Appelant à la suppression de la règle 51/49 : Le président du FCE dresse un tableau peu reluisant de la situation économique

0

La crise actuelle que vit l’Algérie sur le plan politique depuis près de sept mois, n’est pas sans conséquences sur l’économie du pays et le climat des affaires.

L’absence pour l’instant d’une date de la tenue d’élections présidentielles, la poursuite judiciaire et l’incarcération dont faisaient l’objet plusieurs chefs d’entreprises et patrons d’importants groupes industriels, ont mis en suspens des pans entiers de l’activité économique du pays. Ce constat des plus inquiétants et l’absence d’une vision claire quant à l’avenir politique du pays, a été dressé hier par le président du Forum des Chefs d’entreprises (FCE), Mohamed Sami Agli, lors de son passage sur les ondes de la chaîne III de la Radio nationale.
Pour résumer un peu la situation liée à l’investissement et aux affaires, le remplaçant d’Ali Haddad à la tête du FCE, a estimé même que «la machine économique tourne au ralenti», faisant état d’une «inquiétude qui règne au sein du patronat».
«Je pense qu’il y a lieu aujourd’hui de s’inquiéter, puisque la communauté d’affaires, les chefs d’entreprises et les gens qui interviennent dans les différents métiers qui constituent le tissu économique du pays, sont complètement inquiets de la situation économique, une conséquence directe de ce qu’on est en train de vivre aujourd’hui; il y a quelque chose qui a freiné la relance de l’économie», a déploré M. Sami Agli.
Il a tenu ensuite à lister les secteurs les plus touchés, précisant que le BTPH vient en tête de ceux qui souffrent le plus. Il a estimé que le secteur du BTPH «est aujourd’hui sinistré; il y a le feu à la maison et il faut bouger pour ce secteur d’une manière spécifique». Il a affirmé également, qu’il y a lieu de s’inquiéter «d’une manière générale sur la situation économique», appelant «à prendre rapidement des décisions», a déclaré l’invité de la Radio nationale.
En outre, le tableau peu reluisant qu’il a dressé quant à la situation économique du pays, le président du FCE est invité à donner des solutions et mesures visant à soutenir l’entreprise, éviter sa faillite et la perte des postes d’emplois.
Dans ce cadre, M. Sami Agli a lancé un plaidoyer pour la mise en marche d’une nouvelle refonte du système économique algérien, appelant à la même occasion à «combattre dans l’immédiat la bureaucratie et débureaucratiser l’accompagnement des entreprises dans la concrétisation de leurs projets», a-t-il clamé.
Il a estimé que «la création d’une entreprise est un parcours d’un combattant, pleine d’embûches». «Aujourd’hui, créer une entreprise est compliqué; réaliser son projet est doublement compliqué; alors que, comme je le pense, il faut revenir au basique, à l’éthique», a-t-il affirmé, précisant que le droit de créer de la richesse à travers les entreprises est un droit constitutionnel. Il a dans ce sillage, appelé à libérer l’ensemble des bonnes initiatives visant la création de l’entreprise et à sa libération d’une manière plus globale, affirmant que «le poids de l’administration est un poids pesant dans la relance économique». Il a ainsi donné quelques exemples des démarches pleines de difficultés telles que la levée de fonds, la prise de décision.
«Les gens n’arrivent pas à décider; ils sont complètement paralysés parce que nous sommes en train de vivre, il y a une peur incroyable et la peur est aussi chez les entrepreneurs», a-t-il argumenté.
Pour lui, «quand un entrepreneur s’engage dans un processus d’investissement, il doit bien réfléchir sur la réussite du projet».
Il a estimé qu’il y a des investisseurs qui préfèrent geler leurs investissements en attendant de voir ce qui va se passer.
Enfin, le président du FCE a avancé quelques solutions pour relancer la reprise économique telles que «la suppression de la règle 51/49, la révision du régime de subvention et l’élargissement des consultations avec les entreprises avant l’élaboration des politiques économiques».
Samir Hamiche

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici