La zone de libre échange africaine opérationnelle en 2020 : Un marché de 3.000 milliards de dollars

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Le ministre du Commerce n’a pas manqué de noter le caractère stratégique de la décision de l’Algérie d’intégrer cette large zone de libre échange, l’objectif étant d’être au top niveau du commerce intra-africain, appelé à devenir la nouvelle zone d’attraction économique.

La Zone de libre échange africaine (ZLECAf), entrera en vigueur en 2020. L’Algérie qui y sera membre à part entière, aura face à elle un gigantesque marché d’une valeur de 3.000 milliards de dollars. Il est évident que le marché algérien, qui pèse plusieurs dizaines de milliards de dollars, est intégré dans cette ZLECAF, dont les droits de douane seront réduits à zéro et les frontières disparaîtront entre les pays, pour ce qui concerne les marchandises. Ce sont-là les propos du ministre du Commerce, Said Djellab, qui a ouvert, en compagnie de 5 autres de ses collègues, la Conférence nationale sur les enjeux de la ZLECAf et la stratégie nationale adaptée. «Une fois en place, la ZLECAf couvrira un marché de 1,2 milliard d’habitants et un produit brut combiné de 2,5 milliards de dollars et créera un marché de 3.000 milliards de dollars sans aucun droit de douane ni restriction aux frontières», a souligné le ministre, comme pour mettre en évidence l’arme à double tranchant qu’est la ZELCAF. Cela étant dit, M.Djellab n’a pas manqué de noter le caractère stratégique de la décision de l’Algérie d’intégrer cette large zone de libre échange, l’objectif étant d’être au top niveau du commerce intra-africain, appelé à devenir la nouvelle zone d’attraction économique. «L’intégration économique de notre pays dans notre continent est un choix stratégique qui passe impérativement par le commerce intra-africain et le partenariat. En effet, l’investissement et le commerce demeurent des éléments clés pour soutenir une bonne croissance et un développement économique durable», a-t-il soutenu.
Le ministre a tenu à expliciter la posture du gouvernement vis-à-vis de cette stratégie, en relevant que «l’un des cercles naturels d’intégration économique de l’Algérie, demeure l’Afrique, qui continue à constituer un objectif majeur de notre politique de coopération». On aura donc compris que cette conférence n’est pas dédiée à débattre de l’opportunité d’intégrer une telle organisation panafricaine, mais concevoir la démarche à même de faire de l’Algérie l’un des leaders incontesté du continent noir. M.Djellab signale à ce propos, que «l’Algérie attache une haute priorité au développement des relations exemplaires avec ses partenaires africains, découlant de sa conviction que l’intégration régionale aura un impact positif et important sur la croissance et l’efficacité économique». Cette stratégie qui a été largement accomplie au plan politique, devrait s’étendre à l’économie et au commerce. La ZELCAF est un formidable outil pour ce faire. Il reste que chaque pays pense la même chose et la concurrence sera rude avec nombre de Nations africaines.
Mais pour l’heure, toute cette ambition est encore à l’état de rêve, pour la simple raison que le volume du commerce intra-africain reste très en deçà des attentes. Le ministre du Commerce retient justement que toutes les études économiques mettent en exergue la faiblesse des échanges entre pays africains qui ne dépassent pas les 15%, soit 2% du commerce mondial.
Pour donner un maximum de tonus à la machine économique algérienne dans le cadre de la mondialisation, le gouvernement planifie la création de zones économiques spéciales dans les espaces frontaliers et le grand Sud du pays. «Dans le but notamment de mettre en valeur la diversification du tissu industriel national, le gouvernement algérien prévoit la mise en place de zones économiques spéciales dans les espaces frontaliers du grand sud algérien pour faire de ces régions un point d’intégration économique africaine», a indiqué le ministre. Selon M. Djellab, le «défi est grand pour donner aux opérateurs économiques et aux jeunes tous les moyens pour faire d’eux des acteurs dynamiques de l’Afrique que nous voulons développée». En fait, le train va bientôt démarrer et l’Algérie a intérêt à être au rendez-vous, sous peine d’une grave régression économique.
Yahia Bourit

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