 18e vendredi et des chefs d’accusation qui ont suivi et qui ont été critiqués par le mouvement associatif. Cela pour dire que le 19 e vendredi n’aura pas été festif, mais emprunt d’une grande détermination à faire aboutir les revendications de la révolution pacifique.
A quelques jours de l’anniversaire de l’indépendance du pays et au moment où les initiatives partisanes se font présentes sur la scène politique, les Algériens n’entendent pas laisser la main aux professionnels de la politique et poursuivent leur pression sur les tenants du pouvoir, ainsi que sur les acteurs de la scène nationale. Dans les marches d’hier, l’on n’a pas vu l’impact des initiatives de dialogue, ce qui n’est visiblement pas de bon augure. Le risque d’une scission définitive entre la société et la classe politique inquiète les observateurs de la scène nationale qui ne voient pas d’un bon œil l’étirement d’une crise, dont on ne voit toujours pas le bout…
Anissa Mesdouf 

Source : ouestribune-dz

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