LES TRAVAILLEURS EN CONGÉ FORCÉ DEPUIS HIER : Où va l’ENIEM ?

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Les employés de l’Entreprise nationale des industries de l’électroménager (Eniem) de Tizi-Ouzou ont été contraints de partir en congé forcé depuis hier. Cela est dû, selon le président-directeur général Mouazer Djilali « à l’épuisement de la matière première destinée à la production d’appareils électroménagers fabriqués par l’Eniem dont des climatiseurs, des réfrigérateurs des cuisinières et autres au niveau de l’usine sise à Oued Aïssi. »

Le même responsable a signalé que « cette situation, qui perdure depuis trois mois, est le résultat du blocage de la matière première importée par l’Eniem au niveau du port d’Alger», a expliqué ce responsable à l’APS.
Abordant le sujet l’expert en économie, Smaïl Lalmas, n’a pas caché son mécontentement envers la mauvaise gestion de cette crise, révélant plusieurs anomalies qui ont provoqué un début de crise au sein de l’unité de production de Tizi-Ouzou. Il nous a dit clairement qu’« il y a une volonté de pourrissement des Institutions de l’État», affirmant que « l’absence d’un gouvernement apte à gérer ces affaires nous mène à ce genre de situation.» « Aujourd’hui nous aurons à faire avec les conséquences d’une crise aigüe que traverse le pays. Le cas de l’Eniem n’est pas unique puisque le cas du complexe sidérurgique d’el Hadjar à Annaba est encore pire, et plein d’autres entreprises qui s’enfoncent dans la crise. » Selon cet expert « le cas de l’Eniem est révélateur de l’impuissance de l’économie nationale. Ce n’est pas normal qu’une entreprise aussi importante que l’Eniem se trouve face à une situation pareille à cause du blocage des matières premières au niveau du port, ou encore faute de licence ou parfois d’autorisation. Personnellement, je ne peux pas expliquer ces pratiques. Je pense que c’est une volonté de saboter l’entreprise tout simplement». Et de poursuivre sa lecture critique : « la ministre de l’Industrie et des Mines n’a pas réagi, et je peux même dire que l’usine risquerai gros à la suite de ce début de crise, c’est vrai que pour le moment ça ne parle pas de licenciement des travailleurs, mais il faut s’attendre au pire à l’avenir». Puisque cette crise touche seulement l’Entreprise nationale des industries de l’électroménager, et que pour d’autres entreprises privées activant dans le même domaine, leur rythme de croisière n’a pas baissé d’un cran, Smaïl Lalmas affirme que « tout le monde sait qu’il existe un plan pour casser le tissu industriel en Algérie, surtout les l’entreprises publiques, ce n’est un secret pour personne », dit-il. « L’histoire de l’Eniem est très riche en la matière, comme cette usine a tous les moyens nécessaires pour réussir. Pour recueillir plus d’informations sur cette affaire dite Eniem, il faudrait aller plus loin dans l’analyse et il ne faut pas le prendre à la légère pour pouvoir cibler les responsabilités », s’est exprimé l’économiste. Par ailleurs, notre interlocuteur a mis en évidence le problème d’une gestion archaïque de l’entreprise. Dans ce sens, il a indiqué : «  quand il n’y a pas une mauvaise gestion, on n’attend pas l’épuisement de la matière première, ou le blocage de cette matière au port pour pouvoir parler du cas Eniem. Le président-directeur général de l’entreprise aurait dû entreprendre les démarches nécessaire, au moins durant les six derniers mois pour éviter cette crise », a-t-il fait état.
Med Wali

Source : lecourrier-dalgerie

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