La Conférence sur le dialogue national s’est ouverte hier : Consensus sur une transition très courte

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Cette conférence est censée déboucher sur un «projet de plate-forme de dialogue national pour concrétiser les revendications du peuple». Le texte qui devra avoir l’assentiment de tous les participants, identifiera en principe, un mécanisme composé de personnalités indépendantes pour l’organisation de la présidentielle.

La conférence nationale pour le dialogue, organisée hier par une partie de l’opposition, a atteint deux objectifs au moins. Le premier tient dans la large participation au rendez-vous. Une bonne partie de la classe politique a répondu à l’invitation. Le second objectif et pas des moindres, aura été un rapprochement entre les thèses de l’opposition avec le dernier discours du président de l’Etat, Abdelkader Bensalah.
L’ambiance dans la salle des conférences de l’Ecole supérieure de l’hôtellerie, à Ain El Beniane, dans la banlieue ouest de la Capitale, était particulière et respirait l’enthousiasme, certainement suscité par le discours de M.Bensalah, dont l’idée forte était de laisser les politiques organiser eux-mêmes le processus de sortie de crise sans l’intervention des institutions de l’Etat qui se mettent à leur service. La présence de ce qui compte comme parti politique et personnalité nationale a suffi à rassurer l’ensemble des présents sur le sérieux de l’initiative. Mais cela n’a pas empêché le participant à mettre des points sur les « i » et relever les insuffisances des garanties apportées par le président de l’Etat et les contradictions dont font montre les autorités du pays dans leur approche à la chose démocratique, notamment, certaines détentions que d’aucuns dans la salle qualifient de politiques.
En mettant justement ces contradictions en lumière que le président du parti Talaie El-Houriet, Ali Benflis, a relevé l’insuffisance de l’attitude de l’Etat, même s’il n’a pas manqué de trouver dans le discours du Chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, quelques aspects positifs, ou tout au moins une avancée sérieuse dans la position des plus hautes autorités du pays. De fait, l’ancien Chef du gouvernement ne ferme aucune porte et affiche une réelle disponibilité au dialogue, sans toutefois donner un chèque à blanc au pouvoir. « Contrairement aux anciens discours, le dernier message à la Nation adressé par le Chef de l’Etat véhicule, dans son contenu, un léger changement », dira M.Benflis. Selon lui, le système « s’est résigné à la nécessité de lever la main sur la gestion du pays».
S’appropriant l’initiative, Ali Benflis annonce que ledit dialogue devra n’exclure personne. S’alignant sur la proposition de Abdelkader Bensalah, le leader de Talaï El Houryates donne à la conférence la mission d’élaborer «une autorité nationale qui aura l’exclusivité de l’organisation, la supervision et la surveillance des élections, revoir le système électoral et organiser une élection présidentielle dans un délai raisonnable». Un point qui fait l’unanimité dans la salle de conférence de l’école supérieur d’hôtellerie de Ain El Beniane.
Pour sa part, le chef de l’opposition islamiste, Abderrazak Makri, dont les contacts avec la présidence de la République étaient nombreux à la veille de la démission de l’ancien chef de l’Etat, rejoint l’approche de Abdelkader Bensalah et met en garde contre les «longues transitions». Il a, à ce propos, pointé du doigt le risque d’effritement de l’Etat, tout en relevant que «l’Algérie vit une phase délicate qui peut néanmoins être une opportunité pour asseoir une véritable démocratie». Le président de Jil Jadid, premier responsable politique à s’être ouvertement positionné contre un cinquième mandat pour l’ancien président de la République a surtout insisté sur les préalables qui sont, pour lui, la libration de tous les prisonniers d’opinion, afin d’instaurer un climat de confiance, propice à un dialogue fécond. Même son de cloche de la part de Abdellah Dajaballah qui a exigé ce même préalable, tout en invitant les Algériens à «poursuivre leur mobilisation jusqu’à l’aboutissement de leur revendications. Pour le leader islamiste, tous les aspects qui découlent de l’article 7 de la Constitution doivent être discutés sans restriction».
Ces quatre interventions sont représentatives de la diversité d’opinion qui s’est exprimée au sujet du dialogue qui semble bien parti, mais encore loin d’être abouti. Des aspects organisationnel, technique et juridique doivent faire consensus parmi les participants. Il est en effet question de revoir le statut de la Hisse, d’assainir le fichier, d’élaborer une nouvelle loi électorale. Même si la tâche parait ardue, il s’est dégagé, hier, un sentiment d’optimisme, dans cette conférence au moment où nous mettions sous presse.
Notons enfin, que cette conférence est censée déboucher sur un «projet de plate-forme de dialogue national pour concrétiser les revendications du peuple». Le texte qui devra avoir l’assentiment de tous les participants, identifiera, en principe, un mécanisme composé de personnalités indépendantes pour l’organisation de la présidentielle. Sur cette question précisément, les délais pour la tenue du scrutin ne devraient pas excéder les six mois, font l’unanimité.
Nadera Belkacemi 

Source : ouestribune-dz

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