BOUKADOUM AUX DEUX PARLEMENTAIRES, EUROPEENNE ET FRANÇAISE : «L’Algérie refuse toute ingérence, civile ou politique»

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Le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a été hier d’une réponse sans ambages sur des sujets polémistes, récemment suscités par deux députés, l’une du Parlement européen et l’autre de l’Assemblée nationale française. D’emblée, le MAE rappelle la règle sacro-sainte de non-ingérence dans des pays tiers inscrite dans la doctrine diplomatique de l’Algérie.
Autrement dit, «le principe de non ingérence dans les affaires internes d’autrui était une règle inaliénable pour l’Algérie qui refuse toute ingérence dans ses affaires internes quel qu’en soit l’origine, s’agissant aussi bien d’une personne civile ou politique». Telle était la réplique de Boukadoum, faite hier en marge d’une rencontre à Alger sur la ZLECAF, à une question de la presse sur les déclarations d’une eurodéputée, affichant un soutien sans réserves aux Mouvement populaire et citoyen en Algérie.
Le 27 septembre, Marie Aréna, membre du Parti socialiste belge et députée au Parlement de l’UE, a publié un message vidéo sur son compte facebook pour proclamer, au nom de l’institution européenne, un soutien au peuple algérien et ses revendications. Ce manque de tact de l’un de ses membres a poussé, quelques jours plus tard, la Porte-parole du Parlement à intervenir en catastrophe pour limiter les dégâts. En effet, officiellement, il s’agissait de rectifier le tir. «L’UE suit avec beaucoup d’attention les développements en Algérie et a encouragé depuis le début les Algériens à œuvrer à une issue démocratique et pacifique dans un esprit de dialogue et de responsabilité. Nous maintenons cette ligne», a déclaré Maja Kocijancic, Porte-parole du service de l’UE de l’action extérieure.
Interrogé encore sur l’absence d’une réponse officielle à ce sujet, le MAE national n’en juge pas de l’utilité partant du fait que Alger ne pourrait répliquer à chaque déclaration émise à titre personnel fut-elle politique sur l’Algérie. «Les députés de l’Union européenne (UE) sont des centaines et le ministère ne peut répondre à toutes les déclarations sur l’Algérie qui sont de toutes les façons rejetées», répond Boukadoum, cité par l’APS, rappelant que «l’UE avait publié un communiqué où elle a rectifié quelque peu les propos de la parlementaire».
Autre question, toute aussi polémique, l’affaire de l’interpellation de la parlementaire française, Mathilde Panot, députée de la France insoumise, lors de la marche populaire de vendredi à Bejaia. Boukadoum a tenu à préciser qu’il «ne s’agit pas d’une arrestation», indiquant que «les manifestations de par le monde sont réservées aux citoyens du pays et non aux étrangers», comme réponse aux critiques de la députée française du parti dirigé par Jean-Luc Mélenchon.
Et au MAE de s‘interroger, comme pour renvoyer à la règle de réciprocité, pour savoir «quel serait le sort d’un citoyen, parlementaire ou politicien algérien interpellé lors d’une marche à l’étranger et quelle serait la réaction du pays hôte ?».
Enfin, le chef de la diplomatie nationale accuse l’action de l’élue de gauche à l’Assemblée française d’ingérence. «Elle est députée en France et non en Algérie, sa participation aux marches en Algérie pourrait être interprétée comme une ingérence étrangère et une atteinte à la souveraineté nationale», a déclaré Boukadoum.
Farid Guellil

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