La présidentielle à tout prix, insiste l’armée algérienne

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L’organe central de l’armée, El Djeich, a exprimé d’une manière martiale et ferme que l’armée algérienne est décidée à organiser sa présidentielle.

Alors que des millions d’Algériens sortent tous les vendredis pour exiger le départ du système (dont l’un de ses dignes représentants n’est autre que le chef de l’armée algérienne), voilà que l’institution militaire assure qu’elle « a pris toutes les dispositions à même de garantir le déroulement des élections (la présidentielle, ndlr) dans un climat de sécurité, de calme, de sérénité et de quiétude et de permettre ainsi au peuple algérien d’exprimer ses choix en toute liberté et souveraineté ».

Evidemment, on est enclin à se demander que fait l’armée algérienne dans l’organisation d’une présidentielle d’un Etat censé être civil ? La deuxième question que se posent tous les participants à cette mascarade imposée aux Algériens, c’est cette intrusion en force dans l’espace politique d’une institution militaire dont le rôle premier est d’abord la défense des frontières. Plus sérieusement, sommes-nous en état de siège déguisé pour que les soldats de l’armée algérienne assurent l’organisation d’une présidentielle ?

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Cette voie autoritaire ne sera pas sans conséquence pour les participants à cet agenda. Demain, les Benflis, Tebboune (au demeurant d’anciens obligés de Bouteflika) and co seront accusés d’avoir soutenu l’armée dans cette voie jusqu’au-boutiste. Et d’avoir fermé les yeux sur le climat de terreur qui règne sur le pays.

L’édito d‘El Djeich parle de « l’expression de la volonté populaire » à travers ce scrutin, sans tenir compte de ces millions d’Algériens qui manifestent tous les vendredis. Les manifestants qui sortent pacifiquement en famille dans presque toutes les wilayas du pays ne sont-ils pas des Algériens qui expriment leur voix pour que l’institution militaire leur soit sourde ?

Comment parler de liberté de vote et organiser une élection alors qu’une centaine de détenus croupit en prison depuis plus de 100 jours ? Comment accepter qu’un valeureux ancien moudjahid de 86 ans, Lakhdar Bouregaa en l’occurrence, soit emprisonné pour ses opinions et invoquer l’esprit de Novembre et le sang des martyrs ?

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Mais d’ailleurs pourquoi élire un président de la République si toutes les questions importantes qui touchent à l’avenir des générations futures sont déjà tranchées ? La nouvelle loi sur les hydrocarbures ouvre grandement la voie au pillage de nos richesses par les multinationales et hypothèque la souveraineté nationale ! Une élection ne s’organise pas avec l’arbitraire, la peur, les arrestations mais par le dialogue serein et l’ouverture de débats contradictoires.

Après avoir échoué à organiser une présidentielle en juillet dernier, Ahmed Gaïd Salah et l’armée algérienne qu’il dirige ne veulent à aucun prix subir un autre échec. C’est pour cela qu’il fera tout, quitte à remplir les prisons de détenus d’opinion, pour que l’ENTV et ses chaînes privées clonées prennent des images de votants et de bureaux de vote. Tout le reste est affaire de chiffre soigneusement préparés pour donner illusion. Demain, tout candidat qui aura pris part à cette « élection », si d’aventure elle a lieu, sera inévitablement rendu comptable devant le peuple.

I. Farès

1 COMMENTAIRE

  1. Fini la dictature militaire, finie la junte, fini l impérialisme français, fini,fini ,on vous vomit

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