20E MARCHE DE LA COMMUNAUTÉ ESTUDIANTINE : «Libérez les détenus, la justice, la presse et…l’Algérie !»

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Pas de répit pour la communauté estudiantine à travers le pays depuis le 26 février dernier, jour de leur première marche nationale. Hier, les étudiants et enseignants ont renoué avec la protestation pour marquer le 20e rendez-vous national de marche et de rassemblement pacifiques. Pour une 20e semaine de suite, ils ont battu le pavé des rues des villes du pays, simultanément, pour exiger un changement politique profond et l’édification d’un État de droit.

«Le peuple réclame son article 7 !»
Comme ils l’avaient promis la veille à travers les réseaux sociaux, les étudiants de la Capitale sont venus par milliers, pour marquer le 20e mardi estudiantin. Ils ont marché en masse à l’occasion. La foule n’a cessé de s’élargir au fur et à mesure que les marcheurs avancaient de la Place des Martyrs jusqu’à la Place Maurice Audin. Les étudiants n’ont pas manqué de réajuster les slogans scandés à l’occasion. Un hasard de calendrier a fait le reste puisque cette action de protestation coïncide avec la fin du mandat constitutionnel du chef de l’État par intérim, Abdelkader Bensalah.
Ainsi, les étudiants, déterminés à renouveler leur action de protestation jusqu’au changement réclamé,  ont clamé: « Sellemou l’mech3al, khellouha lecha3b (Passez le flambeau et laissez le pays au peuple) !», «La Bensalah, la Houkouma, echa3b houwa li yahkem melyouma (Dorénavant c’est le peuple qui décide) !», entre autres slogans.
Des slogans qui renvoient à l’application de l’article 7 de la Constitution qui stipule que « le peuple est la source de tout pouvoir.»
Dès le début de la manifestation à la Place des Martyrs, les étudiants ont scandé « Djazaïr horra dimocrataiya» et « État civil et non militaire !»

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Encore un appel à la libération des détenus
Comme ils l’ont fait durant leur 19e marche pacifique, les étudiants ont appelé « à la libération des détenus », notamment le Moudjahid Lakhdar Bouregâa.
«Le moudjahid et militant politique, Lakhdar Bouregâa, comparaîtra aujourd’hui devant la chambre d’accusation du tribunal d’Alger, et on espère qu’il sera libéré,» nous dira un étudiant rencontré au niveau de la Place Émir Abdelkader.
Et c’est à une autre étudiante de déclarer que les étudiants ne comptent pas quitter la rue du moment que les revendications populaires soulevés depuis le 22 février historique ne sont pas toutes satisfaites,» estimant que la libération immédiate des détenus lors des manifestations pacifiques sera perçue comme un premier pas pour reconstruire un climat de confiance afin d’aller au dialogue. »
Pour leur acte 20, les étudiants se sont mieux organisés. Ils ont défilé hier avec de nouvelles pancartes, vert et rouge. Sur ces dernières on pouvait lire « Non à la justice du téléphone », « Pour une presse libre », « Non au racisme » et « Non à l’injustice. »
Les enseignants issus des différents établissements universitaires de la Capitale n’ont pas raté le rendez-vous d’hier. Ils sont venus appuyer les étudiants durant leur marche pacifique, et scandaient «Allez c’est bon, nos jeunes sont Président !»
L’effigie du martyr Taleb Abderrahmane flottait toujours à la tête du cortège, pour « rendre hommage à cet étudiant qui a consacré sa vie afin de lutter pour Indépendance de l’Algérie », nous a indiqué son porteur. Poursuivant, il nous promet que «la mobilisation de ce mardi est loin d’ètre la dernière même si c’est aujourd’hui (hier) le dernier jour avant les vacances universitaires de fin d’année.»

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Le Forum national pour le dialogue ne fait pas recette
Plusieurs étudiants rencontrés sur place, hier,  ont tenu à déplorer l’absence de débat lors de la conférence nationale du dialogue, tenue samedi dernier à  Alger, qui a vu les interventions de chefs de partis politiques, constatant « l’&absence de discussions et d’échanges » alors que la rencontre a enregistré la présence de près de 800 participants, considérant  que ce conclave  du pôle des forces du changement « a été très loin  d’un véritable  dialogue et  concertation.»

Après le drapeau amazigh, chasse aux pancartes
Aprés le scénario des interventions musclées des forces de l’ordre contre l’emblème amazigh, lors des dernières marches de mardi, comme celles des vendredis, les éléments de la police ont confisqué une grande banderole devant le lycée «Pasteur», comme nous l’avions constaté de visu sur les lieux. Sur cet étendard ont pouvait lire : « Contre la mafia politico-financière !» L’intervention a provoqué une bousculade entre policiers en civil et étudiants. Il y a lieu de noter, également, que la marée humaine des étudiants a déferlé au cœur de la Capitale, en présence d’un important dispositif sécuritaire, posté tout au long de l’itinéraire de la marche. Notamment de la Place des Martyrs jusqu’à la Place Maurice Audin.
Mohamed Amrouni

Source : lecourrier-dalgerie

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