GRÈVE DES MAGISTRATS : Le MSP et FJD déplorent le recours à la force publique

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Contactés hier par “Le Courrier d’Algérie,” des responsables des deux formations, le MSP et FJD, ont déploré l’intervention des éléments de maintien de l’ordre public de la Gendarmerie nationale à l’intérieur de la Cour de Justice d’Oran suite à une action de protestation des magistrats grévistes, appelant à privilégier la sagesse et le dialogue pour arriver le plus rapidement à une issue à cette crise.

Abderrahmane Saïdi, cadre dirigeant du MSP :
“Personnellement, je déplore cet incident. Cela dit, il faut que les magistrats reviennent à la sagesse. Car eu égard à leur fonction et la stature de magistrat dans la société, il ne faut pas que le juge tombe dans des processus qui provoqueront l’utilisation de la force publique à leur encontre. Il faut que le magistrat respecte les limites autorisées par la loi et aussi qu’il respecte les limites légitimes de ses revendications à ne pas dépasser. Nous regrettons ce qui s’est produit et nous regrettons également le recours à la grève par les magistrats parce que nous estimons que ces derniers auraient pu protester et revendiquer leurs sollicitations sans faire recours à la grève,” a réagi Abderrahmane Saïdi, cadre dirigeant du MSP. “ Je pense que le dialogue est la seule voie de sortie de crise et de solutionner tous les problèmes. Car quand bien même il s’agit de revendications de fonctionnaires qui ont des demandes à satisfaire, à mon avis, il faut respecter la loi dans cette question et de privilégier le dialogue et la sagesse. Car le magistrat, à travers cette action, même si ses revendications sont légitimes, il contribue parallèlement à mettre en cause l’autorité de la Justice. Pour nous, nous estimons qu’il faut sauvegarder et préserver la Justice, y compris du magistrat lui-même. Il ne faut pas oublier aussi que c’est ce même magistrat qui rend des verdicts dans toutes les affaires socio-professionnelles. Et alors, comment admettre aujourd’hui qu’ils joue le rôle de juge et du l’accusé à la fois?”, a-t-il poursuivi.

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Lakhdar Benkhellaf, vice-président FJD :
“ Sans tenir compte de la cause qui a provoqué ce problème, nous dénonçons cette agression faite par la force publique sur des magistrats dans leurs lieux de travail. La logique et la clairvoyance auraient voulu que les problèmes se règlent par voie de dialogue en écoutant chacune des parties en conflit afin de trouver une issue et non pas avec ce moyen en utilisant la force publique contre les magistrats à travers une autres partie représentée par la police judiciaire qui avait toujours travaillé en étroite collaboration avec les juges. Cela étant, on considère que ce qui s’est passé hier [dimanche, NDLR] s’apparente à une querelle et rixes qui se sont produits par les membres de la même famille. Cela, en effet, n’est pas dans l’intérêt de la démocratie et non plus ne serve pas l’autorité de la Justice, que personne n’ignore aujourd’hui les problèmes dont elle en souffre comme ; la non-indépendance de la justice, des verdicts rendus par un simple coup de téléphone et la justice de la nuit. Une Justice entachée également par cette incarcération de dizaines de jeunes du Hirak privés de liberté à ce jour. On aurait dû commencer par régler ces problèmes, notamment dans le cas des détenus dont les procès se voient renvoyés d’une semaine à une autre, au lieu de s’embourber dans un tel labyrinthe,” a réagi Lakhdar Benkhellaf, vice-président du FJD. “ Le problème des juges doit trouver son issue dans le cadre du dialogue et la loi est très claire dans ce sens: elle interdit aux magistrats de recourir à des pratiques de grèves. Ce qui s’est passé hier [dimanche dernier] est catégoriquement refusé et rejeté car jamais vu dans les autres pays que des juges soient agressés de la sorte. Nous savions tous qu’il y a une corruption au sein de la Justice du fait des cellules implantées par le chef des corrupteurs qui a longtemps géré ce secteur, à savoir Tayeb Louh. Il y a des juges qui n’ont pas été mutés et qui sont resté à leur place pendant plus de 25 ans. Nous estimons par contre que ces problèmes doivent être réglés par voie de sagesse et de dialogue afin d’éradiquer complètement les résidus de la « justice de nuit » et la « Justice du téléphone » et non pas de la manière qu’on a vu à Oran, que l’on souhaite franchement ne pas se reproduire dans l’avenir,” a ajouté Lakhdar Benkhellaf.
Hamid Mecheri

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