Il a prononcé un important discours : Le plan de sortie de crise de Bensalah

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Les autorités du pays qui se sont exprimées par la voix de M.Bensalah ont clairement accordé l’ensemble des revendications de la rue. Même le départ des «2 B» est quelque part inscrit dans ce plan, pour la simple raison que ni Bensalah, ni Bedoui n’auront le moindre rôle dans le processus de sortie de crise. Leur mission se limitera à simplement assurer la continuité de l’Etat.

Pour la première fois depuis sa nomination, Abdelkader Bensalah a évoqué l’option du dialogue en y mettant force détails. Dans un discours prononcé, mercredi dernier, il a clairement et explicitement invité les Algériens à trouver une issue à la crise en excluant du processus toutes les institution de la République, y compris l’Armée. Un geste significatif d’un changement sérieux au sein de l’appareil de l’Etat qui semble avoir définitivement admis que les institutions du pays relèvent de la souveraineté seule et unique du peuple. Et dans le ton du discours, on comprend parfaitement la résolution claire de provoquer un déclic en faveur d’une sortie de crise.
 Le chef de l’Etat a appelé les acteurs politiques nationaux, l’ensemble des composantes de la classe politique, les personnalités patriotiques nationales, les mouvances qui structurent la société civile et tous ceux qui sont considérés comme exprimant les sentiments d’une frange de la population ou de ses élites, notamment les jeunes et les femmes à «s’engager dans le processus de dialogue national inclusif que l’Etat entend lancer dès à présent». Cette invitation a déjà été formulée par le président de l’Etat, mais jamais avec une telle précision et une évidente détermination à amener l’ensemble des Algériens à prendre en charge leur destinée, sans aucune tutelle.
L’offre du président peut se résumer en deux phrases : Les Algériens doivent «débattre de toutes les préoccupations portant sur la prochaine échéance présidentielle » et «leur contribution à l’organisation du scrutin dans un climat d’entente et de sérénité» est essentielle. De fait, le dialogue prend toute son importance historique, en ce sens qu’il «est urgent, parce que le pays doit recouvrer au plus vite sa normalité politique et institutionnelle, qui le mettrait en position de faire face aux incertitudes économiques et sociales et aux menaces qui pèsent sur notre sécurité nationale du fait d’un environnement extérieur particulièrement complexe». Les enjeux étant ce qu’ils sont, les autorités centrales du pays ont saisi l’extrême importance du dialogue pour la sauvegarde de la Nation. Aussi, devient-il impérieux de «mettre de côté les calculs marginaux et les exigences irréalistes», souligne M. Bensalah.
Allant dans le détail de son offre politique, le président de l’Etat a proposé un processus de dialogue «en toute liberté et en toute transparence par des personnalités nationales crédibles, indépendantes, sans affiliation partisane et sans ambition électorale». Et pour sonner toute sa force audit dialogue, il s’engage à ce que «l’Etat dans toutes ses composantes, y compris l’institution militaire, ne sera pas partie prenante à ce dialogue et observera la plus stricte neutralité tout au long du déroulement de ce processus». Le rôle de l’Etat dans ce processus, se limitera à «mettre tous les moyens matériels et logistiques à la disposition du Panel de personnalités, qui décidera lui-même des modalités de son fonctionnement», affirme Abdelkader Bensalah.
Cela pour le cadre général. En allant au fond du processus lui-même, le chef de l’Etat entend apporter la garantie que «les participants au dialogue auront la liberté de discuter et de débattre des conditions à réunir pour garantir la crédibilité du scrutin et aborder l’ensemble des aspects législatif, réglementaire et organisationnel de cette élection, y compris le déroulement du calendrier électoral, ainsi que les mécanismes de son contrôle et de sa supervision». Cela vaut un mandat élargi et presque indéfini aux participants au dialogue, plaçant celui-ci au rang de l’accomplissement de la révolution pacifique que mènent les Algériens depuis plus de 4 mois.
Le seul impératif mis par le président de l’Etat, et la grande majorité des Algériens y souscrit, consiste à orienter toutes les discussions sur la nécessité de «se concentrer sur l’unique objectif stratégique que constitue l’organisation de l’élection». Le scrutin, à bien lire le propos du président intérimaire «devrait se tenir à une date la plus rapprochée possible». Une exigence qui répond au souhait des Algériens. Quant au déroulement du processus électoral, celui doit se dérouler «dans le cadre de la Constitution qui impose la préservation de l’Etat, respect des Institutions et la prévalence de l’intérêt supérieur de la Nation», insiste le président de l’Etat, comme pour rappeler à l’opposition la nécessité d’une concession de leur part et qui consiste à se défaire de la revendication du départ des deux « B».
Déroulant son plan, M.Bensalah estime que le dialogue aura à se pencher sur «l’organe ou l’autorité électorale indépendante à mettre en place (qui) aura pour mandat d’organiser et de contrôler le processus électoral dans toutes ses étapes ». Sur le sujet, la feuille de route des autorités est on ne peut plus claire. «Il s’agira de débattre et d’arrêter la configuration de cette entité et de fixer ses missions et attributions, son mode d’organisation et de fonctionnement ainsi que sa composante, y compris, éventuellement, les personnalités consensuelles devant la diriger», détaille le chef de l’Etat.
Recommandant l’adoption d’une nouvelle loi électorale et la redéfinition de la Haute instance indépendante de la surveillance des élections (Hiise) en organe d’organisation des scrutins, M. Bensalah s’approprie les revendications de l’opposition. «Comme il sera également nécessaire d’examiner l’articulation entre cet organe qui sera créé et la Haute instance indépendante de surveillance des élections, prévue par la Constitution, dont il est possible de revoir la composition», garantit le président intérimaire, dans son discours.
Les autorités du pays qui se sont exprimées par la voix de M.Bensalah ont clairement accordé l’ensemble des revendications de la rue. Même le départ des «2 B» est quelque part inscrit dans ce plan, pour la simple raison que ni Bensalah, ni Bedoui n’auront le moindre rôle dans le processus de sortie de crise. Leur mission se limitera à simplement assurer la continuité de l’Etat.
Anissa Mesdouf

Source : ouestribune-dz

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