Confidentiel. Nouvelle Raffinerie de Hassi Messaoud : le silence de la commission des marchés de Sonatrach et l’ombre des Frihi

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La future raffinerie de Hassi Messaoud qui coûtera à Sonatrach plus de 3,8 milliards de dollars sera au coeur de la réunion de la commission des marchés de l’entreprise du groupe Sonatrach qui tarde à se réunir pour étudier les recours introduits par le groupement composé par les britanniques de Petrofac et les sud-coréens GS. Les deux partenaires contestent vigoureusement l’attribution provisoire de ce méga-marché au groupement Técnicas Reunidas/Samsung. Comme il a été révélé par Algérie Part, cette attribution n’obéit nullement aux critères fixés par le code des marchés publics en Algérie. Et elle suscite un énorme scandale dans les coulisses de Sonatrach au moment où la direction générale de la société nationale des hydrocarbures veut faire passer ce marché dans une totalité discrétion. Profitant de l’anarchie actuelle qui paralyse l’Etat algérien pour tirer de juteux profits, des lobbyistes privés exercent toutes leurs pressions sur Sonatrach pour accorder ce méga-marché public à Técnicas Reunidas/Samsung. 

Et pourtant, comme il a été révélé par Algérie Part dans ses précédentes révélations,  c’est bel et bien l’offre de Petrofac/GS est la moins-disante et la plus avantageuse pour l’Algérie. Les deux compagnies internationales attendent avec impatience le résultat de leur recours sur lequel la commission des marchés de Sonatrach ne veut toujours pas trancher. Selon nos investigations, pour écarter Petrofac/GS, Zane Faïz, Directeur central EPM, l’équivalent de la direction des projets, à Sonatrach et ses collaborateurs ont prétexté que ce groupement a fait une offre en Won, la monnaie sud-coréenne, qui ne serait pas reconnue ou acceptée par la Banque d’Algérie. Or, soulignent sources, Petrofac/GS ont affiché leur volonté de recourir à une autre devise pour conserver leur première position et remporter le marché  de la réalisation de la future raffinerie de Hassi Messaoud qui leur revient de droit puisque leur offre est la moins-disante. Une offre formulée dans le cadre d’un appel d’offres lancé le 13 novembre 2017. Il faut savoir que la réglementation algérienne prévoit la procédure visant à obtenir les offres de plusieurs soumissionnaires entrant en concurrence et à attribuer le marché, sans négociation, au soumissionnaire présentant l’offre jugée économiquement la plus avantageuse sur la base de critères de choix objectifs, établis préalablement au lancement de la procédure  (Décret présidentiel n° 15-247 du 16 septembre 2015).

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Or, la direction générale de Sonatrach veut à tout prix privilégier Técnicas Reunidas/Samsung allant jusqu’à violer les principes mêmes de la réglementation en vigueur dans notre pays qui préserve les deniers publics. Pourquoi un tel choix suicidaire ?  Selon nos investigations, des lobbyistes privés exercent des pressions pour inciter Sonatrach à confier la réalisation de la future raffinerie de Hassi Messaoud au groupement Técnicas Reunidas/Samsung. A la tête de ces lobbyistes, nous retrouvons le milliardaire Merounae Frihi, le cerveau de la fratrie Frihi, une puissante famille d’affaires étroitement liée aux enfants du chef d’Etat-Major de l’ANP, Ahmed Gaid Salah comme il avait révélé dans une enquête publiée par Algérie Part.

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Le milliardaire Merouane Frihi partage plusieurs intérêts commerciaux avec les espagnols de Técnicas Reunidas, a-t-on pu confirmer au cours de nos investigations. Et comme par hasard, le même homme d’affaires algérien est très proche de Zane Faïz, Directeur central EPM, le haut responsable de Sonatrach chargé avec son équipe de superviser le projet de la future raffinerie de Hassi Messaoud. Un autre détail troublant démontre l’influence des Frihi sur la prise de décision de l’actuelle direction générale de Sonatrach. La soeur de Merouane Frihi, Wahiba Frihi, travaille comme cadre dirigeante dans le même département géré par… Zane Faîz. Ce puzzle complexe indique enfin que ce méga-projet public risque d’être détourné de sa vocation par des prédateurs qui rôdent autour de l’argent public.

Algérie Part poursuit ses investigations et reviendra prochainement sur ce dossier avec de nouvelles révélations.

 

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