Initiative du Forum de la société civile pour le changement : Bensalah apporte sa caution

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Il revient au mouvement populaire d’une manière ou d’une autre d’adopter la composante proposée par le Forum pour que s’ouvre le dialogue tant attendu. Il est entendu que le panel doit d’abord faire ses preuves, en réalisant une détente politique. Mais avant, la présidence de la République met en avant le fait que «des consultations seront (…) entreprises en vue de parvenir à la constitution de ce Panel dont la composition définitive sera annoncée prochainement».

Les prémices d’un processus de dialogue sérieux se font jour, après le déclic provoqué par le Forum de la société civile pour le changement. La liste de 13 personnalités proposées par le président du Forum, Abderrahmane Arar, n’a laissé personne indifférent, à commencer par la présidence de l’Etat qui a apporté une caution, quasi-officielle à cette démarche, ouvrant, par la même, la porte à une nouvelle phase pour le règlement de la crise. L’annonce de noms constitue, en effet, une avancée concrète dans la structuration d’un dialogue qui ne devrait pas poser problème, ni durer longtemps, puisque l’écrasante majorité des acteurs politiques s’accorde sur la nécessité d’une présidentielle dans les plus brefs délais possibles. L’offre du président de l’Etat qui laisse aux partis politiques et à la société civile toutes les prérogatives pour préparer le scrutin est, en soi, une garantie sérieuse pour la réussite du dialogue.
Les deux initiatives, du président de l’Etat et de la société civile, se recoupent. Ceci amène le chef de l’Etat à qualifier de «pas positif» l’initiative du Forum de la société civile pour le changement, affirmant que des consultations seront engagées pour la «constitution de ce panel», dont la composition définitive sera annoncée «prochainement». M. Bensalah ne va pas par trente six chemins pour considérer la démarche du forum est «de nature à servir de base pour la constitution du panel de personnalités nationales appelées à mener le processus de facilitation du dialogue». L’allusion est très claire, à savoir que la présidence puisera dans la liste du Forum pour constituer le panel de personnalités devant conduire le dialogue.
A ce propos, le communiqué de la présidence de l’Etat tire un portrait type de ces sages, en les qualifiant de «personnalités qui émergent du fait de leur autorité morale ou de leur légitimité historique, politique ou socioprofessionnelle». Et la présidence de souligner : «les personnalités proposées par le Forum, sont de ce point de vue, et sous réserve de leur disponibilité, pleinement éligibles à l’accomplissement de cette noble mission au service de notre pays». C’est on en peut plus clair.
En attendant, «ce dialogue, prôné également par notre Armée nationale populaire et sur lequel a insisté à maintes reprises le vice-ministre de la Défense, chef d’état-major de l’ANP, qui s’est engagé à l’accompagner, reste l’unique moyen pour construire un consensus fécond, le plus large possible, de nature à permettre la réunion des conditions appropriées pour l’organisation, dans les meilleurs délais, de l’élection présidentielle, seule à même de permettre au pays d’engager les réformes dont il a tant besoin», considère la présidence de l’Etat.
Il convient de rappeler que les personnalités autour desquelles tournent le débat actuellement sont l’ex-président de l’Assemblée populaire nationale (APN) Karim Younès, la constitutionnaliste Fatiha Benabbou, l’avocat Mustapha Bouchachi, l’économiste Smail Lalmas, le sociologue Nacer Djabi, le syndicaliste Lyès Merabet, l’ancien chef du gouvernement Mouloud Hamrouche, l’ex-ministre des Affaires étrangères Ahmed Taleb El-Ibrahimi et la moudjahida Djamila Bouhired.
De cette liste rendue publique, la plupart des personnalités ont donné leur accord de principe, à l’exception de Mouloud Hamrouche et Djamila Bouhired qui ont démenti toute association à cette initiative. Les deux démentis sont assumés et expliqués par le Forum de la société civile pour le changement.
Dans un communiqué, rendu public ce jeudi, le Forum a reconnu que Djamila Bouhired, Mouloud Hamrouche et Taleb El-Ibrahimi n’ont pas été dûment contactés pour faire partie de l’instance de médiation et que les noms de ces personnalités ont été ajoutés à la liste, à son initiative. Selon le Forum, ces trois personnalités ont été choisies en raison de leurs poids sur le plan politique et leur militantisme, mais surtout parce qu’elles sont «consensuelles»
Yahia Bourit 

Source : ouestribune-dz

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