«L’ÉTAT, Y COMPRIS L’ARMÉE, NE SERA PAS PARTIE PRENANTE, ET OBSERVERA LA PLUS STRICTE NEUTRALITÉ» : Bensalah fait offre de dialogue

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Dans un discours oral adressé hier à la Nation, et retransmis en direct sur le journal de 20H de l’ENTV, le chef de l’État, Abdelkader Bensalah, fait offre d’un dialogue national «inclusif» devant déboucher exclusivement sur l’organisation d’une élection présidentielle. Un dialogue où l’État à travers ses composantes, l’institution militaire y compris, « ne sera pas partie prenante et observera la plus stricte neutralité», distingue le chef de l’État comme particularité à ce nouvel appel au dialogue.

Autrement, «construire les consensus nécessaires à la tenue d’une élection présidentielle répondant aux conditions d’objectivité, d’impartialité et de transparence», comme «seul objectif» de la rencontre de dialogue à laquelle invite le chef de l’État, à l’endroit de la classe politique, la société civile et associations professionnelleS et les délégués du mouvement citoyen, qui seraient parties prenantes.
Pour le rendez-vous électoral en lui-même, le chef de l’État évoque une élection, «qui sera entourée des garanties requises», et laquelle «reste la seule solution démocratique viable et raisonnable et ma conviction profonde est que seul un président de la République, issu d’une élection incontestable, aura, en effet, toute la confiance et la légitimité nécessaires et toutes les prérogatives requises pour concrétiser l’aspiration profonde au changement, satisfaire l’ensemble des revendications populaires légitimes et entreprendre les réformes profondes dont le pays a crucialement besoin.»
Mieux encore, «il s’agit là d’une démarche rationnelle et de bon sens qui devrait emporter l’adhésion de tous nos concitoyens, dès lors qu’elle est la seule qui soit de nature à leur donner la parole pour qu’ils choisissent en toute souveraineté, liberté et transparence, la personnalité à qui ils souhaitent confier le mandat de conduire le changement et de mettre en place un nouveau système de gouvernance», estime Bensalah, qui rejette, comme ce fut le cas dans ses deux derniers discours, toute voie de sortie de crise passée par une période de transition, comme réclamée par la classe politique de l’opposition et dans les marches populaires.
Ainsi, «afin de débattre de ces conditions et de ces modalités, je lance une fois de plus un appel à tous les acteurs politiques nationaux, à l’ensemble des composantes de la classe politique, aux personnalités patriotiques nationales, aux mouvances qui structurent la société civile et à tous ceux qui sont considérés comme exprimant les sentiments d’une frange de notre population, ou de ses élites, notamment les jeunes et les femmes, de se mobiliser pour la réalisation de cet objectif stratégique national, seul à même de mener notre pays vers des lendemains sûrs et prospères», explique le chef de l’État, qui exclue la participation de l’État et ses composantes, voire même l’institution militaire, dans ce dialogue. Si ce n’est, précise Bensalah, un rôle de l’État limité «à observer la plus stricte neutralité tout au long du déroulement de ce processus.»

«Des personnalités nationales indépendantes pour diriger le dialogue»
Dans son discours, intervenant à la veille de la 20e marche populaire et citoyenne de vendredi, appelant au changement radical du système politique, et à deux jours des assises nationales de l’opposition, Bensalah réitère son appel à un dialogue inclusif. S’adressant aux parties invitées à participer à ce projet de dialogue, le chef de l’État leur lance «un appel pour s’engager dans le processus de dialogue national inclusif que l’État entend lancer dès à présent, pour débattre de toutes les préoccupations portant sur la prochaine échéance présidentielle et, partant, apporter leur contribution à l’organisation du scrutin dans un climat d’entente et de sérénité.»
Un dialogue «plus que nécessaire, parce que c’est la meilleure voie pour parvenir aux formules consensuelles nécessaires sur l’ensemble des questions en rapport avec l’élection présidentielle.» «Ce dialogue est urgent, parce que le pays doit recouvrer au plus vite sa normalité politique et institutionnelle, qui le mettrait en position de faire face aux incertitudes économiques et sociales et aux menaces qui pèsent sur notre sécurité nationale du fait d’un environnement extérieur particulièrement complexe.»
Et comme il serait question pour Bensalah de déboucher, à l’issue de ce dialogue, sur une élection présidentielle, il évoque une situation d’urgence. «Le processus de dialogue qui sera lancé incessamment, sera conduit et mené en toute liberté et en toute transparence par des Personnalités nationales crédibles, indépendantes, sans affiliation partisane et sans ambition électorale. Des personnalités qui émergent du fait de leur autorité morale ou de leur légitimité historique, politique ou socioprofessionnelle, les rendant éligibles à l’accomplissement de cette noble mission et qui seraient de nature à les aider à conduire et à faciliter ce dialogue.»
Synthèse Farid G et H. Mecheri

 

Source : lecourrier-dalgerie

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