L’UGTA et le FCE font leur mue : Un réél changement de cap et de style ?

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Si pour l’organisation patronale l’arrivée d’un nouveau visage à la tête du FCE s’imposait du seul fait de l’incarcération de son ancien président Ali Haddad, pour la centrale syndicale, par contre, c’est la pression de la base qui a poussé Abdelmadjid Sidi Said à rendre le tablier.

Le séisme politique, matérialisé par la démission de l’ancien président de la République, le 2 avril dernier, a été suivi par une multitude de répliques, judiciaires, partisanes et économiques. En effet, les traditionnelles clientèles du pouvoir de Abdelaziz Bouteflika ont presque tous été touchés par la vague dégagiste, provoquée par le tsunami populaire du 22 février dernier. Les deux forces à avoir été récemment sérieusement impactées par les changements ont été l’UGTA et le FCE. Si pour l’organisation patronale l’arrivée d’un nouveau visage à la tête du FCE s’imposait du seul fait de l’incarcération de son ancien président Ali Haddad, pour la centrale syndicale, par contre, c’est la pression de la base qui a poussé Abdelmadjid Sidi Said à rendre le tablier. Le résultat est le même, pour les deux anciens principaux partenaires du gouvernement. Il s’agit d’un reniement radical de la doctrine suivie par les deux organisations. Le FCE et l’UGTA cesseront théoriquement d’être les satellites du pouvoir en exécutant sa politique sur le terrain. De fait, l’on s’attend à ce que la tripartite, si elle est maintenue, ne se déroulera certainement pas dans l’ambiance d’avant.
On en a pour premiers indices les déclarations de Salim Labatcha et Sami Agli, respectivement secrétaire général de l’UGTA et président du FCE. Le premier a annoncé la couleur dès son élection par ses paires. Il s’est positionné en rupture avec le discours de Sidi-Said, bien qu’il est considéré comme l’un de ses proches. «L’UGTA croit en le pluralisme syndical et œuvrera en permanence à adhérer à toute démarche visant la promotion de l’action syndicale, la défense des intérêts des travailleurs, la préservation des postes d’emplois et l’amélioration des conditions de travail» a-t-il prévenu.
Quant au nouveau patron des patrons, sa vision, est, on ne peut plus claire sur les questions en rapport avec la chose politique. «Le FCE retournera désormais à l’économie et ne s’impliquera plus jamais en politique», dira sèchement M.Agli, coupant net avec les approches de son prédécesseur qui entretenait des liens assez étroits avec les hommes du pouvoir. «Notre mission sera à 100% économique. Nous n’allons pas nous impliquer dans la politique et vous n’allez jamais voir un membre du Forum en train de financer une campagne électorale. Si on osera le faire, le Forum appliquera des sanctions prévues dans ce domaine», a indiqué le nouveau président du FCE, plaçant la barre de l’indépendance de son organisation des contingences politiques, assez haut, faut-il en convenir. Il justifie cette attitude qui tranche avec celle de son prédécesseur par la nécessité d’assurer «une transformation durable» du Forum, à travers un comité indépendant qui «sera élu prochainement pour conduire cette transformation escomptée», a-t-il annoncé.
On aura constaté que l’UGTA et le FCE adoptent, chacun pour ce qui le concerne, une posture qui appelle à une reconstruction de l’organisation, même si sur le fond, ils restent très attachés à l’idée du dialogue. «L’UGTA est fermement convaincue que le dialogue est le seul moyen efficace pour traiter avec l’ensemble des partenaires, que ce soit les institutions, le Gouvernement, les organisations et les autres opérateurs», souligne M.Labatcha, tandis que M.Agli considère que «l’exercice de la politique devrait se faire en dehors de l’organisation et sans l’utilisation des moyens de cette dernière (…) le FCE a commis des erreurs de fonds en affichant dans le passé des positions politiques».
Les partenaires sociaux du gouvernement sont en pleine mue, mais il reste tout de même une inconnue, à savoir quelle sera l’attitude du gouvernement Bedoui et ceux qui lui succèderont, face à la nouvelle donne.
Nadera Belkacemi 

Source : ouestribune-dz

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