Planche à billets : C’est fini !

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Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Hassane Rabhi a affirmé que l’ère du financement non-conventionnel adopté par l’Algérie depuis quelques années, «était révolu».

Moins de deux années après l’adoption par le gouvernement de l’époque, du financement non conventionnel pour desserrer l’étau financier après la chute drastique des prix du pétrole, le gouvernement Bedoui affiche la ferme intention de s’en départir. Le ministre de la Communication, Hassane Rabhi, porte-parole du gouvernement, avait d’ailleurs clairement déclaré, jeudi dernier, la fin de ce mode de financement de l’économie nationale. Le ministre qui a évoqué des mesures destinées à faire face aux engagements budgétaires du gouvernement, n’en dira pas plus, se contentant de généralités, sans autres détails. «Le gouvernement avait pris des mesures devant permettre au pays d’éviter les risques qui pourraient porter préjudice à l’économie nationale», a indiqué le ministre, sans que l’on sache la nature de ces mesures. Et d’ajouter : «La préservation du pays, de l’économie et ses institutions nationales est la responsabilité de tout un chacun». La sortie du ministre de la Communication illustre la volonté de l’exécutif de couper avec la gestion de la crise financière, telle que conduite par le gouvernement d’Ahmed Ouyahia. Ce dernier a proposé à l’APN et au Sénat, d’amender la loi sur la monnaie et le crédit dans le sens d’autoriser le Trésor public de recourir à la Banque d’Algérie (BA), pour renflouer les caisses de l’Etat. La BA était de fait autorisé à imprimer des billets de banque, sans contrepartie en devise. L’amendement en question obligeait à «la concrétisation de réformes structurelles importantes».
A l’origine de cette mesure non conventionnelle, la crise financière sévère induite par la chute des prix de l’or noir. La crise s’allongeant, il y a eu l’épuisement du Fonds de régulation des recettes (FRR), en février 2017. En quelques mois, le pays était en cessation de paiement de nombreuses factures, notamment celles relatives aux projets AADL, notamment. En novembre 2017, l’amendement à la loi sur la monnaie et le crédit est voté. Entre temps, les réserves de change du pays s’étaient contractées de près de 25 milliards de dollars, passant de 114 milliards de dollars en 2016, à 79 milliards de dollars en juin 2019. Il faut savoir, au passage que la planche à billet a permis, ces deux dernières année à couvrir des besoins du Trésor et procédé au remboursement de la dette publique interne, dont les titres de l’Emprunt national pour la croissance, levé en 2016, ainsi que les titres émis en contrepartie du rachat de la dette bancaire de Sonelgaz et ceux émis au profit de Sonatrach, en compensation du différentiel sur les prix des carburants importés et de l’eau dessalée. De plus, le financement non conventionnel a été orienté vers le renflouement du Fonds National d’Investissement (FNI), aux fins de soutenir les programmes publics d’investissements, à l’image des projets de réalisation de logements.
Il faut dire que le premier coup de boutoir contre le financement conventionnel est venu de la BA qui, dans un document rendu public, avait clairement affirmé que le recours à la planche à billets était «dès le début injustifié». La note de la BA a critiqué le travail de la «Task Force» mise en place par Abdelmalek Sellal et qui avait recommandé l’endettement interne. La BA avait estimé que la situation en Algérie durant les premiers mois de 2017, était «loin de présenter des similarités avec les cas exposés dans la note des experts (Etats-Unis, Europe, Japon) qui seraient susceptibles de justifier le recours au financement non conventionnel, dans notre Pays». En plus, les instruments conventionnels de politique monétaire «n’avaient pas atteint leurs limites», avait-t-elle encore argumenté.
Les chiffres présentés par la BA révélaient qu’ «entre la mi-novembre 2017 et la fin janvier 2019, sur quelque 6.556,2 milliards de DA mobilisés par le Trésor auprès de la BA au titre du financement non conventionnel, 3.114,4 mds de DA seulement, soit près de la moitié, ont été injectés dans l’économie», selon la note de la BA.
Nadera Belkacemi 

Source : ouestribune-dz

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