LE PARTI SE RETROUVE AVEC DEUX PREMIERS SECRÉTAIRES : Nouvelle crise au FFS

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Le FFS qui avance depuis le début de l’année en rangs dispersés – deux ailes qui s’opposent l’une contre l’autre – n’en finit plus de sombrer dans la crise.

Sur fond de crise de légitimité, le parti, créé en 1963, risque désormais de se scinder en deux parties antagonistes. Premier épisode de cette crise interne : les divisions qui ont marqué le Présidium du parti, la direction collégiale qui est aussi l’instance suprême entre deux congrès, menant en mars dernier à des confrontations entre les deux ailes protagonistes : Ali Laskri, Mokrane Chérifi et Hakim Belahcel, d’un côté, et Sofiane Chouikh et Hayatt Tayati de l’autre. Le deuxième épisode a eu lieu avant-hier et hier (vendredi et samedi). Les partisans de Sofiane Chouikh qui, pour rappel, avaient occupé le siège national du parti après avoir chassé Ali Laskri et ses proches, ont tenu une réunion du Conseil national à l’issue duquel le maire de Naciria (Boumerdès), Belkacem Ben Amer, également membre du Conseil national, a été désigné comme Premier secrétaire du parti «en remplacement» de Hakim Belahcel. Selon un communiqué sanctionnant les travaux de la réunion du CN, il est reproché à Belahcel de mener une initiative de son propre chef, sans consulter la direction du parti.
L’exemple de ces reproches, la rencontre qu’il avait tenue, le 11 juin dernier, avec le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), au nom du FFS. Une rencontre considérée alors d’un fait inédit dans les relations entre les deux formations rivales. «L’Instance présidentielle souligne que, contrairement à ce que rapporte ce communiqué [de Chouikh sur la convocation d’une réunion du Conseil national], la rencontre entre le FFS et le RCD n’est pas une initiative personnelle du Premier secrétaire national, Hakim Belahcel», a répondu dans un communiqué le Présidium dont Ali Laskri est membre, la veille de la réunion d’hier au siège du parti. Un lieu où Laskri et ses partisans sont interdits d’accès, faut-il le rappeler.
«Cette rencontre a bien eu lieu, et ce, selon les orientations du Conseil national du 17 mai et s’inscrit dans le cadre des consultations menées avec des représentants des partis politiques et de la société civile ainsi qu’avec des personnalités nationales, visant à rassembler tous les acteurs concernés sans exclusive pour sortir le pays de la crise», a expliqué LAskri. Il a précisé que la réunion du CN d’hier «n’est pas légale», car «seule l’Instance présidentielle dans sa majorité a mandat statutaire de convoquer une telle réunion. Mais si une telle réunion venait à se tenir en violation flagrante des statuts du parti, ses résolutions seraient naturellement et juridiquement frappées de nullité ». Il dénonce aussi «un travail fractionnel», visant, selon Ali Laskri, «à porter atteinte à l’unité du parti, à entraver son action d’accompagnement du mouvement citoyen, et à faire échec à son initiative politique de sortie de crise».
Le FFS, à travers des délégations menées par Laskri et Belahcel, mène actuellement des rencontres avec des partis politiques, des personnalités, et ce dans le cadre de son initiative pour «une conférence nationale souveraine de dialogue» pour trouver une issue à la crise politique qui frappe le pays. Néanmoins, la réunion du Conseil national d’hier sous Chouikh et Tayatti, qui a connu des protestations des militants partisans de Laskri qui est toujours empêché d’accès au siège du parti, s’est démarqué complètement de la responsabilité de ses rencontres. «Le FFS s’est donné une ligne directrice depuis sa création de lutter contre le système sans rentrer dans des repositionnements et des luttes claniques du même système. Le FFS s’interdit cette sous-traitance et refuse de prendre part aux coalitions de conjoncture et aux alliances d’appareils sans lendemain et se démarque d’une façon aussi claire qu’elle soit de toute démarche ayant pour base cette approche», a souligné un communiqué issu de la réunion de ce Conseil national. Il a ajouté que «Le Conseil national appelle tous les acteurs à la raison et cesser tout agissement pouvant compromettre la paix civile et la cohésion de notre État national. Le FFS considère que la paix civile est une ligne rouge infranchissable ».
Hamid Mecheri

Source : lecourrier-dalgerie

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