Ils marchent pour le 18ème mardi consécutif : Les étudiants maintiennent la pression

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Les étudiants ont organisé hier à Alger, des manifestations pour le 18ème mardi consécutif. Les manifestants dont la mobilisation ne connait pas de fléchissement depuis le début du mouvement populaire, ont commencé à affluer vers le centre d’Alger dès la matinée pour observer, comme chaque mardi, leur journée hebdomadaire de contestation. Cette journée a été instaurée, rappelons-le, depuis la première semaine du début du mouvement pacifique, lancé le 22 février dernier aux quatre coins du pays.

En plus des vendredis, les universitaires ont voulu ainsi avoir leur propre journée de manifestations pour proposer leur vision et étaler leurs revendications d’autant qu’ils constituent un important pilier dans la société à travers lequel les pays bâtissent leur avenir.
Présents par centaines, les étudiants ont donné le coup d’envoi de leur action hebdomadaire à partir de la place des Martyrs, en se dirigeant ensuite vers Alger-centre. La foule compacte, a investi plusieurs boulevards en scandant «Jazaïr Horra démocratia» (Algérie libre et démocratique).
Comme chaque mardi, les manifestants ont brandi des pancartes et scandé des slogans habituels hostiles à l’actuel chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, au gouvernement et au Premier ministre Noureddine Bedoui.
En effet, et comme à l’accoutumée, un déploiement massif des services de sécurité a concerné plusieurs quartiers d’Alger-centre, à l’instar de la Grande Poste, bouclée à l’occasion par un impressionnant cordon sécuritaire. Quant au tunnel des facultés, celui-ci est carrément fermé par des dizaines d’éléments antiémeutes. Depuis les premiers mois du mouvement populaire, ce lieu est fortement convoité par les manifestants que ce soit durant les marches du mardi ou celles du vendredi.
Toutefois, ces dernières semaines, les services de sécurité ont opté pour bloquer son accès.
À maintes fois, les revendications des étudiants ont été ajustées pour les adapter aux développements que connaît la scène politique algérienne. Les universitaires avaient affiché, lors des premières semaines, l’opposition au 5e mandat, en exigeant le départ de tous les symboles du régime et en clamant aussi l’ouverture par la justice des dossiers de corruption.
Moins nombreux que les précédents mardis, les étudiants ont insisté sur la nécessité de rester unis, solidaires pour mener à bon port le mouvement pacifique et atteindre ses objectifs. En réaction aux arrestations ayant eu lieu lors des manifestations du vendredi dernier, les universitaires ont réclamé la libération des manifestants emprisonnés pour port de drapeaux berbères. Au cours de la journée d’hier, un étudiant brandissant un emblème berbère, a été arrêté par les services de sécurité.
Il est à rappeler enfin, que depuis le dernier discours du Général de corps d’Armée Ahmed Gaïd Salah, Vice-ministre de la Défense nationale, les emblèmes autres que le drapeau national sont interdits.
Lors de son discours prononcé mercredi dernier à Béchar, le général Ahmed Gaid Salah a affirmé que des instructions ont été données aux services de sécurité pour confisquer tous les drapeaux autres que l’embléme national. «Brandir d’autres drapeaux lors des manifestations par une minorité très peu nombreuse, est une question sensible. Il s’agit d’une volonté d’infiltrer les manifestations».
Le Vice-ministre de la Défense nationale a déclaré également, que «il n’y a pas lieu de jouer avec les sentiments du peuple algérien. Il a ainsi été procédé à des instructions et des ordres aux forces de sécurité pour l’application ferme et précise des lois en vigueur et de contrer tous ceux qui tenteraient à nouveau de toucher aux sentiments des Algériens dans cette question sensible».
Alger: Samir Hamiche

 

Source : ouestribune-dz

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