APPEL AU DIALOGUE DE BENSALAH L’accueil favorable des forces du changement

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La dernière offre de dialogue du chef de l’Etat intérimaire semble trouver preneurs parmi, notamment, les forces du changement, pour le triomphe du choix du peuple.
M. Kebci – Alger (Le Soir) – Des acteurs qui l’ont signifié, hier samedi, à l’occasion du Forum national pour le dialogue organisé par ce conglomérat de forces politiques et de personnalités. Et de tous les intervenants, 18, lors de ce conclave boudé, faut-il le rappeler, par les Forces de l’alternative démocratique (RCD, FFS, PT, PST, MDS, PLD, UCP et Laddh) en sus de l’absence remarquée de Mouloud Hamrouche, Ahmed Benbitour, Sid-Ahmed Ghozali, Me Mustapha Bouchachi et Me Ali-Yahia Abdennour et de Djamila Bouhired, dont la participation a été pourtant annoncée en grande pompe, quelques jours avant, Ali Benflis a été le plus clair.
«A l’inverse de ses devanciers, le message à la Nation du 3 juillet courant introduit une certaine rupture avec le discours politique qui faisait la marque de fabrique du régime politique en place. Il a fait bouger quelques lignes dont il ne faut pas sous-estimer l’importance. Il a présenté une base certes encore incomplète, sur laquelle il est possible d’envisager une sortie de l’impasse actuelle», a, en effet, affirmé le président du parti des Avant-gardes des libertés. Et de « nommer » ces lignes, estimant que le régime politique en place a «renoncé à la mainmise sur la conduite et la gestion du dialogue national confiée, désormais, à un panel de « personnalités nationales crédibles, indépendantes, sans affiliation partisane et sans ambition « électorale », un régime politique qui, en sus, poursuit Benflis, «s’engage à ne pas être partie pressante au dialogue national et à observer la plus stricte neutralité tout au long du déroulement de ce processus».
Autre signe de « bonne volonté du pouvoir en place, cette fois-ci, ajoute encore l’ancien chef de gouvernement, le fait que «c’est au dialogue national, et à lui seul, qu’est confiée la double mission de mise en place de l’autorité ou de l’instance chargée de la préparation, de l’organisation, de la supervision et du contrôle de l’élection présidentielle et de l’amendement de la loi organique relative au régime électoral».
Des principales données de la nouvelle réalité politique que le dernier message à la Nation a créées et auxquelles Benflis a ajouté le fait que le dialogue national voit son mandat étendu aux «conditions à réunir pour garantir la crédibilité du scrutin », ce qui, selon lui, «inclut les conditions politiques dont le dialogue national jugera opportun et nécessaire de se saisir à l’effet de répondre aux attentes et aux demandes légitimes du peuple algérien». Pour sa part, le président du MSP a fustigé les partisans d’une période de transition devant être entamée par l’élection d’une Assemblée constituante pour la reconstruction de l’Etat, qualifiant cette démarche d’«irraisonnable» et de « non démocratique».
Pour Abderrezzak Makri, les «longues périodes de transition ont souvent débouché sur l’anarchie et l’émiettement, relevant que l’écrasante majorité s’en tient au respect du cadre constitutionnel».
L’orateur qui, au passage, a loué les «mérites historiques» de l’institution militaire dans ce qui fut réalisé depuis le début du mouvement populaire le 22 février écoulé, a mis l’accent sur la nécessité d’adopter des «mesures politiques à même de consacrer la véritable souveraineté populaire. Makri a également plaidé pour «l’enracinement de la démocratie après l’élection présidentielle».
Et si Abdallah Djaballah a estimé que le dialogue ne doit pas se focaliser sur la seule «instance indépendante d’organisation des élections», plaidant, dans la foulée, pour des mesures d’apaisement, dont la libération de tous les détenus d’opinion et la libération des champs politique et médiatique comme l’a souligné, par ailleurs, Sadek Dziri, au nom de la conférence nationale de la société civile, Soufiane Djilali soutient que «si le pouvoir actuel est sincère dans sa volonté d’aider au changement exigé par le peuple, tel qu’il le proclame, il doit remettre en liberté tous les détenus d’opinion». Pour le président de Jil Jadid, «il n’est pas possible de dialoguer alors que des jeunes et des moudjahidine sont en prison pour avoir participé à une manifestation, avoir arboré l’emblème amazigh ou même avoir critiqué les dirigeants du pays». Pour lui, «un tel pas est un préalable qui favorisera, à n’en pas douter, la mise en forme du dialogue», estimant «qu’il n’y a aujourd’hui, pour les tenants du régime, plus qu’une seule issue : organiser la passation de pouvoir au peuple».
Les dynamiques de la société civile pour le changement pacifique précisent, par ailleurs, «n’avoir pas pris part à ce forum pour lui conférer une quelconque légitimité ou cautionner sa feuille de route, mais juste pour passer leur message, au nom de la conférence nationale de la société civile du 15 juin, quant à la nécessité de tenir une rencontre unitaire et consensuelle de toutes les forces politiques et de la société civile».
M. K.

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