À TRAVERS UNE «AUTO-ORGANISATION» DE LA BASE : Les FAD appellent le peuple à s’engager dans «un processus constituant souverain»

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Les forces de l’alternative démocratique (FAD) ont appelé, avant-hier à Alger, le peuple algérien à s’engager dans un processus constituant souverain, à travers une «auto-organisation» au sein des structures et des comités de base à l’échelle nationale. En revanche, les FAD rejettent, de fond en comble, l’agenda de la présidentielle «que veut imposer le pouvoir».

En effet, après le refus des autorités d’autoriser la salle de la Safex, les forces de l’alternative ont tenu leur convention nationale du pacte politique au siège du RCD, à El Biar, en présence de 170 participants : «partis, société civile, universitaires, représentants du mouvement, jeunes, étudiants». Selon les déclarations des initiateurs, c’est dans ce contexte que l’alternative s’est engagée déterminée à « travailler dans un cadre inclusif en demeurant ouverte à tout le peuple et les acteurs de la société» précise-t-elle dans la résolution finale sanctionnant les travaux de la convention.
Cependant, lors de cette convention, les FAD ont appelé les Algériens à s’engager dans un processus constituant souverain, à travers l’ «auto_organisation» au sein des structures et des comités de base à l’échelle nationale. Cet appel a pour objectif de donner, selon les sept partis(le RCD, le FFS, le Pt, le MDS, le PST, le UCP, le PLD plus LADDH), «la parole au peuple pour qu’il puisse choisir librement la forme et le contenu des institutions à mettre en place», afin qu’il estime à même de «répondre a ses revendications et ses attentes dans tous les domaines» explique l’alternative. Ainsi les participants à la convention ont appelé le peuple à se regrouper autour de son initiative et à se saisir des instruments de son autodétermination afin de «changer le régime en place». En réitérant «leurs refus de l’agenda de la présidentielle».

Attachement à une transition démocratique
À ce propos, les FAD ont affirmé leur attachement à une période de transition «l’esprit d’adaptation des lois, des institutions et de l’État aux exigences de la souveraineté du peuple algérien constituera le travail de base qui assurera la période de transition démocratique. Elle constituera une étape de refondation, ayant pour vocation de traduire la volonté du peuple» indiquent-ils.
C’est pour cela que l’alternative a affirmé, dans son pacte politique, que la revendication du changement vers un État de droit fondé sur une légitimité démocratique s’appuyant sur la souveraineté du peuple, exige un «nouveau climat politique, incompatible avec les propositions du pouvoir actuel». En appelant à l’ouverture « immédiate d’une phase de transition démocratique où les affaires de l’État seront dirigées dans un nouvel esprit à travers un processus constituant souverain ». Ce dernier sera, selon les FAD, « ajusté aux aspirations démocratiques et sociales indicateur pour avancer dans la nouvelle phase ».
Les participants aux travaux de la convention ont estimé que le «modus vivendi Républicain offrira une opportunité de débat national en vue d’aller vers une conférence nationale qui sera organisée par l’ensemble des acteurs de la société pour esquisser les contours d’une transition démocratique».
Dans le même sujet et après avoir rappelé qu’ils conservent le pacte du 26 juin dernier, Les forces de l’Alternative, ont mis en avant leur attachement «au départ des symboles du régime», appelant à la constitution «d’une justice indépendante» et à l’adaptation «des lois et des institutions avec les revendications populaires». Le processus constitutif, préconisé par cette coalition, repose sur l’unité nationale, les libertés sous toutes leurs formes, le rejet de toutes formes d’intervention étrangère, la concrétisation de l’équilibre des pouvoirs et la non utilisation de la Religion, du patrimoine et des symboles de la nation à des fins politiques.
Dans ce cadre, les forces de l’alternative appellent à la concrétisation de l’alternance au pouvoir, à des élections régulières, à la mise en place des mécanismes de contrôle populaire sur les élus, à l’égalité entre tous les citoyens et à l’annulation de toutes les lois discriminatoires entre les deux sexes.
Sarah Oubraham

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LA QUESTION REÇOIT L’UNANIMITÉ DES INTERVENANTS
Possibilité d’élargir le pacte des FAD
Selon les déclarations des participants à la convention nationale du pacte politique des forces de l’alternative démocratique, surtout celle de la société civile, et après que les initiateurs de cette rencontre ont affirmé dans leur résolution finale, leur ouverture de travailler ouvertement et dans un cadre inclusif avec tous les porteurs d’initiatives qui permet de sortir de la crise actuelle. Il y a une très forte possibilité que ce dernier (les FAD) soit élargi à d’autres partis et personnalités de la société civile et des forces du changement.

LADDH : «C’est le moment de travailler sur les alliances»
Saïd Salhi, vice-président de la LADDH, a affirmé lors de son intervention avant-hier, qu’il est temps de travailler sur les «alliances» entre les différents acteurs de la société qui ont proposé des solutions de sortie de crise. «C’est le moment d’élargir cette force et dépasser nos divergences» affirme-t-il, en déclarant que des partis et des personnalités ont proposé de travailler ensemble pour trouver une solution commune de sortie de crise». Salhi a indiqué que cette alliance regroupe les différentes initiatives qui sont sur le terrain« la société civile réunie le 15 juin, les forces du changement rencontrées le 6 juillet et les forces de l’alternative démocratique». Pour cela le vice-président de la LADDH a affirmé qu’il y a «une possibilité de construire des compromis et de rapprocher les points de vues et les opinions». Parmi les points de convergence entre les trois initiatives, le membre de la société civile a cité entre autre «la transition et la rupture avec le système», insistant sur l’importance du dialogue pour réaliser cette «union».

Le RCD: «Le pays doit se donner une nouvelle Constitution»
Le président du RCD, Mohcine Belabbas, a dénoncé «la répression» des autorités après leur avoir refusé la tenue de la convention du pacte politique de l’alternative démocratique à la Safex d’Alger.
«Ils (tenants du pouvoir, ndlr) pensent nous décourager, ils croient nous amener à la résignation et ils veulent nous pousser au renoncement. Ils n’ont pas compris que le temps du désespoir et de la résignation est révolu.
Ils n’ont pas compris qu’une révolution est passée par là et qu’elle est toujours en cours», estime-t-il. «Ils n’ont pas compris que les Algériens défendront leurs libertés et leurs droits jusqu’à la victoire. Ils n’ont pas compris que de plus en plus les Algériens vont s’organiser dans les universités, sur les lieux de travail, dans le mouvement associatif, dans les partis politiques et dans la rue pour défendre leurs droits. Ils n’ont pas compris que la nouvelle Algérie est déjà en train de se mettre en place et que ce n’est pas avec les hommes du passé et du passif qu’elle se reconstruira », dit-il.
Par ailleurs, Belabbas a parlé des grandes lignes du nouveau système algérien qui trouvera ses fondements dans une nouvelle Constitution. «Le pays doit se donner une nouvelle Constitution. Une Constitution qui redéfinit l’organisation de l’État. Une constitution qui promeut un système politique fondé sur le multipartisme, l’élargissement des libertés et des droits humains, l’autonomie et l’équilibre des pouvoirs constituants avec comme objectif final : la garantie de l’alternance politique et démocratique au pouvoir. Une constitution qui garantit l’indépendance effective de la justice et qui place l’armée et les appareils sécuritaires sous contrôle démocratique», conclut-il.

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L’UNPEF : «Élargir l’alternative pour créer un seul front»
De son côté le président de l’UNPEF Sadek Dziri, a affirmé les déclarations Salhi, en annonçant que «dans les prochaines semaines une autre rencontre de concertation sera tenue entre les partis politiques, la société civile et les différentes personnalités » afin de trouver une solution de crise, et pourquoi pas « créer un seul front en élargissant l’alternative démocratique», nous a-t-il précisé. Aussi le syndicaliste de l’éducation nous a indiqué qu’une commission a été créée pour « rapprocher les points de vue des trois initiatives ».

Le FFS : Ce pacte «est un instrument pour réussir le changement»
Dans une brève intervention, Ali Laskri le coordinateur de l’instance présidentielle du FFS, a appelé le peuple et les participants au pacte de la convention nationale de l’alternative démocratique, à rester tolérants et fidèles aux principes de la déclaration du 1er novembre, et au congrès de la Soummam, ainsi qu’à la révolution pacifique du 22 février.
«Cependant le système doit comprendre que le peuple veut un État civil et non pas militaire et pour réussir cela il faut rester fidèle aussi aux institutions librement élues par le peuple». «Le peuple demande l’indépendance, le pacte politique de l’alternative est un vrai instrument pour réussir le changement, il faut rassembler les algériens autour de lui», affirme-t-il.
S. O.

1 COMMENTAIRE

  1. “la non utilisation de la Religion, du patrimoine et des symboles de la nation à des fins politiques”.?????
    Et Tamazight langue nationale?, Yennayer fête nationale?, le drapeau amazigh exhibé lors des manif politiques? C’est quoi ça? C’est pas le patrimoine, c’est pas des symboles? Vous vivez sur quelle planète les FAD? Vous représentez qui?
    Le RCD: «Le pays doit se donner une nouvelle Constitution»!
    Ok! Chiche!
    On fait passer les articles par référendum:
    L’arabe langue nationale? Référendum!
    Tamazight langue nationale? Référendum!
    L’Islam religion d’Etat? Référendum!
    Allez courage proposez!! Vous allez être surpris Messieurs du FAD!!!

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