PLAGE JOUXTANT LE CENTRE COMMERCIAL ARDIS (ALGER) : Un lieu de détente ou un dépotoir pour déchets ?

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La plage faisant face au centre commercial «Ardis», dans la commune de Mohammadia, est gagnée par la pollution. à cet état de fait désagréable s’ajoute une menace de santé publique causée par l’éclatement d’un conduit d’égouts qui traverse ce rivage.

Fréquentée par les familles et les couples, cette plage sensée être un endroit de détente par excellence, demeure aujourd’hui jonchée de détritus de toutes sortes à savoir : des sachets d’emballage, des débris de verre, des bouteilles, des cannettes, des mégots, des métaux etc.
Nous sommes arrivés, le mardi 2 juillet dernier vers midi, c’est un jour où il y avait un beau soleil, les voitures commençaient à stationner à proximité de la plage faisant face au centre commercial (Ardis), nous sommes descendus sur la plage où un groupe de familles s’installaient.

Des enfants, en bas âge barbotaient dans l’eau.
«Comme chaque jour, des familles, notamment des couples, affluent vers cette plage, durant les soirées d’été, à la recherche de la détente malgré que l’air marin est pollué»,  nous fera savoir Imad, un employeur dans une boutique au centre commercial « Ardis ». Celui-ci nous fera savoir, en outre, que « le comble c’est que dès les premières heures de la soirée, le trafic vers cette plage devient dense, s’ajoute à cela le retentissement de la musique des radios des véhicules et les cris des vendeurs itinérants». Il précise, par ailleurs qu’en dépit d’un éclairage insuffisant le soir, cette partie de mer n’est pas aussi vraiment aménagée et sans aucune structure d’accueil. Et de poursuivre : « Les gens, ne sont pas, vraiment à l’aise, ils viennent ici, ils s’assoient sur une branche d’arbre jetée ou bien sur des petits rochers ou à l’intérieur de leurs véhicules, ajoutant tout de même que « certaines personnes veillent jusqu’à des heures tardives de la nuit et laissent leurs ordures éparpillées, un peu partout ».
Notre interlocuteur soulignera, entre autre que des jeunes viennent même à pied le long de l’autoroute pour arriver à « Ardis ». Rencontré sur place, un jeune homme nous indiquera toutefois que certains passagers traversent même la petite passerelle soulevant la jonction de l’Oued d’El-Harrach avec la mer : « Cette passerelle est complètement rouillée et est menée de barres ou bien de grillages, pratiquement toutes arrachées ou cassées », a-t-il fait savoir.

Menace sur la santé publique
Pour sa part, Karim qui n’a pas caché son indignation contre cette situation qui se dégrade de plus en plus, ce dernier nous confirmera que la pollution des plages est devenue un phénomène récurrent en dépit des mesures prises par les pouvoirs publics visant la protection de l’environnement y compris les plages : « Aussi, le phénomène de la pollution persiste et certaines plages deviennent un véritable dépotoir pour les déchets, ordures et eaux usées qui défigurent l’image des plages », s’indigne t-il encore, tout en ajoutant que : «De même, certains promeneurs laissent leurs ordures sur les plages , c’est vraiment désolant ! ». Selon lui, les rejets industriels sont la principale cause de la pollution des plages. Aussi, certains estivants, rencontrés sur place incombent la responsabilité, également aux citoyens qui sont, parfois, négligeants envers la protection des plages. Pis encore, certains d’entre- eux ont exprimé leur grand mécontentement de constater la dégradation de la propreté au niveau de certaines plages de la capitale.
L’air marin, en cette journée de notre reportage n’existe plus, une odeur nauséabonde se dégage au niveau de cette plage, assez fréquentée par les familles, notamment par les couples à cause d’un déversement des eaux usées écoulées, directement dans la mer à travers d’un conduit d’égoût éclaté au milieu de cette plage. De ce fait, nous avons remarqué que l’eau de mer a perdu toute sa couleur et vire vers le gris ou bien vers le noir : « Vous-voyez que la couleur de la mer est devenue foncée, cette variation de la couleur de la mer est due, à la fois au phénomène de la pollution », a réclamé Wahid, un jeune estivant. Avant de souligner, toutefois que : « Ces déchets mettront effectivement une éternité à se dégrader, demeurant ainsi une source de pollution inquiétante ».
Notre interlocuteur déplorera, dans ce sillage que : «Cette belle plage est, malheureusement, noyée par des eaux usées et de détritus ».
De son côté, un autre citoyen, habitant à Mohammadia, rencontré dans le même endroit, précise encore ces eaux usées puantes proviennent des déchets rejetés en mer par les habitations ou par les usines : « Il est, extrêmement dangereux pour la santé des estivants …je demande, aussi où vont ces eaux polluées et ces déchets ! », s’exclame t-il encore.
Aussi, d’autres estivants approchés ont admis l’existence de dangers sanitaires dans cette plage, ajoutant que cet endroit a été spécifiquement agressé par l’homme qui ne respecte plus les belles choses de la vie : « Ces mousses provenant le matin de cette plage peuvent disséminer des bactéries pathogènes pour l’homme », ont –ils affirmé. Plus loin, ils réaffirment encore que : « certains délinquants pourrissent l’espace ». Questionnés aussi sur la question du rejet des déchets sur la plage, certains d’entre- eux ont estimé que la mer rejette chaque été des quantités de déchets : « Ces déchets sont charriés jusqu’à la mer puis avec les courants, ils sont rejetés sur la plage », feront-ils encore remarquer.

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Les «Sablettes» ou un plaisir à … 1 300 DA
Aussi, lors de notre virée aux «Sablettes» à Alger, nous avons remarqué que cet espace compte plusieurs restaurants, fast-foods et une piscine. Des vendeurs ambulants de jouets, de thé et mets traditionnels sont, également présents.
à la piscine des «Sablettes», nous avons remarqué une grande affluence des estivants. Ce lieu accueille en effet des vacanciers durant la saison estivale avec toutes les commodités nécessaires y compris les conditions de sécurité grâce à la présence des éléments de la protection civile : « tout est bien, l’inconvénient c’est la chéreté ! », nous lancera, un père de famille, rencontré à l’entrée de cette piscine. Et d’ajouter : « Comme vous voyez, les prix de rentrée à la piscine sont chers, il faut payer 1 300 DA pour l’adulte et 800 DA pour l’enfant pour se baigner ».
Passer une agréable journée, c’est le choix d’une famille, rencontrée à la piscine des « Sablettes » : « La rentrée avec les 1 300 DA…ça nous revient cher, surtout avec les gosses et la bouffe…d’autant plus qu’on doit acheter de la nourriture… quoi qu’ ils vous interdisent de faire rentrer la nourriture à la piscine », nous dira, Fahima, une jeune mère accompagnée avec son fils et installée sous un parasol au bord de cette piscine, cette dernière ajoutera, en revanche que : « Cette piscine est déjà familiale, il y a des toboggans, des jeux, en fait il y a du tout… ».
Lors de notre présence à l’espace enfant, composé d’une petite piscine et de toboggans, nous avons discuté avec quelques enfants, ils avaient la joie au cœur : « J’aime bien cette piscine, tout est calme, j’aime bien aussi me détendre dans une chaise longue au bord de la piscine, tout en prenant une limonade ou une canette de soda », nous dira Mohamed, un jeune enfant, originaire de Blida, venant avec son père et son grand-frère se baigner et contempler ce lieu, tout en ajoutant que : « J’aime bien, aussi regarder les autres se baigner dans cette piscine (rires)».
Djalila, une jeune mère confirme, pour sa part que par ces temps de chaleur, rien de mieux que les piscines, lorsqu’elles existent, mais elles ont l’inconvénient d’être plus chères que les plages. Celle-ci n’a pas manqué d’ajouter : « il n’ y a pas mieux que de se baigner dans une eau limpide et de bonne qualité, sans sel et sans dangers de pollution ….je ne vais pas dans les plages publiques entre juillet et août car ce n’est plus tenable à cause de la foule».
Aussi, de l’avis contradictoire de celui de Djalila, Omar, un jeune estivant, Celui-ci aime beaucoup la plage : « Car on peut se baigner, faire, aussi des châteaux de sable … (rires) », a-t-il ajouté.
Reportage réalisé par Mehdi Isikioune

Source : lecourrier-dalgerie

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