CLIMAT DE TENSION AU TRIBUNAL DE SIDI M’HAMED : Le procès de Sellal et Ouyahia reporté pour demain

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Un climat de tension et de confusion et d’anarchie a régné, hier, au tribunal de Sidi M’hamed ou devait s’ouvrir le premier procès de corruption, relatif au dossier des concessionnaires automobiles, dans lequel sont impliqués les deux anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, des anciens membres du gouvernement, ainsi que des hommes d’affaires. Ce procès qui a finalement été reporté pour demain (4 décembre, Ndlr), a été marqué par le flux important de citoyens, venus voir les anciens Premiers ministres au banc des accusés.

Mais ces derniers sont restés sur leur faim, puisque l’accès à la salle d’audience a été impossible pour les citoyens et les journalistes venus couvrir ce procès historique. Pour le Collectif de la défense, qui a décidé de boycotter l’audience, «  les conditions nécessaires pour la tenue de ce procès n’étaient pas réunies ». « Le juge avait l’intention de continuer dans les procédures, avant que les avocats ne décident de se retirer et de ne pas poursuivre l’audience  », a déclaré Maître Nadjib Bitam. Pointant du doigt la « mauvaise organisation et l’exiguïté de la salle », Me Bitam a encore précisé que «  la majorité des avocats soutiennent l’idée de boycotter toutes les audiences jusqu’à après les élections présidentielles du 12 décembre prochain ». « Certes, ce n’est pas tous les avocats qui approuvent l’idée de reporter le procès, à l’après échéance électorale, essentiellement, ceux de la partie civile. Toutefois, à notre niveau on soutient la décision de la majorité », nous a déclaré Maître Bitam, qui n’exclut pas, donc, que ce procès soit reporté au-delà du 12 décembre.
« Il faut certainement attendre l’audience de demain, mais avant cela, les avocats de la défense, quel que soit le camp de chacun, ont dans leur majorité approuvé cette démarche », a-t-il rajouté.
Par ailleurs, relevant que « le parquet a demandé de jumeler les quatre dossiers des concessionnaires dans un unique dossier, et ce, avant que les avocats ne se constituent pour défendre  les accusés et surtout avant que le juge chargé de l’affaire ne procède à la vérification de la présence des prévenus », l’avocat a relevé que «  la question est au centre de « controverse juridique ».
« Ce n’est pas tout le monde qui acceptera que les quatre dossiers, soient jumelés », a-t-il argumenté.

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Sellini  dénonce une précipitation et des dépassements
Quant à lui, Me Abdelmadjid Sellini, bâtonnier de l’ordre des avocats d’Alger a annoncé l’intention des avocats de boycotter l’audience de demain, en raison «du viol des procédures », notamment l’article 177 de la Constitution qui stipule que c’est la Haute cour de l’état qui est en mesure de poursuivre le président de la République et les Premiers ministres pour les délits et les crimes qu’ils ont commis dans l’exercice de leurs fonctions. « Dans la période actuelle, marquée par la haine et les règlements de comptes, il est impossible de tenir un procès équitable », a-t-il dit en précisant que «  les avocats n’ont pas d’orientations politiques, mais leur souci est de défendre les droits de chacun ». « Le traitement des dossiers a été fait dans une précipitation inhabituelle. Les arrêts de renvoi et les procédures d’enrôlement de ces affaires sont irréguliers. L’enrôlement s’est fait en une semaine, alors que le Code de procédure prévoit un délai minimum de vingt jours. Les arrêts de renvois ont été pris tous le même jour et les avocats n’ont pas été informés », a relevé l’avocat. Me Sellini souligne aussi le fait que « la Constitution prévoit le jugement du président de la République ou du chef de Gouvernement par une Haute cour, or cette cour n’existe pas ». « Faute de haute cour, on les a ramenés à la basse-cour », a-t-il déploré.

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« Les montants de dilapidation de l’argent public donnent le tournis »
Pour sa part, Maître Zakaria Dahlouk, qui s’est constitué comme partie civile représentant le Trésor public, s’est contenté de révéler que « les montants de dilapidation de l’argent public, dans ces quatre dossiers donnent le tournis ».
Une autre avocate, présente dans le hall a, quant à elle, entamé une discussion  avec les citoyens présents et qui refusaient de quitter les lieux malgré l’interdiction d’accès à la salle. «  Les âmes sensibles ne peuvent lire ces dossiers de corruption. Elles finiront certainement par avoir une crise cardiaque », a-t-elle dit en se disant stupéfaite de l’ampleur de la corruption dans nos institutions.
à l’intérieur comme à l’extérieur du tribunal, l’ambiance est la même. La colère des citoyens n’ayant pas pu accéder à la salle se faisait sentir. Des bousculades, des cris et des évanouissements étaient là pour marquer le climat tendu. Les journalistes ont, quant à eux, protesté devant le bureau du procureur de la République pour dénoncer la violation du principe du procès public, mais en vain. Ni les cartes de presse, ni les ordres de mission ne leur ont permis d’avoir accès à la salle.
Le rendez-vous est, donc, donné pour demain, pour savoir si l’organisation sera meilleure, et qui permettra notamment l’ouverture de ce procès très attendu de l’opinion publique.
Lamia Boufassa

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