Loukal déroule le PLF 2020 : Pas d’augmentation de la TVA ni de recours à l’endettement extérieur

0

Dans une longue interview accordée à l’agence de presse officielle, l’APS, le ministre des Finances est revenu en détail sur les différentes dispositions de la loi de finances 2020 et les moyens pour financier cet exercice qui s’annonce selon plusieurs experts comme l’un des plus difficiles de ces dernières années, notamment avec des prix du pétrole qui restent fluctuants et loin de pouvoir donner l’aisance financière qui a été celle de l’Algérie avant la crise de 2014.

D’ emblée, Mohamed Loukal a tordu le cou à toutes ces spéculations faites autour de la planche à billets et de l’endettement extérieur. Pour le premier argentier du pays. Il dira clairement à ce sujet que « pour financer le Budget de 2020, qui table sur un déficit équivalent à -7,2% du PIB, le Gouvernement ne compte pas recourir au financement non conventionnel (planche à billets), introduit pour la période 2017-2022, ni sur les financements extérieurs mais compte puiser dans les ressources internes ordinaires dont dispose le pays.»
Le ministre des Finances s’est voulu rassurant quant à la «capacité du Gouvernement à couvrir les dépenses budgétaires en puisant dans les ressources internes ordinaires du pays, en rationalisant davantage les dépenses, en renforçant l’ingénierie financière, en élargissant l’utilisation des nouvelles technologies et en réactivant l’efficacité de l’appareil fiscal».
Concernant la possibilité pour le gouvernement à recourir à l’endettement extérieur, le ministre estime que le recours à ces financements, autorisés par le projet de loi de finances (PLF) pour 2020, « nécessite un peu de temps pour être applicable ». Se voulant plus explicite sur le sujet il dira ; « Après la promulgation de la loi de finances de 2020, il y aura un texte d’application qui précisera les modalités pratiques de ces financements. Cela prendra quelques mois. Ce n’est qu’à partir de 2021 qu’on peut s’attendre à une application effective de cette mesure».
Revenant sur le financement non conventionnel, Mohamed Loukal s’est montré plus nuancé en rappelant que cet outil de financement «a été gelé pour l’année 2019» et «n’a pas été reconduit pour 2020» mais qu’il «demeurera valable jusqu’en 2022» puisqu’il s’agit, dira-il, d’un «outil, important mais non exclusif, de financement du déficit du Trésor, jusqu’au terme de sa validité».
Abordant les déficits de 2020, le ministre informera que le déficit budgétaire prévisionnel s’élève à 1.533,4 milliards (mds) de DA, alors que le déficit du Trésor s’établit à 2.435,6 mds de DA (-11,4% du PIB). Une situation qui nécessitera la mobilisation par le Trésor, pour la prise en charge de ces déficits, d’une couverture financière de 2.010,6 mds de DA qui seront mobilisés, au titre de l’exercice 2020, par des ressources «internes» et «ordinaires». Le ministre cependant, ne donnera pas de détails sur la nature de ces ressources qui seront mobilisées à cet effet.
Par contre il annonce que la «réactivation» de l’appareil fiscal constitue l’un des axes principaux de cette démarche. En effet, en cette année 2020, la fiscalité ordinaire devrait croître de 8,6% par rapport à 2019. Cela équivaut à une hausse annuelle de 300 mds de DA.
«Depuis 2016, la hausse moyenne de la fiscalité ordinaire a été de 150 mds de DA. En 2020, cette variation positive va doubler et c’est un indicateur budgétaire très encourageant», a-t-il analysé. Le ministre ajoutera plus loin, que cette augmentation sensible dans le recouvrement de la fiscalité ordinaire ne provient cependant pas de l’instauration de nouvelles taxes.
Il précisera même que nonobstant l’institution d’une taxe d’environnement sur les véhicules, et un réaménagement d’autres impôts, comme l’impôt sur le patrimoine, aucune nouvelle taxe n’a été instaurée.
Abordant un sujet qui a fait polémique ces derniers temps, Mohamed Loukal, s’est voulu clair et rassurant en déclarant que la TVA, une taxe touchant directement la poche du citoyen, puisqu’elle s’applique sur la consommation finale, n’a pas augmentée.
D’autre part, les actions de rationalisation des importations de biens et services, entreprises par le Gouvernement en 2019, seront poursuivies en 2020, en ciblant aussi bien les importations de marchandises que les services dont la balance influe, de manière significative, dans le déficit de la balance des paiements. Le ministre annonce aussi qu’il a été proposé la création de quatre types de zones industrielles sur le territoire national qui seront des incubateurs pour les starts-up, ainsi que pour les autres investissements, avec des avantages financiers et fiscaux incitatifs.
Il confirmera aussi qu’en vue d’améliorer le climat des affaires et l’attractivité de l’économie nationale, il a été procédé à la levée des contraintes énoncées dans le cadre de la règle 49/51%, appliquée sur les investissements étrangers en Algérie, concernant les secteurs non-stratégiques, autrement dit le secteur des Hydrocarbures.
Par ailleurs, le PLF 2020 prévoit également des mesures autorisant les citoyens à importer des véhicules touristiques d’occasion équipés d’un moteur à essence, de moins de trois (3) ans, à leurs propres frais, moyennant paiement des droits et taxes légales et dans le respect des normes de protection de l’environnement. Le texte accorde, aussi, une facilitation aux citoyens locataires occupants des logements réalisés sur concours définitifs de l’Etat et gérés par les OPGI et l’Administration des Domaines, de procéder au versement des arriérés de loyers et des charges dus et non acquittés au 31 décembre 2019, dans un délai de trois ans, commençant à courir à partir du 1er janvier 2020.
Nabil.G

Lire aussi  MALGRÉ LES ARRESTATIONS ET LA RÉPRESSIONLes étudiants continuent leur "insurrection"!

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici