GRÈVE SURPRISE DES ENSEIGNANTS DU PRIMAIRE À BOUIRA : Des milliers d’élèves pris en otage

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Sans communiquer le moindre préavis, les enseignants du cycle primaire de plusieurs écoles à travers les quatre coins de la de Bouira, ont observé, hier, une grève. Selon les initiateurs, cette action de protestation est un moyen pour « dénoncer leurs conditions de travail qu’ils jugent déplorables ».

En conséquence, les élèves de  plusieurs établissements à travers différentes  communes, de Bouira, pour ne citer que Saharidj, M’chedallah, El-Esnam, Taghzout, Haïzer et Bechloul, ont été priés de rentrer chez eux à cause de la grève de leurs enseignants. Du coup, privés d’école, des milliers d’élèves rentrent bredouilles sans que les enseignants grévistes ne se soucient de leur situation. L’action des enseignants ne s’est pas limitée à ça. Ils étaient en effet plusieurs dizaines d’entre eux  à se donner rendez-vous devant le siège de la direction de l’Éducation (DE) locale, afin de s’insurger contre « la dégradation de leurs conditions de travail ». Dans une requête  adressée au ministère de tutelle, et qui comporte 24 points inscrits sur leur plateforme de revendications, les enseignants protestataires demandent, entre autres,  » l’intégration de tous les enseignants du primaire et du moyen sans condition, l’uniformisation du mécanisme d’intégration des corps d’enseignement, la promotion verticale des cycles, la régularisation de la situation des ingénieurs dans les cycles primaire et moyen et des adjoints d’éducation dans la catégorie 12, manque de moyens pédagogiques »… etc.
Toutefois, et quand bien même les revendications des enseignants sont légitimes, ne faut-il pas penser aux conséquences d’un tel débrayage sur la scolarité des élèves ? Ceci, d’autant plus que les tuteurs légaux des écoliers n’ont pas été mis au courant de cette action de protestation. Toutefois, quelques enseignants que nous avons accostés sur les lieux de la protestation et interrogés pour savoir les motifs qui les ont poussé à recourir à cette grève surprise, diront qu’ils sont contraints d’effectuer des tâches  » ingrates et fastidieuses ».  » Figurez-vous qu’on doit écrire les modèles d’écriture à la main, et ce, de manière quotidienne. On assure même la surveillance des élèves lors de la récréation, on est même contraints d’effectuer des séances de rattrapage sur nos heures de repos. On n’est pas des machines ! », a-t-on témoigné.  Dans leur missive  adressée à la DE, les enseignants en colère réclament également, le droit au logement, au transport et la réduction du volume horaire. D’autre part, il convient de souligner que cette grève surprise n’a pas été du goût des parents d’élèves, qui ont vu leurs enfants privés de cours.  » Ils auraient pu nous informer de leur action. Au moins, on aurait laissé nos enfants à la maison. C’est irresponsable de la part de ces enseignants », indiquera un parent de deux écoliers scolarisés à l’établissement Larbi T’besssi de cette wilaya.
De son côté, le coordinateur de la section locale du Cnapeste, Taouadiat Mohamed, assure que son syndicat n’a pas été associée à ce mouvement de grève.  » On n’a été ni consultés, ni informés par cette grève. Même si nous soutenons les revendications des enseignants, nous condamnons la méthode », a-t-il dénoncé comme pour se démarquer des initiateurs de ce débrayage surprise.
Omar Soualah

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