6ème symposium de l’industrie du gaz : Quel avenir pour l’exploitation du Gaz de Schiste en Algérie?

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Le gaz de schiste est un produit qui a contribué énormément à la modification du contexte énergétique mondial notamment gazier, mais plusieurs questions se posent quant à sa future exploitation en Algérie, surtout avec l’opposition de la part de la population dans le sud à cause des risques écologiques qui accompagnent l’opération de fracturation hydraulique sur l’environnement et la nappe phréatique.

Rencontré en marge du 6ème symposium sur l’industrie du gaz organisé au Centre de conventions d’Oran, M. Boukhlifa Khaled ancien directeur général au sein du ministère de l’énergie, a expliqué que la technologie évolue très vite notamment en matière digitalisation a permis aux Américains de réduire les coûts au moins de 30%.
«Les Américains, grâce au gaz de schiste, sont les premiers producteurs au monde et ils vont dans 5 ans dépasser le Qatar en terme de production du GNL» précise-t-il. A propos de l’Algérie, notre interlocuteur a expliqué que l’Algérie a un besoin énergétique et une population qui grandit, le gaz conventionnel qui diminue d’année en année, «il faudra assurer la sécurité énergétique du pays à long terme, c’est pour cela l’Algérie a besoin de regarder toutes les énergies notamment les énergies renouvelables à condition d’avoir les ressources humaines et financières nécessaires» affirme-t-il.
Concernant l’exploitation du gaz du schiste en Algérie, cette dernière ne sera pas à court terme selon l’avis de cet expert, «si on se projette au moyen et long terme, je pense que la technologie va évaluer, peut-être que d’ici 10 ans aura une nouvelle technologie» précise M. Boukhalfa. Selon notre interlocuteur, l’Algérie n’a pas le choix comme les ressources de ce gaz non conventionnel sont énormes, «nous ne pouvons pas nous détourner de cette ressource, ont été classés comme 3ème au monde en réserves techniquement récupérables en gaz de schiste. Même dans le pétrole de schiste, les récentes études ont révélé que nous sommes à la 7ème place au niveau mondial, nous pouvons récupérer jusqu’à 16 milliards de barils, soit l’équivalent des puits de Hassi Messaoud. Mais selon l’avis de M. Boukhalfa, d’un côté, que le pays ne pouvait pas développer le gaz de schiste au détriment de la population et d’un autre côté, on n’a pas le droit de faire des évaluations de cette énergie.
«Le gaz de schiste existe dans plusieurs zones, il faut évaluer et rester en veille». L’exploitation du gaz de schiste n’est pas une tâche facile, «il y a un problème de logistique énorme, c’est des milliers d’appareils qui doivent être importés, avec quel argent on va importer ces appareils ? Il faut penser à terme à l’industrialisation des appareils» ajoute-t-il. Notons, que l’Algérie détient les troisièmes réserves mondiales de gaz de schiste, techniquement récupérables, selon une étude de l’Agence américaine d’information en énergie (EIA), la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et l’investissement estime les ressources techniquement récupérables mondiales de gaz de schiste à environ 7.566,6 trillions de pieds cubes (soit environ 214,5 trillions de mètres cubes).
Ces volumes représentent environ 61 ans de la consommation mondiale au rythme de 2016. Selon les mêmes données, les dix premiers pays détenteurs des RTR (Ressources techniquement récupérables) de gaz de schiste par ordre décroissant, sont la Chine, l’Argentine, l’Algérie, les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, l’Australie, l’Afrique du Sud, la Fédération de Russie et le Brésil. Environ la moitié des ressources mondiales se trouve en Algérie, en Argentine, au Canada, en Chine et aux Etats-Unis.
Fethi Mohamed

Source : ouestribune-dz

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